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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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426

EXTRAIT D’UNE LETTRE DE S. IRÉNÉE

A FLORIN,

QUI ÉTOIT TOMBÉ DANS L HÉRÉSIE DES VALENTINIENS !ï .

Ce n’est pus là, ô Florin , la doctrine qui tousa été enseignée par les prêtres ( c’est-à-dire parlesévêques) qui ont été avant nous, et qui eux-mê-mes aioicnt clé instruits dans l’école des apôtres.Car je me souviens qu’éianl encore enfant, je vousai vu lorsque vous viviez avec tant d’éclat à la courde l'empereur , dans l’Asie mineure, et que vousfaisiez tous vos ellorls pour vous insinuer dans lesbonnes grâces de ce saint homme. Je me souviensmême beaucoup plus des choses qui se sont passéesalors que de celles qui sont arrivées plus nouvel*lenient (le souvenir croît en nous à mesure quenous avançons en âge, et s’unit tellement avec no-tre âme , qu’il ne s’en peut plus séparer ) ; de sorteque je pourrois dire encore quel étoit le lieu oùèloit assis le bienheureux l'olycarpe, lorsqu’il nousinstruisoil, quelles éloient ses démarches cl sesgestes, son genre de vie et la forme de son corps ;quels discours il lenoil au peuple , et la manièredont il racoHtuii les entretiens qu’il avoit eus avecsaint Jean et avec les autres disciples qui avoienlvu Jésus-Christ, les paroles qu’il avoil entenduesd’eux, et les choses qu’ils lui avoient dites touchantle Seigneur, ses miracles et sa doctrine; ce quePoly carpe ayant appris de ceux mêmes qui avoientété Les témoins oculaires de la vie du Verbe incarné,

nous le raeontoit aussi conformément à ce quenous voyons dans les saintes Ecritures. Dieu doncayant eu taut de miséricorde pour moi, qu’il avoulu que je fusse présent à tous les discours dece grand saint, je les écoutois attentivement, et jeles gravois , non pas sur du papier , mais dans lefond de mon cœur , où , par la grâce de Dieu , jeles conserve encore, et les repasse continuellementdans mon esprit.

Aussi puis-je assurer devant Dieu que si ce bien-heureux et apostolique prêtre ( c’est-à-dire prélat)eût entendu une si étrange doctrine , il se fût écriéaussitôt en sc bouchant les oreilles, et en disantselon sa coutume : O bon Dieu , m’avez-vous laissédans le inonde jusqu’à cette heure alin que j’eussela douleur d’entendre des dogmes si abominables!Je ne doute pas même qu’à l'instant il ne s’en fûLenfui Sÿ du lieu où 011 lui eût tenu de telsdiseoum,en quelque état qu’il se fût trouvé, et soit qu’il yeût été debout ou assis. C’est ce que l’on peut re-connoîlre clairement par les lettres qu'il a écrites,suit aux églises voisines de la sienne , pour les con-firmer dans la vérité , soit à quelques uns des frè-res, pourjns avertir de leur devoir et le» exhorterù l’accomplir.

VIE DE SAINT DENIS,

ARCHEVÊQUE d’aLEXANDIUe'' 0 .

s1 L'empereur Philippe étoit sur la troisième an»née de son empire 62 , lorsque Iléracle étant passéde cette vie en l’autre, après seize ans d’épisco-pat , Denis lui succéda dans le gouvernement del’église d’Alexandrie.

Quant aux choses qui lui arrivèrent 65 , je rap-porterai ici ce qu’il en dit dans la letlre qu’il aécrite à Germain, où il parle de lui-même en cettemanière : Pour ce qui est de moi, dit il, je parleen la présence de Dieu , et il sait que je ne menspoint et que je 11’ai jamais pensé à me retirer demon propre mouvemeut, et sans m’y.être vu en-gagé par l’ordre de sa providence. Cela est si vrai,que lors même que l’édit de la persécution de Dè-ce 04 fut publié , ëabia ayant envoyé aussitôt Fru-

mentaire pour me chercher , je demeurai quatrejours entiers dans ma maison , attendant que cethomme m’y vînt trouver, lequel cependant pnreou-roil tout le pays pour ce sujet, visi toit les chemins,les fleuves et les campagnes, et généralement tou»les lieux qu’il crojnii devoir rue servir ou de re-traite ou de passage. U lalloil sans doute qu’il fûtfrappé de quelque aveuglement pour ne point trou*ver ma maison , ou plutôt il ne pouvoit s’imaginerque je demeurasse chez moi dans le temps où l’oume recherchoit de toutes parts. Mais enfin , Dieum’ayant commandé quatre jours après de me reti*rer, et m’en ayant ouvert le chemin d’une manièretoute miraculeuse, je sortis, quoique avec peine, dema maison, accompagné de mes domestiques et de