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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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FRAGMENTS

sons , se saisissant des plus précieux d'entre leursmeuble», et jetant çà et là ou mettant au /eu ceux(jui étoient plus vils ou (pii n’étoient que de sim-ple bois, iis faisoient voir dans Alexandrie l’imaged’une ville juise d'assaut. Cependant nus frères sesauvoientle mieux qu’ils pouvoient, ettâchoientde se retirer, voyant avec joie leurs biens perduset dissipés, à J’iniitalion de ceux à qui saint Paula rendu cet honorable témoignage ; et jusqu’à pré-sent je ne sache qu’un seul entre eux qui , étanttombé entre les malus des iniidèles, a renié leSeigneur.

La très admirable Apollonie ”, qui était unevierge déjà fort âgée, ayant aussi été saisie parces barbares, ils lui meurtrirent le visage de tantde coups , qu’ils lui liront sortir toutes les dents dela bouche : ensuite de quoi, ayant dressé un bû-cher proche de la ville, ils la menaçoient de labrûler toute vive, si elle ne prononeoit avec euxles blasphèmes que leur impiété lui proposent. Maiscette courageuse vierge les ayant un peu adoucispar quelques prières, et s’élanl ainsi dégagée d’en-tre leurs mains, elle se jeta tout d’un coup au mi-lieu du l'eu, où elle fut aussitôt réduite en cendres.

Ils surprirent de même Sérapion'' 1 lorsqu’il èloitencore chez lui, et après l’avoir appliqué aux pluscruelles tortures, et l’avoir rendu perclus de tousses membres, iis le précipitèrent du haut de samaison.

Au reste, il n’y avoil point de rue, point de grandchemin, point de détours par où iL nous fût librede passer; et l’on ne voyoil partout que des gensqui crvoient sans cesse que l’on entraînât et quel’on brûlât à l’heure' même tous ceux qui refuse-roienl de blasphémer.

Les choses demeurèrent long-temps en cet état,jusqu'à ce qu’une sédition et line guerre civile s’é-tanl allumée entre ccs malheureux païens, leur fittourner contre eux mêmes la cruauté qu’ils «voientexercée contre nous. Ainsi la fureur dont iis étoientanimés contre les chrétiens ne pouvant plus avoirson cours ordinaire, nous eûmes quelque.-, interval-les de tranquillité et de relâche.

Mais voilà que l’on nous annonce tout d’un couple changement d’un régne qui nousétoilsi favora-ble ;S . Les menaces terribles que l’on nous fait re-nouvellent nos trouilles et nos frayeurs. Enfin l’éditde la persécution est publié , et il s'en élève une sieffroyable, qu’il sembloil que ce fût de celle-là quele Seigneur eût voulu parler, lorsqu’il a dit queles élus mômes, si cela èloit possible , soroieM eudanger de tombe r.

Tout le monde aussitôt est saisi de crainte. En-tre ceux qui étoient les plus éminents, ou par leurextraction , ou par leurs richesses , les uns vont seprésenter eux-mêmes avec crainte pour sacrifier ;les autres, et particulièrement ceux qui étoientélevés aux sublimes charges ,t ’, s'accommodent àJa nécessité de leurs affaires; d'autres se laissententraîner par leurs ainis, et sitôt que l’on les ap-pelle parleur nom à cessacrifiecsiuipiir» et profa-nes , ils s’en aj prochcnL à l’heure même ; les mispâlissant et tremblant de crainte ”, comme s'ilsalloient moins pour sacrifier que pour être eux-mêmes immolés en sacrifice, jusque là qu’ils sittl-

roientsur eux la risée do tous ceux qui étoientprésents, et qu’ils faisoient juger à tout Je mondeque leur lâche timidité les rendait également in-capables et de sacrifier cl de mourir. Il y eu avoitd’autres au contraire qui, s'approchant des autelsavec plus d’audace , protestaient hardiment et ef-frontément qu’ils n’avoient jamais été chrétienseu toute leur vie. C’est de ces sortes de person-nes que le Seigneur a prédit qu’ils seroient sauvésdifficilement ”, et cette prédiction est très vérita-ble.

Quant au commun des chrétiens, les uns suiventl’exemple de ce» premiers: les autres se mettenten fuite . ou sont pris par les iniidèles ; cl de ceux-là il y en a eu qui, étant demeurés fermes jusquedans les liens et dans la prison, et quelques un»même durant plusieurs jours de captivité , ont en-suite abjuré la foi avant que d’être amenés devantle.- juges. Il y en a eu d’autres enfin, qui, ayantsouffert généreusement quelques tortures, ontmanqué de courage pour souffrir le reste.

Mais quant à ceux que le Seigneur avoit choisi»pour être les fermes et bienheureuses colonnes deson Eglise ”, comme ils étaient soutenus par sapuissance, et qu’ils avoient reçu de lui une forceet iiti courage qui répomloienl à la solidité de lafoi sur laquelle iis étoient établis , on les a vus p«-roître ainsi que les admirables confesseurs de sonroyaume.

Le premier d’entre eux fut Julien w . C’étoit imhomme goutteux, qui ne pouvoit se tenir debout,ni moins encore marcher. Mai» on le fit apporterdevant les juges par deux autres chrétiens, dontl’un renonça aussitôt à la foi, au lieu que l’autre ,qui avoit nom Cronitm , et qui était surnommé Eu-nus S1 , ayant confessé le Seigneur aussi bien queh: saint vieillard Julien , on les mit tous deux surdes chameaux, et ou les mena par toute la villed’Alexandrie, qui est très grande, comme vous sa-vez, les fouettant le long du chemin en cette pos-ture; en suite de quoi on les brûla dans de la S2chaux vive s3 , en présence de tout le peuple.

Pendant qu’on les menoit au supplice, il y eutun soldat nommé Besas,qui, étant indigne dutraitement injurieux que l’on leur faisoil souffrir,s’opposa courageusement à ceux qui en étoient lesauteurs. Mais s’étant tous écrié» contre lui, on lemit aussitôt lui-même en jugement J ’ 1 : et ce gé-néreux soldat de Jésus-Christ, ayant glorieusementcombattu dan» celle illustre guerre de la foi , futcondamné à perdre la tête.

Il y en avoit aussi un autre qui éloit Africainde nation , et que l’on iiommoil Maear 8 ’, c’est-à-dire heureux, comme il l’étoit en effet par les bc-•nédielions que Dieu avoit répandues sur lui, CeMacar donc, n’ayant point voulu se rendre à tou-tes les sollicitations que Je juge lui Pitisoif pour lepersuader d’abjurer sa foi , fui htûlé tout vil.

Après eux parurent Epiinaque et Alexandre 8t ,qui, outre le» incommodités de la prison où ilsétoient détenus depuis fort long-temps, avant étédécoupé» avec des rasoirs, déchires à coups defouet, et tourmentés par une inimité d’autressupplices, flire ut aussi consumés daus do la chaux