PAU M. DUBOIS.
cc que j’en ai dit est seulement pour vous faireeunnoîirc à quoi vous vous exposez d’écrire con-tre fauteur des Leltrrs,qui peut bien en diredavantage, lui qui sait les pères, et qui les cite sià propos.
Vous eussiez mieux fait, sans doute, de nepoint relever ce qu’il a dit, et de laisser tout tom-ber sur Di smurets, à qui on ne pouvait parlermoins fortement, puisqu’il est assez thsûuiwoirt!pour dire lui-même qu’il a fait les aventures d’unroman avec l’esprit de la grâce, et pour s’imagi-ner qu’il peut traiter te» mystères de la grâceavec une imagination de roman.
Vous deviez , ce me semble , penser à cela , etprendre garde aussi à qui vous ai icz allai re, parce-qti’il y a des gens de toute sorte, (le que vous ditesseroit bon de poèie à poêle; mais il n'est rien demoins judicieux que de le dire à l’auteur desLettres et à ceux que, vous joignez avec lui.
Ce sont des solitaires, dites-vous, des austères<jui onl quitté le monde; et parcequ’ils ont écritcinq ou six mol» contre, la comédie , vous invecti-vez aussitôt contre eux . et vous irritez cette aus-térité ebrélirnne . qui pounoU vous dire de» véri-tés dont vous seriez pou satisfait.
Je ne coiupiends point par quelle raison vousavez voulu leur répondre-; et il me semble qu’unpoêle un peu publique ne les auroil pas seulemententendus. Est-ce que vous ne voulez-pas qu’il soitpermis à qui que ce soit de parler mal de la co-médie ? Entreprendrez vous tous ceux qui ne l’ap-prouveront pas? Vous aurez donc bien des apolo-gies à faire , puisque Unis les jour» les plus grandsprédicateur» la condamnent publiquement auxyeux des chrétiens et ù la face des autels.
îVJai.-, vous n’avez pas songe r. tant de choses, etvous êtes venu dire tout d’un coup: «Qn'est-cea que les romans et les comédies peuvent avoir dek commun avec le jansénisme!» bien du tout,monsieur: et c’est pourquoi vous ne devez pastrouver fort étrange si le jansénisme u'approuvepas la comédie. Ce n‘e>t pas, après tout, quel’auteur des Lettres ait rien dit que vous ne disiezencore plus fortement : et vous prouvez positivement tout ce qui! avance, quoique vous ayezdessein de prouver le contraire. Il dit que lespoêles de théâtre ne travaillent pas selon les règlesde l'Évangile; et vous soutenez qu’on leur a bâtides temples, dressé de» autels, et élevé des sta-tues : il faut donc conclure que les poètes ontrendu les peuples idolâtres, et qu’eux-mêmes ontété les idoles. Peut-on dire plus fortement qu’ilssont des empoisonneurs publics, et que leur» ouvra-ges sont fiomt/tes, étant considérés selon les prin-cipes de la religion et les règles de l’Évangile ?
'fout ce que vous dites ensuite , vos raisonne-ment» , vos compai aisons , vos histoires et vos rail-leries sont des preuves particulières de ce quel'auleur des Lettres n’a dit qu’en général ; et ilri’y a personne qui n’en pût dire bien davan-tage s’il vouloil juger de» autres poètes par vous-même.
Que pensez-vous qu’on puisse croire de votreesprit, quand on vous entend parler des saintsperes avec uu mépris si outrageant, et quand
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vous dites à tout Port-Royal : « Qu’est-ce que vous« ne trouvez point dans les pères ? » Comme si lespères étoient de faux témoins, et qu'ils lussentcapables de dire tomes choses. Us ne disent pour-tant pas que la comédie soit une occupation ' brétienne , et vous 11e trouverez pas non plus dansleurs livres cette manière méprisante dont voustraitez lès saints que l’église honore. Mais vouscroyez avoir grande raison, et vous apportezl’exemple de saint Jérôme, comme si ceux de Port-Royal avoient dessein de s’eu servir pour justifiermie prétendue contradiction dont vous accusezleur conduite. « Vous nous direz , leur dites-vous,
« que saint Jérôme a loué Rufin comme le plush savant homme de son siècle , tant qu’il a été son«ami, et qu'il traita le même Rufin comme le«plus ignorant homme de son siècle, depuish qu'il se fut jeté dans le parti d’Origène. * Vousde-.inez mal; ils ne vous diront point cela : cen’est point leur pensée, c’est fa vôtre. Blais quandils auroient voulu dire une si mauvaise raison etd’une manière si injurieuse à saint Jérôme , vousdeviez attendre qu’ils l’eussent dite; et alors vousauriez eu raison de vous railler d’eux, au lieuqu’ils ont sujet de se moquer de vous.
Après ce raisonnement, vous en faitesnn antrepour justifier la comédie, et il y a plaisir devonsle voir poussera votre mode. Vous croyez qu’ilest invincible; cl, paicequc vous n’en voyez pointla réponse , vous ne pouvez concevoir qu’il y enail. Vous la demandez hardiment à l’auteur desLettres, comme s'il ne pouvuit la donner, etcomme s’il étoit impossible de savoir ce que vousne savez pas. « Saint Augustin , dites-vous, s’ae-«cuse de s’étre laissé attendrir à la comédie;h qu‘esl-ee qui; vous concluez delà? Rirez-vous« qu’il ne faut point aller à la comédie ? Mais saint« Augustin s’accuse aussi d’avoir pris trop de plai-«sir au chaut de l’église. Est-ce à dire qu’il ne« faut point aller à l’église ? »
Ce raisonnement prouve invinciblement ce quevous dites, six ou sept ligues plus haut, que vousn’êtes point théologien ; on ne peut pas en douteraprès cela ; mais on doutera peut-être si vous êteschrétien , puisque vous osez comparer le chant del'église avec les déclamations du théâtre.
Qui ne sait que la divine psalmodie estimechose si bonne d’elle-même, qu'elle ne peut de-venir mauvaise que par le même abus qui rendquelquefois les sacrements mauvais? Et qui nesait au contraire que la comédie est naturellementsi mauvaise , qu’il n’y a point de détour d’inten-tion qui puisse la rendre bonne ?
Avec quel esprit avez-vous donc joint deuxchoses plus contraires que n’étoient l’arche d’al-liance et l’idole do Dagon , et qui sont au»si éloi-gnées que Je ciel l’est de l'enfer? Quoi, vouscomparez l’église avec le théâtre, les divins can-tiques avec les cris d«'S bacchantes, les saintesÉcritures avec les discours impudiques, les lu-mières des prophètes avec des imaginations depoètes, l'esprit de Dieu avec le démon de la co-médie ! Ne rougissez-vous pas et 11c tremblez-vouspas d’un excès si horrible?
Non, vous n’en êtes pas seulement ému , et