DE TRADUCTIONS.
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moire de ces généreux athlètes de Jésus-Christ, etde laisser à la postérité chrétienne l’exemple deleur zèle et de leur ardeur, afin qu’elle s'efforcede l’imiter.
Voilà, nos très chers frères, tout ce qui s’estpassé à Sinyrne touchant le martyre que le Lien-heureux Polycarpe y a souffert avec douze autresdisciples de Jésus Christ, venus de Philadelphie:mais sa gloire a tellement éclaté au-dessus de tousles autres , que l’on n'entend que son nom dans labouche de tout le monde, jusque là même queles païens ne sauroient s’empêcher de publier seslouanges de toutes parts. Il n : y a personne qui n’enparle , non seulement connue d’un des plus excel-lents maîtres de l’église 49 , mais comme d’un deses plus illustres martyrs, et qui ne désire ardem-ment de pouvoir imiter un martyr si saint et siconforme à l'Evangile de Jésus-Christ : car, ayantsurmonté par sa constance la cruauté d’un jugeinhumain, et ayant reçu parce moyen la cou-ronne de l'immortalité, il se réjouit maintenanten la compagnie des apôtres et de tons les justes:il glorifie Dieu le pcrc, et bénit son fils, notreSeigneur, le sauveur de nos antes, le gardien denos corps, et le souverain pasteur de l’église ca-tholique répandue par toute la terre. Voilà leschoses dont vous nous aviez demandé un ample
récit, mats dont nous ne vous envoyons, pour leprésent , par notre frère Marc, qu’une courte re-lation. Au reste, nous vous prions que, quandvous l’aurez lue, vous en fassiez part à tout lereste de nos Fi ères, afin qu’il» rendent aussi gloireà Dieu qui sait si bien choisir ses fidèles serviteurs,et qui, en nous communiquant sa grâce et sesdons, nous peut faire tous entrer dans son royaumeéternel, par Jésus-Christ son llîs unique, à quisoit gloire , honneur, force et grandeur dans tousles siècles. Amen.
Salue/, de notre part tous les saints. Nous voussaluons tous aussi; et Èvariste qui a écrit la présente lettre vous salue, lui et toute sa maison.
Saint Polycarpe souffrit le martyre le 26 de mars,le jour du grand samedi, à la huitième heure(e’est-à dire à deux heures après raidi). Il fut prispar Hérode , intendant de la police , Philippe deTrollie étant pontife fc’esl à-dire exerçant parmiles païens le sacerdoce auquel éloit attachée la sur-intendance des jeux publics , que les païens esti-moient sacrés, parcequ’ils les faisaient à l’hon-neur des dieux ), Statius Qnadralus étant procon-sul, et Jésus-Christ régnant dans tous les siècles,à qui soit gloire , honneu r, ma esté et empire éter-nel , dans la suite de tous les âges. Amen.
LA VIE DE S. POLYCARPE,
FRAGMENTS traduits dëusèbe.
Voici comme Irénée parle de saint Polycarpedans son troisième livre des Hérésies so .
Polycarpe non seulement a été instruit par le»apôtres, et a eu une étroite liaison avec un grandnombre de ceux qui ont vu Jésus-Christ, maismême les apôtres l’ont ordonné évêque de Smyrneen Asie. Nous l’avons vu nous-mêmes dans nospremières années, car il a vécu fort long-temps,et après être parvenu jusqu'à une extrême vieil-lesse, il a enfin couronné sa vie par un très illustreet très glorieux martyre.
Il 11’a jamais enseigné, d’autre doctrine que cellequ’il avoit reçue des apôtres, et que nous recevonsde l’église, comme en effet il n’y a que celle-làseule qui soit véritable. Aussi toutes les églises del’Asie , et ceux qui jusque aujourd’hui ont été assisdans la chaire de Polycarpe , témoignent assez parleurs sentiments el par leur conduite combience grand homme a été un témoin plus vénérableet plus fidèle de la vérité que Valenlin , Marc-ion ,et autres semblables prédicateurs du mensonge.
Ce fut lui qui, étant venu à Home anus le pon-tificat d’Ânicet, ramena à l’église de Dieu plu-sieurs de ceux que ces malheureux hérétiquesavoient arrachés de son sein, publiant partout qu’il
n’avoit reçu des apôtres que la seule et unique vé-rité qui éloit enseignée pur l’église.
Il y a encore aujourd’hui des personnes qui luiont autrefois entendu dite que Jean , le disciple duSeigneur, étant à Ephèse , alloit un jour pour selaver, et qu’aysuit trouvé Cerinthe dans le bain , ilen sortit aussitôt avant que de s’être lavé, en di-sant : Hclirons-nous promptement, de peur que lebain où est Cerinthe , cet ennemi de la vérité, ve-nant à tomber, nous ne nousUouvions enveloppésdans scs ruines.
Aussi Polycarpe ayant rencontré un jour Mar-cion, qui se présenta devant lui en lui disant :Voilà Maicion devant vous; il faut qu’aujeurd’huivous le connoissiez. Je vous commis déjà bien , ré-potulil-il. Je sais que vous êtes le fils aîné du dé-mon. Tant les apôtres et leurs disciples ont faitscrupule d'avoir le moindre commerce , non pasmême d'un simple entretien, avec les hérésiar-ques qui fülsifioienl et corrompoienl la vérité ecclé-siastique.
Nous avons aussi une excellente lettre que Po-lycaipe écrivit avis Philippins, et c’est là que tousceux qui ont quelque soin de leur salut peuventapprendre, s’ils veulent, quelle a été la foi que ce