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FRAGMENTS
grand saint a tenue * et ïa vérité qu’il a enseignée.
Le bienheureux Polyearpe étant Tenu à Romesous le pontificat d’Anicet, ils traitèrent ensemblesur quelques petits différents qui étoient entre eux,et Us le» accordèrent aussitôt, ne voulant pas mêmeentrer clans une dispute contentieuse louchant lejour de la célébration de la pàque , qui «'-toit leurprincipal dilfcrenl; car Atïiorl ne pouvoit pas per»suader à Polycarpe de ne point garder une cou-tume qu’il avoit toujours pratiquée avec Jean ledisciple de Notre Seigneur, et avec les autresapôtres , en la compagnie desquels il avoit vécu ,nuri plus que Polycarpe ue pouvoil pas persuader
à Anicet de ne point garder une coutume qu’ildisoit avoir été pratiquée par tous les prêtres,c’est à-dire par tous les prélats de son église quiavoienl été ses prédécesseurs.
Il» communiquèrent donc ensemble commeamis et comme frères, et Anicet laissa célébrerdans l'église , à l’olycarpe, le mystère de l’Eu.ha-rislie , pour le respect qu’il lui porloil. Enfin ilsse séparèrent en paix l’un de l’autre ; et ceux quiobservoienl la coutume de Rouae . ou qui ne l’ob-servojent pas demeurèrent dan* j’ujiion de l’égliseuniverselle 51 .
ÉPITRE DE S. POLYCARPE,
ÉVÊQUE DE SMYRNE ET SACRE MARTYR DE JESUS-C HRIS T,
AUX PIIILirPIENS.
Polycarpe et les prêtres qui sont avec lui, à l’E-glise de Dieu qui est dans Philippe». Que le Dieutout-puissant et le Seigneur Jésus-Christ, notresauveur, répande »ur vous avec plénitude sa misé-ricorde et sa paix.
Je rae suis beaucoup réjoui en Jésus-Christ notreSeigneur de ce que vous avez dignement reçuchez vous des personnes qui sont des modèles vi-vants de la parfaite charité, et que vous aviez 52accompagné ,comme vous deviez, ceux qui étoientchargés de ces chaînes honorables, qui sont les pré-cieuses couronnes de ceux que Dieu et noire Sei-gneur ont particuliérement choisis pour rendretémoignage à la vérité 5î .
Au reste, mes frères , ce n’est pas de mon pro-pre mouvement que je vous écris ici de ce qui re-garde les devoirs de la piété eide la justice, maispareeque c’est vous-mêmes qui m’y avez engagépar vos prières; car moi, ni tout antre qui meressemble, ne sommes point capables de suivreque de bien loin 54 la sagesse de l'illustre et bien-heureux Paul, qui vous ayant autrefois honorésde sa présence, vous a si parfaitement instruits,et si puissamment affermis dans les paroles de lavérité, et qui même, lorsqu’il étoit éloigné dePbilippes, a écrit de» lettres si excellentes. Si vousles lisez et les considérez avec soin , vous pourrezvous établir de plus en plus dans la foi qui vous aété donnée de Dieu 55 ; celte foi est ta mère quivon» a tons enfantés , qui est suivie de l’espérance,précédée et conduite par l'amour envers Dieu,Jésus-Christ et le prochain; car quiconque est ani-mé de ces trois vertus a accompli les préceptes dela justice évangélique, puisque celui qui est pos-sédé de l'amour divin est éloigné de tout péché.
Au contraire , l’avarice est la source de tous lesmaux. Souveuons-nous donc que nous n’avons rien
apporté dans le monde, et que nous n’en empor-terons rien aussi. Armons-nous des armes de lajustice. Apprenons premièrement à marcher dansles commandements du Seigneur; et après cela,instruisez vos femmes à marcher aussi dans la foiqui leur a été donnée de Dieu , dans la charité, etdans la pureté; qu’elles aient tou jours un amoursincère et véritable pour Jours maris, et une cha-nté. qui se répande également sur tous les autres,et qui soit accompagnée d'une parfaite con linence;qu’elles instruisent leurs enfants dans la connois-sance et dans la crainte de Dieu.
Que les veuves se conservent chastes et modes-tes, et marchent dans la foi du Seigneur , qu'ellesprient continuellement et pour tout le monde;qu’elles soient éloignées de toutes sortes de calom-nies, de médisances - , de faux témoignages , d’ava-rice et de péché , et qu'elles se représentent sanscesse qu'elles sont les autels vivants de Di< u.
Considérons qxie l’un ne se moque point de Dieu,et menons une vie qui soit conforme à ses com-mandements et qui puisse servir à sa gloire.
Que les diacres se rendent toujours irrépréhen-sibles en la présence de sa justice , et qu’ils viventcomme des ministres de Dieu en Jésus-Christ, etnon pas comme des ministres des hommes.
Pour vous autres , mes frères , soyez soumis auxprêtres et aux diacres , comme à Dieu et à Jésus-Christ.
Kl vous, vierges, que votre conduite soit irrépro-chable, et que votre conscience soit toute chasteet toute pure.
Que le» prêtres soient pleins de charité, de ten-dresse pure, et de compassion envers tout le monde;qu’ils ramènent dans le chemin du salut ceux quien sont égarés ; qu’ils visitent tons les malades;qu’ils ne négligent ni la veuve, ni l’orphelin , ni le