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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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DE TRADUCTIONS. 437

plusieurs de nos frères. Et les choses qui sont ar-rivées depuis font liien voir que tout ce qui s’estpusse en cette occasion a été véritablement un ou-vrage de la providence de Dieu, puisque nousn’avons pas peut-être élé inutiles à quelques per-sonnes..,

Et un peu après il rapporte ce qui suivit saretraite, et continue ainsi son discours:

Étant tombés sur (c soir entre les mains des sol-dats, moi cl tous ceux qui m’accompagnoicnt,nous fûmes amenés à Taposiris 'A Cependant Ti-mothée, qui, par la providence de Dieu , ne s’étoitpas trouvé avec nous, et n’avoil point élé pris,étant revenu ensuite à la maison, il la trouva toutedéserte et environnée de soldats qui la gardoient,et sut que nous étions tous prisonniers. Ecoutesmaintenant, poursuit-il, quelle a été l’admirableconduite de la sagesse de Dieu-, car je vous diraian vrai ce qui s'est passé. Timothée s’étant mis enfuite , et étant tout rempli de trouble et de frayeur,eulà sa rencontre® 6 un paysan qui lui demanda lacause pour laquelle il couroit avec tant de bâte.Timothée lui avoua sincèrement ce qui se passnit.Ce que cet homme ayant entendu , il entra aussi-tôt dans une maison où il alloit pour se trouver àquelques noces qu'un y eélébroit (car ees sortes degens ont coutume de passer les nuits entières ences festins), et il raconta la chose à ceux qui yétaient assemblés et qui s’étoient déjà mis à table,lesquels s'étant levés à 1 heure même , cl avec au-tant de promptitude que s’ils eussent reçu le si-gnal , sc mirent à courir de lo utes leurs forces , etse vinrent jeter avec de grands cris dans le lieu où

nous étions, lequel ayant élé aussitôt abandonnédes soldats qui nous gardoienl, ces gens s’appro-chèrent de nous, et nous iminèrent sur quelquescouchettes qui n’éloient couvertes de l ieu. Quantà moi, Dieu m’est témoin que je les prenois d’a-bord pour des voleurs qui n’étoienl venus quepour piller et que pour faire quelque butin : etainsi, sans bouger de dessus le lit où j’étois cou-ché , je commençai à me dépouiller , et, n'ayantlaissé sur moi qu’une simple robe de lin , je leurpresentois déjà le resle de mes vêtements. Mais ilsme commandèrent de me lever et de me retirerau plus tôt. Ce fut alors que , m’apercevant du su-jet pour lequel ils étoientvenus, je m'écriai eu lessuppliant avoc instance de se retirer enx-.inêmes,et de nous laisser en ce lieu ; ou plutôt, s’ils nousvouloient faire quelque faveur , d’exécuter paravance le dessein de ceux qui nous avoient ame-nés , et de me couper la tête. Pendant que je m’é-criois de la sorte, comme tous ceux qui m’ontsuivi et accompagné dan» tous mes travaux le sa-vent assez, ces gens me firent lever par force;mais m’étant ensuite jeté par terre , ils me prireu tpar les mains et par les pieds et m’enlevèrent horsde ce lieu. Je fus aussitôt suivi de ceux de mesfrères qui ont été les témoins de tout’ce que je viensde rapporter, savoir Gaie, Fauste , Pierre et Paul,lesquels m'ayant pris eux-mêmes antre leurs bras,m’emportèrent hors de cette petite ville, et,m’ayant fait monter sur un âne qui n’étnit pointsellé , me ramenèrent en cet état. Ce sont là leschoses que Denis a écrites de lui-même.

DES SAINTS MARTYRS

d’alexandiue 67 .

"Voici comme il raconte, dan9 sa lettre à Fabius,évêque d’Antioche . les combat» de ceux qui souf-frirent le martyre dans Alexandrie , sous l’empe-reur Dèoe. Ce ne fut l’édit de l’empereur qui al-luma la persécution qui s’est élevée contre nous,car elle a prévenu d’une année entière la publi-cation de net édit* 8 . Ce fut donc je ne sais quelfaux prophète et magicien , qui, parla prédictiondes maux dont il menaçoit la ville d’Alexandrie,émut et excita contre nous toute la multitude despaïens, échauffant en eux cet esprit de superstitionqui leur a toujours été si naturel, de sui te que cepeuple étant irrité contre nous par scs artifices, etse voyant en main une puissance absolue pourcommettre toutes sortes de cruautés , commençaà croire que toute sa pieté et sa dévotion envers les(lieux consistoient à répandre le sang des chrétiens.

Premièrement donc ils se saisirent d’un vieil-lard nomuié Mètre 69 , et lui commandèrent deprononcer quelques paroles impies et sacrilèges ;

mais, voyant qu’il ne leur vouloit pas obéir,ils le chargèrent de coups de bâton , et, après luiavoir piqué les yeux et tout le visage avec des ro-seaux durs et pointus, ils le menèrent 711 hors dela ville , et le lapidèrent.

Après cela, ils amenèrent dans le temple deleurs idoles une femme chrétienne, nomméeQuinte 71 , et la voulurent contraindre de les ado-rer: ce qu’ayant refuse de faire avec horreur etexécration , ils la lièrent par les pieds 7 ', et la traî-nèrent par toute la ville, sur un pavé de pierresinégales et escarpées, la déchirant d’un côté àcoups de fouet, pendant qu’elle éloil tout écorchéede l'aulre par les pointes de ces carreaux , jusqu’àeu qu’ils l'allèrent enfin lapider au même lieu quele précédent. Ils sc jetèrent tous ensuite d’unecommune fureur dans Jes maisons de tous les fi-dèles ; et chacun d’eux allant attaquer ceux deleurs voisins qu’ils reconnoîssoient pour tels , pil-lant et ravageant tout ce qui étoit dans leurs mai-