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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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PAR M. DtJBOIS.

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que pat* des railleries méprisantes et des calomniesridicules.

Mais , quoi que vous disiez contre des personnesd’nn mérite si connu dans le monde et dans l’é-glise, ce sera par leur vertu qu’on jugera de vosdiscours ; on joindra le mépris que vous avezpourelles avec les abus que vous faites de l Écritureet des saints pères; et l’on verra qu’il faut que

vous soyez étrangement passionné, et que ceuxcontre qui vous écrivez soient Lien innocents,puisque vous n’avez pu les accuser sans vous rail-ler de ce qu’il y a de plus saint dans la religion etde plus inviolable parmi les hommes , et sans bles-ser en même temps la raison , la justice , l’inno-cence el la piété.

SECONDE RÉPONSE

PAR M. BARBIER DiDCOUKl".

I er avril 1666.

Monsieur ,

Je ne sais si l’auteur des Hérésies imaginaires ju-gera à propos de vous faire réponse. Je comtoisdes g« ns qui uuroient sujet de se plaindre s’il le fui-soit. Ils ont soulfert avec patience qu’on ait ré-pondu à M. I)e*niaréts, et je ne m’en étonne pas;un prophète mérite quelque pi éférenec. Mais vous,monsieur , qui n’avez pas encore prophétisé , il yauroit de l’injustice à vous traiter miens qu’on neles a traités. Pour moi , qui ne suis point de Port-Royal, et qui n'ai de part à tout ceci qu’autarrtque j’y en veux prendre , je crois que, sans vousfaire d’alt'aire avec le père du Bosc , ni avec M. deMarandé , je vous puis dir e un mot sur le sujetde votre lettre. J’espère que cela ne sera pas inu-tile pour en faire eonnoître le prix. Le monde passequelquefois trop légèrement sur les choses ; il estbon de les lui faire remarquer.

Vous avez grand soiu , pour vous mettre biendans l’esprit du lecteur , de l’avertir, avant tou-tes choses, que vous ne prenez point le parti deM. Desinarêls. C’est fort prudemment fait. Vousavez bien senti qu’il n’y a pas d’honneur à gagner.Il commence à être connu dans le monde , et voussavez ce qu’on en a dit en assez bon lieu. Mais,sans mentir, celle prudence, ni: dure guère. Etcomment peut-on dire, daus les trois premièreslignes d’une lettre, qu’on ne se déclare point pourDesmarêts, et qu’on laisse à juger au monde le-quel est le visionnaire de lui ou de l’auteur desImaginaires? En vérité, tout homme qui peutparler de cette sorte est bien déclaré.

Cela n’éloil pas dillicilc à voir ; mais l'enTÎe dedire un bon mot vous a emporté ; et cette manièrede dire à celui que vous attaquez qu’il est un ui-sionnuire, vous a paru si heureuse et si galante ,que vous n’avez su vous retenir.

Mais , monsieur, croyez-vous qu’il n'y ait qu’àdire des injures aux gens , et ne savez-vous pas qu'ily a un choix d’injures comme de louanges ; qu’ilfaut que les unes et les autres conviennent, et qu’iln’y a rien de si misérable que de les appliquer au

hasard ? On a pu traiter Desmarêts de visionnaire ,parccqu’il est reconnu pour tel, cl qu’il a eu soind’en donner d’assez belles marques. Vous voudriezbien lui faire avoir sa revanche , mais la voie quevous prenez ne vous réussira pas ; on dira quevousne vous connoissez pas en visionnaires, et que sijamais vous le devenez, il y a sujet de craindre quevous ne le soyez long-temps avant que de vous enapercevoir. Tout le monde convient, jusques auxennemis de Port-Royal, et aux jésuites mêmes,que l’auteur des Imaginaires n’a rien qui ressentela vision. On 11e s’est encore guère avisé de l'atta-quer sur cela ; et ceux même qui l’ont amuséd hérésie se sont bien gardés de l’accuser d'extra-vagance : car, en matière d’/iérésiç , il est plus aiséden faire accroire, et surtout quand il s’agit d’unehérésie aussi mince et aussi dillicile à apercevoirque celle qu’on reproche aux jansénistes. U y a peude gens capables de démêler les choses : on dispute,on embrouille: l’accusateur se sauve dans l'obs-curité. Mais en matière de folie, dès qu’il y aune accusation formée, il est sûr qu’il y auraquelqu’un de condamné. Le monde s’y commît, iljuge , il fait justice ; mais il veut des preuves , etdes preuves qui concluent: sinon , votre accusa-tion sans preuve devient une preuve contre vous.

Vous voilà donc , monsieur , réduit à la néces-sité de prouver ce que vous avez avancé contrel’auteur des Imaginaires : autrement vous voyezLien où cela va , et vous n’en serez pas quitte pourdire que vous n’avez point jugé , quevous vous êtescontenté de laisser à juger aux antres, et que vouan’avez point appliqué les règles que vous voulezqu’on établisse. Le monde entend ce langage; elsi vous n’avez que cela pour vous sauver, je voustiens t-n grand danger.

Mais ce n’est pas voire maniéré que d’entrerdans le détail, et de vous embarrasser à chercherdes preuves, et cela est aisé à voir, quand vousdites à l’auteur des Imaginaires que vous avez luses lettres, tantôt avec plaisir, tantôt avec dégoût ,selon qu’elles vous semblaient bien ou mal écrites. Jevois bien ce que vous voulez qu’on entende par là ,c’est-à-dire que vous louez ce qu’il y a de bon,et que vous blâmez ce qu’il y a de mauvais. Cettesorte de critique est fort prudente : tant que vous

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