DE TRADUCTIONS.
gncnt donc l'explication généralement en touttemps, mais particulièrement les jours du sabbat;car ils tiennent le sabbat pour un jour sacré, et ilss'y abstiennent de tout autre, ouvrage. Mais s'assem-blant tous en des lieux qu’ils estiment saints , etqu'ils appellent synagogues, its s’asseyi ut selonleur rang et selon Iem âge, c’est-à-dire les jeunesau dessous des anciens , se tenant tous en une con-tenance honnête , et avec toute l’attention qu’ilsdoivent avoir lorsqu’il y a un d’entre eux qui prendles sainte» Écritures et leur en lit quelque chose ;et en même temps un autre des plus doctes et desplus habiles , remarquant les passages les plus obs-curs qui s’y rencontrent, donne aussitôt l'éclair-cissement : car tonte leur philosophie est cachéesous des figures et des alhgories, à l'imitation decelle des anciens philosophes.
Tls sont instruits dans la sainteté, dans la justice,dans la science de bien gouverner les familles etles républiques. dans la connoissance de ce quiest véritablement bon, de ce qui est véritablementmauvais, et de ce qui est indifférent dans la pra-tique des choses honnêtes, et dans la suite de cellesqui leur sont contraires , apprenant à se conduiresur trois principes ou sur trois règles fondamenta-les : l’amour de Dieu, l’amour de la vertu , et l’a-mour du prochain.
L'amour qu’ils ont pour Dieu paroît en une in-finité de choses : premièrement, par la chastetécontinuelle et inviolable qu’ils gardent toute leurvie, ensuite par l'horreur qu’il» oui de tout jure-ment et de tout mensonge ; et par la créance 3î oùils sont que Dieu est l’auteur de tous les biens, etqu’il ne le peut être d’aucun mal.
L'amour qu’ils ont pour la vertu paroît en cequ’il» n’aiment ni les richesses, ni la-gloire, ni lesplaisirs ; il paroît encore par Ipur tempérance etleur patience, par leur frugalité , par la simplicitéde leur vie, par la facilité de leur humeur, parleur modestie , par le respect qu’ils portent auxlois, par l’unifoi mité de leurs actions, et par toutesles autre» chose» semblable».
Enfin, ils font pi roître l’amour qu’ils ont pourle prochain, par l'union et l’égalité parfaite et in-
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explicable dans laquelle ils vivent les uns avec lesautres, et par la communauté de biens dont ilsfont profession , et dont je mois qu’il 11e sera pasmat à propos de dire ici quelque chose.
Premièrement, nul d’eux n’a aucun logementqui ue- lui soit commun avec tous les autres; car,outre qu'ils vivent plusieurs en une même coin'immauté, ils y reçoivent aussi à bras ouverts ceuxde leur profession qui les viennent visiter.
Ils n’ont qu’un même lieu où ils renferment tousles meubles et toutes les autres choses qui leursont nécessaires pour leur ménage; leurs dépensessont communes aussi bien que leurs vêtementscl leur nourriture, mangeant tous en un memeréfectoire.
Je sais qu'on ne trouvera point, en quelqueautre lieu que ce soit, des personnes qui n’aientaussi qu’une même maison, qu’un même genre devie , et qu’une même table. Mais pour eux n’ont-ils pas raison de le faire ? pu isque de tout ce qu’ilsreçoivent d’ordinaire à la lin de la journée pour ré-compense de leurs travaux , ils ne s’en réserventaucune chose ; mais ils apportent tout en communpour en accommoder ceux qui peuvent eu avoirbesoin.
Ils n’abandonnent point leurs malades commedes personnes inutiles et qui ne peuvent gagner dequoi vivre , mais ils ont toujours en réserve toutce qui est nécessaire pour les maladies, et n’épar-gnent rien qui puisse servir au soulagement deleurs malades.
Ils honorent extrêmement les vieillards, et ilsont pour eux le même respect, le même soin, quede bons et charitable» enfantsatiroinnl pour leurspères, leur donnant toute sorte d’assistance corpo-relle et spirituelle.
Voilà quelle rst l’excellence et la sainteté queces généreux athlètes de la vertu reçoivent de lavéritable philosophie , qui, sans leur donner tousces titres vain» et a mbitieux que les Grecs s’attri-buent , leur propose pour exercices ces actions sisainte» et si louables, qui établissent l’àme en uneparfaite liberté.
LETTRE DE L’ÉGLISE DE SMYRNE,
TOUCHANT LE MARTYRE DE S. POLYCARPE.
FRAGMENTS TRADUITS d’eUSKBE.
L’Église de Dieu qui est dans Smyrne , à l’É-glise de Dieu qui est dans Philomélie, et àtoutes les autre» Églises de la terre qui composentl’Eglise sainte et catholique ,
Que Dieu le père, et son fils, notre seigneur Jé-sus-Cbrbt, répande sur vous, avec plénitude , samiséricorde , sa paix cl son amour.
Nos très cher» frères, nous vous envoyons le ré-cit des combats de quelques uns de nos martyrs,et particulièrement du bienheureux Polycarpe,quia comme scellé de son sang la persécution queson martyre a terminée. Car il semble que Dieunous ait voulu proposer, dans le martyre de cesaint homme, la manière dont nous devons com-battre pour son ÉvaDgiie. Il a permis qu’il ait été