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SECONDE LETTRE
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une disposition un peu différente de la vôtre : ilsy cherchent l'éclaircissement des contestations ; ilstâchent à profiter des vérités dont on se sert poursoutenir la cause que l’on défend ; ils remarquentcomment on démêle les difficultés et les équivo-ques ; ils sont surpris d'y voir que, tandis que ceuxqui disent que les propositions sont dans Jimsé-nuis demeurent sans preuve sur une chose dontles yeux sont jupes, ceux qui nient qu’elles ysoient, quoiqu’ils fussent déchargés de la preuve ,selon la règle de droit, ont prouvé cent et cent foiscette négative d’une manière invincible: .enfin , ilsaiment à voir dissiper tout ce qu’on allègue pourla créance du fait de Janséntus, en le réduisant àl'espèce de celui d’/ionorius ; et, au lieu que larépétition de cette histoire vous ennuie , ils voientavec plaisir qu’il n’y a qu’à la répéter pour faireévanouir le lanlOuio de la nouvel!* hérésie, tontesles fols qu’on le ramène. N’est-il pas vrai, mon-sieur , que vous avez bien de la peine à compren-dre comment il peuL y avoir des gens do cette lui'lueur-là? Quoi! ou ne se lasse point de tire lesécrits de théologie, pleins de longues et de doctes pé-riodes , où l’on ne fait autre chose que citer tes pè-res , et où I on justifie sa conduite par leurs exem-ples ! On peut souffrir des gens qui trouvent dansles pères fout ce qu’ils veulent . qui examinentchrétiennement les mœurs et Us livres , et qui vontchercher dans saint "Bernard et dans saint Augus-tin des règles pour discerner ceux qui sont vérita-blement sages d’avec ceux qui ne le sont pas !
Je crois, monsieur, qu’il est bon de vous aver-tir que , si les meilleurs amis de ceux de Port-Boyal les vouloîcnt louer, ils ne diroient que ceque vous dites. Je vois bien que vous n’y prenezpas gatiWs : et sous ombre qu’on ne loue point decette soite ni le» romans ni ceux qui les font,vous croyez ne Jts point louer. Voilà ce que c’estque de vous être rem v li | a tête de ces belles idées!Vous ne concevez rien de grand que ces sot tes d’ou-vrages et leurs auteurs; et vous ne connoissez pointd’autres louanges que celles qui Uurconv iennent.Cet entêtement pourvoit bien vous jo-ipr quelquemauvais tour, cl vous ne feriez pas mot de vousen défaire. Mais au moins , tant qu’il durera pre-nez bien garde qui vous louerez : autrement, enpensait l louer quelque père de l'église , ou quelquethéologien , vous courez risque de faire insensible-ment l’éloge de La Calprenède Cela vaut la peineque vous y songiez.
Cependant, monsieur , je crois que l’auteur desImaginaires peut se tenir en repos , et qu’à moinsqu’il ne. se fasse en vous un changement aussiprompt et aussi extraordinaire que celui qui s’estfait dans M. Desmarcts, vous ne lui ferez pas giandmal, non plus qu’à tous les autres que vous inté-ressez dans la querelle que vous lui faites Vousauriez pu chercher quelque autre voie pour arri-ver à la gloire ; et quand vous y aurez bien pensé,vous trouverez , sans doute, que celle-ci n’est pasla plus aisée ni la plus sûre.
SECONDE LETTRE DE RACINE
EN RÉPLIQUE AUX BEUX LETTRES PRÉCÉDENTES 2 ’.
PRÉFACE.
Je ne crois pas faire un grand présent au public,en lui donnant ces deux lettres ; il en a vu une ily a un an , et je lui au rcri s abandonné l’autre bien-tôt après, si quelques considérations ne m’avoientobligé de la retenir Je n’avois point prétendum'engager dans une longue querelle, en prenantl’intérêt de la comédie: inon dessein étoit seule-ment d’avertir fauteur des Imaginaires d’êlic un.peu plus réservé à prononcer contre plusieurs per-sonnes innocent»s. Je crus qu’un homme qui semêloit de railler tant de monde étoit obligéd’enlcndie raillerie, et j’eus regret de la libertéque j'avois prise, dès qu’on m’eut dit qu'il prenoitl’affaire sérieusement.
Ce n’est pas que je crusse que son ressentimentdût aller bien loin. J’avois vu ma lettre entre lesmains de quelques gens de sa connoissance , qui enavoietu ri comme les autres , mais qui l’avoienl
■. regardée comme une bagatelle qui ne pouToit nuire
J à personne; et Dieu saiL si j’en avois la moindre
I pensée ! Je savais que le Poi l Royal n’avoit pas ac-
! coutume de répondre à tout le monde. Ils se van-
j toient assez souvent de n’avoir jamais daigné ac-
S corder cet honneur à des personnes qui le hri-
| guoient depuis dix ans, et je fus fort étonné quand
j je vis deux IvlUes qu’ils prirent la peine de pu-
I Hier contre la mienne.
I J’avoue qu’elles m'encouragèrent à en faire une
seconde: niais lorsque j’éloîs prêt à la laisser im-primer , quelques uns d»î mes amis me firent com-prendre qu’il n’y avoit point de plaisir à rire avecdes gens délicats, qui se plaignent qu’on les déchiredès qu’on les nomme ; qu’il ne falloit pas trouverétrange que l’auteur des Imaginaires eilt écrit contre la comédie, et qu’il n’y avoit presque point derégent dans les collèges qui h exhortât ses écoliers à