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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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DE TRADUCTIONS.

mandoil mie fois quel fruit il avoit tiré de la philo»Sophie : N’y aurois-je pas trop gagné , rèplîqua-t-il,quand je n’v aurois gagné que d'être prêt commeje suis à tous les accidents qui poniroient m’arri-ver? Quelqu’un le prioil de lui dire de quel paysil était : Du monde, répondit-il. Comme quel-qu'un saerifioit aux dieux pour avoir un liU : Etvous ne sacrifie» point, lui dit-il, pour avoir uufils honnête homme. Celui qui avoit la charge delever la taillé la lui vouloit faire payer, niais il lerenvoya avec ce vers î

Dépouillez les Troyens, mais épargnez Hector.

Il disoit que les concubines étoient les reines desrois, parcequ’elles leur faisaient faire tout cequ'elles vouloient. Les Athéniens ayant résoluqu’ondécerneroil à Alexandre les mêmeshonneursqu'à Bacchus : Faites-moi , leur dit-il, tout d'untrait votre Sèrapis. Quelqu’un Jui reproeboil qu’ilhantoil des lieux infâmes : Le soleil, répliqua-t-il,entre bien dans des cloaques, et n’en est pas gâtépour cela. Cn jour qu’il soupoit dans un temple,voyant des pains qu’on y avoit apportés, quiétoient sales et gâtés, il les alla prendre et les jetadehors, disant que rien de sale ni d'impur ne de-voit entrer dans le temple. Uu homme lui disoitune fois qu'il étoit un ignorant qui ne savoit rienet qui faisuit le philosophe : Quand je le conlrefe-rois. répondit-il, il faudrait toujours que je lefusse beaucoup pour le contrefaire comme je fais.On lui amena un jour pour être son disciple unjeune garçon qu’on lui di±>o:t qui avoit un beau na-turel et qui étoit bien morigéné : Qu’a-t-il donc af-faire de moi? reparlil-il. H cotnparuit ceux quiparlent bien et qui font mal à des luths qui ren-dent un beau son, mais qui ii’oiu aucun senti-ment. Lorsqu'il alloit au théâtre» il y eniroit tou-jours quand les autres en sortent •, et comme on luidemandoit pourquoi il faisoit cela : C’est, répon-dit-il, que je me suis étudié toute ma vie à fairele contraire de ce que font les autres. Il disoit une

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fois à un jeune efféminé : N’as-tu point de hontede te faire pire que la nature ne t’a fait, car ellet’a fait homme , et tu t’efforces de devenir femme IVoyant un homme sans jugement qui accordoitun luth: Ne devrois-tu pas être honteux, lui dit-il, de savoir mettre un luth d’accord. et de nepouvoir être d’accord avec loi-même? Quelqu’undisoit devant lui : Pour mr-i , je n’ai point d’incli-nation à la philosophie : Pourquoi vis tu donc , luirépliqua-t-il, puisque tu ne te soucies point debien vivre ? Voyant un jeune homme qui parloitde son père avec mépris : N’as-tu point de honte ,lui dit-il, de mépriser avec orgueil celui qui t’adonné de quoi être orgueilleux? Eutendaiit unbeau garçon qui tenoit des discours sales : Ne de-vrois-lu pas rougir, lui dit-il, de tirer d’une gaîned’ivoire une lame de plomb? On lui reprochaitqu’il alloit boire au cabaret : Vous pourriez ajou-ter, répliqua-t-il, que je me fais faire la barbechez un barbier. Comme quelqu’un l’accusoH d’a-voir reçu un manteau d’Antipater , il lui dit cevers :

11 ne faut point des dieux rejeter les largesses.

Un homme , sans y prendre garde , le heurta d’ungrand ais qu’il portoit, et se mit ensuite à crier :g are! gare J Mais Diogène, pour toute réponse,s’approchant de lui, lui donna un bon coup debâton, et se mit à crier de même : gare. 1 gare lVoyant un débauché qui soIlicitr>it une femme demauvaisevic : Misérable , lui dit-il, que cherches-tu en un lieu où le meilleur pour toi c’est de nerien obtenir? Et à un antre extrêmement poudréet parfumé : Prends garde , lui dit-il, que les par-fums de ta tête ne te mettent en mauvaise odeurdans le monde. 11 disnil que les esclaves obéissentà leurs maîtres, et les méchant» à leurs passions.Quelqu’un lui demandoit d’où venoit qu’en grecon appelle les esclaves andrapodas : C’est, répliqua-t-il, qu’ils ont des pieds d’homme et une âmecomme la tienne.

DES ESSÉNIENS.

FRAGMENTS TRADUITS DE PHILOIÎ.

Il y a parmi les Juifs trois différentes sectes quifont profession de l’amour de la sagesse. La pre-.inière est des pharisiens, la deuxième des sadu-céens, et la troisième, qui paroît aussi la plussainte et la plus austère , est de personnes que l’onnomme essétiiens, qui sont bien Juifs de nation,mais qui sont beaucoup plus étroitement liés en-semble par une affection mutuelle que ne sont lesautres.

Ils abhorrent foules les voluptés et tous les plai-sirs, comme mauvais et illégitimes, et ils tiennent

comme une souveraine vertu parmi eux de ne sepoint laisser vaincre à leurs passions. C’est pour-quoi ils ont de l’aversion pour le mariage , et pren-nent seulement auprès d’eux quelques enfants é Irangers, d'un âge tendre et susceptibles des impres-sions qu’on leur veut donner; ils les regardentcomme leur propre sang, les forment et les élè-vent scion leurs mœurs et leur discipline. Leuréloignement du mariage ne vient pas de ce qu’ilsvoudroient abolir la succession des enfants auxpères, qu’il entretient dans le monde ; mais c’est