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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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444 SECONDE RÉPONSE

tenir îles apologies des jésuites, tous ri’ètes pasdifficile en panégyrique.

Pour l'histoiie du volume de délie , peut-êtrequ’en réduisant tous les solitaire? à un seul, quimême n’êloil pas de ceux qu’on pouvoir appelerde ce no ru-là *, et le plaisir que î ous supposez qu’ilsprirent à se voir tiaiier d 'illustres, à la complai-sance qu’il ne put se défendre d’avoir pour un deses amis qui lui envoya ce livre, et qui l’obligeade voir l'endroit dont il s’agit : peut-être , dis-je ,que celte histoire approrheroit île la vérité ; maisje ne vois pas qu’en cet étal là elle voiiBpût servirde grand’cliose.

Que vous reste-t-il donc qui puisse donner quel-que couleur aux reproches que vous faites à ceuxde Port-Royal de ne juger des choses que selonleur intérêt? « ün a bien souffert, diles-vous, que« M. Le Maistre ail fait des traductions et des livresn sur la matière de la grâce, et on trouve étrange« que Desmarêts en fasse sur des matières de la re-ligion. > Sans mentir, la comparaison est bienchoisie! M. Le Maistre, après avoir passé plusieursannées dans une grande retraite , et dans la pra-tique de plusieurs exercices de pénitence et depiété chrétienne , ni après avoir joint à ses talenlsnaturels des coimoissances qui le rendaient trèscapable d’éctire sur les plus grandes vérités de lareligion, ne s’en est pas toutefois jugé digne, parcette même humililé qui fait qu’il s’accuse de dé-règlement , quoique même avant sa retraite sa vieeût toujours élé fort réglée. Il n’a jamais écrit surles matières de la grâce, et n’a rien entrepris quede simples traductions et des histoires pieuses. EtDesmarêts, après avoir passé sa vio à faire des ro-mans et des comédies, a sauté tout d’un coup jus-qu’au plus haut degré de la contemplai ion et dela spiritualité la plus fine. Et, sur le témoignagequ’il a rendu lui-même qu’il étoit envoyé pourdonner aux hommes l’intelligence des mystères,il a commencé à se mettre en possession du titreet du ministère de prophète , à établir le nouvelordre des victimes, à leur donner les règles de sanouvelle théologie mysiiquo , enfin , à débiter cetamas et ce mélange horrible de profanations etd’extravagances qui paroissent dans ses ouvrage?.Que dites vous de ce parallèle ? Trouvez vous quecette réserve et cette modestie si chrétienne deM. Le Maislre soit fort propre pour autoriser leségarements de Desmarêls ? Je ne sais s’il vous saurabon gré de vous être avisé de celte comparaison.Il faut qu’il ait soin de se tenir toujours dans celteélévation de l’ordre prophétique, pour n’en passentir le mauvais cll’et : et, pour peu qu’il voulûtrevenir à la condition des autres hommes , il ver-roi t que c’est uu mauvais lustre pour lui que M. LeMaistre.

Vous voyez donc , monsieur, que vous ne faitesrien moins que ce que vous prétende/. : et je nepense pas que personne demeure convaincu , surlTiistoire des deux capucins, sur les louange? qu’ona données à M. Desmarêts , ni sur l’exemple deM. Le Maistre , que ceux de Port Royal m; jugentque selon leurs intérêts. Votre première saillievous a mis en malheur. Quand on est échauffé,un s’éblouit soi-même de ce qu’on écrit, et l'on

se persuade aisément que les ehosessont bien prou-vées , pourvu qu’elles soient soiilenucs d’auipliii*cationstt de lieux communs. Pour cela ,vous vousen servez admirablement. Piul-on rien voir demieux poussé que celui-ci ? «Qu’une femme fûti; dans le désordre , qu’un homme fût dans la dé-« hanche, s’ils se disoienl de vos amis, vous espé'« riez toujours de leur salut ; s’ils vous étoient peu« favorables, quelque vertueux qu'ils lussent, vous« appréhendiez toujours le jugement de Dieu pour«eux. (.e n’éloit pas assr z , pour être savant, d'a-« voir étudié toute sa vie, d’avoir lu tous les nu-« teurs t il lalloil avoir lu Jynsénius , et n'y pointu avoir lu les Propositions. »

Il ne manque rien à cela que d’être vrai. Maisnous en parlons bien à notre aise , nous qui le re-gardons de sang-froid. Si nous étions piqués aujeu, et que nous nous Sentissions enveloppés dansla disgrâce commune, des poètes de théâtre et desfaiseurs de romans, cela nous paroîlroit viai commeune démonstration de mathématiques. L’imagina-tion change terriblement les objets. Quand on estplein de la douleur d'une telle injure, il n’est pasaisé de s’en défaire. On a beau parler d’autre chose,on ne songe qu’à celle-là , et l’on y revient tou-jours. Y a t il rien de plus naturel que cette de-mande, qui sort de la plénitude de votre cœur :Enfin que. faut-il que nous lisions, si res sortes d'ou-vrages sont défendus ? 11 n’y a personne qui ne crûtque e’esl là la conclusion d’un discours qu’on au-roil fait pour soutenir qu’il est permis de lire desromans el des comédies. Point du tou t ; il ne s'agitpoint de cela : mais c’est un cœur pressé qui se dé-charge , el qui fait tout venir à propos.

Cette question me fait souvenir do ce qu’unhomme disoit à un évêque qui ne votiloit pas lerecevoir aux ordres : « Que voulez-vous donc que« je fasse, monseigneur ? que j’aille voler sur les«grands chemins?» Cet homme ne eonnoissoitque deux conditions dans le monde, celle de prêtéeet celle de voleur degrniids f/ieroni*. Et vous, vousne connoissez qu’une sorte de plaisir dans la vie ,la lecture des romans et des comédies. Mon dieu ,monsieur, qu’il me semble que vous auriez dechoses à faire avant que du songer à lire des ro-mans! Mais vous avez pris voire parti, et il y agrande apparence que vous n’en reviendrez passitôt. Je vois à peu près ce qu’il vous faut, et jelie m’étonne pas si les Disquisitions et les Disserta-tions vous ennuient. Tous n’avez pas besoin d’unefort grande suun ission pour vous rapporter de toutcela au pape et au clergé de France. Ce n’est paslà ce qui vous intéresse. Vous trouverez bon toutce que fera l’auteur des Imaginaires; vous lui don-nez tout pouvoir , et vous lui abandonnez mêmeM. Desmarêts, pourvu qu'il ne lui porte point decoups qui piussent retomber sur les autres (car c’estlà ce qui vous tient au cœur) , et qu’il vous laissejouir en paix de celle petite étincelle du feu quiéchauffa autrefois les grands génies de l’anliqiii'équi vous est tombée en partage.

Mais , monsieur. il semble qu’un homme aussitendre el aussi sensible que vous l’êtes ne devroitsonger qu’à vivre doucement et à «■vilor les ren-contres fâcheuses. El comment est-ce que vous