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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ABRÉGÉ DE L’HISTOIRE

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leurs écrivains n’ont pas laissé de le Imiter dehuguenot « descendu de huguenots.

Mais cette querelle ne fui que le prélude desgrands démêlés que Je célèbre Antoine Arnauld ,son fils, docteur de Sorbonne, a eus depuis aveccelle puissante compagnie s *. N’étant encore quebachelier , il térnoignoil un fort grand zèle contreles nouvenuiés que leurs auteurs avoienl introdui-tes dans la doctrine de la grâce et dans la morale.Mais la querelle ne commença proprement qu’ausujet du livre de la Fréquente Communion, que cedocteur avoil composé sî ,

Le but de ce livre éloit d'établir. par la tradi-tion et par l’autorité des Pères cl des conciles, lesdispositions que l’on doit apporter eu approchantdu sainement de l’Eucharistie, et de combattreles absolu lions précipitées, qn'ou ne donne quetrop souvent à des pécheurs envieillisdansle crime,sans les obliger à quitter leurs mauvaises habitu-des, et sans les éprouver par une sérieuse péni-tence. M. Arnauld n’étoit poiut l’agresseur danscelte dispute , et il ne faisoit que répondre à unécrit qu’on avoil fait pour décrier la conduitede quelques ecclésiastiques de ses amis, attachésaus véritables maximes de l’Eglise sur la péni-tence.

Quoique b » jésuites ne fussent point nommésdans ce livre , non pas même le jésuite 56 dontlécrityétuit réfuté, 011 n’ose presque dire avecquel emportement ils s’élevèrent et contre l’ou-vrage et contre l’auteur. Ils n’eurent aucun égardau jugement de seize, tant archevêques qu’évè-ques , et de vingt-quatre des plus célèbres docteursde la Faculté, dont les appi obaliou., étoient impri-mées à la tête du livre : ils engagèrent leurs plusfameux écrivains à prendre la plume pour le ri fu-leï , et ordonnèrent à leurs prédicateurs de le dé-crier dans tous leurs sermons. Les uns cl les autrespailoient du livre comme il’un ouvrage abomina-ble, qui tendoil à renverser la Pénitence et l’Eucha-ristie; et de l’auteur, comme d'un monstre qu’onne pouvoit trop tôt étouffer, et dont ils deman-doient le sang aux grands delà terre. Il y eut un ^ 7de ces prédicateurs qui, en pleine chaire , osamême prendre à partie les prélats approbateurs :il s’empoi ta conti e eux à de tels excès, qu’il futcondamné par une assemblée d’évêques à leur enfaire satisfaction à genoux ; et il fallut qu’il subîtcette pénitence.

Les jésuites n’eurent pas sujet d’être plus con-tents de la démarche où ils avoient engagé la reine*inèrc, en obtenant do cette princesse un comman-dement à M. Arnau'd d’aller à Rome pour y ren-dre compte de sa doctrine. Un pareil ordre soulevacontre eux tous les corps, pour ainsi dire, duroyaume. Le dlergé , le Parlement , l’Cniversité ,la Faculté de théologie , et la Sorbonne en parti-culier, allèrent les uns après Ica autres trouver lareine, pour lui faire là-dessus leurs très humblesremontrances, et pour la supplier de révoquer cecommandement, non moins préjudiciable auxintérêts du roi, qu’injurieux à la Sorbonne et àtoute la nation.

Mais ce fut surtout à Rome où ccs Pères sc si-gnalèrent contre le livre de la Fréquente Commu-

nion , et remuèrent toutes sortes de machines pourJ'y faire condamner ; ils y lîrent grand bruit d’ntiendroit de la préface qui n’uvoh aucun rapportavec le reste du livre, et où, en pariant de saintPierre et dn saint Paul, il est dit que ce soûl deuxchefs de l'Eglise qui n'en font qu’un. Us songèrentà profiter de l’alarme où l’on étoit encore on cepays-là des prétendus desseins du cardinal de Ri-chelieu , qu’on avoil accusé de vouloir établir unpatriarche en France : iis faisoicnl donc entendreque, par cette proposition. M. Arnauld vouloitattaquer la primauté du saint-siège, et admettredans i’Églioc deux papes avec une autorité égale.Mais , malgré tous leurs efforts , la proposition nefut poiut censurée en elle-même, ni telle qu’elleest dans la préfacé de M. Arnauld : l'inquisitioncensura seulement la proposition générale quiégaîeroit de telle sorte ces deux apôtres , qu’il n’y eutaucune suboidination de saint Paul ù l’égard desaint Pierre dans Je gouvernement de l’église uni-verselle 5S . Pour ce qui est du livre, il sortit del'exauien sans la moindre flétrissure : cl tout lecrédit des jésuites ne put même Je faire mettre àl’index. Un grand nombre d'évêques en Franceconfirma, par dos approbations publiques, le ju-gement qu’en avoient porté leurs confrères : il futreçu avec les mêmes éloges dans les royaumesles plus éloignés ; on voit aussi, par des 1 titres dupape Alexandre VII, combien il en approuvoitla doctrine; cl on peut dire, en un mot , qu’ellefut dès lors regardée, et qu’elle l’est encore au-jourd hui, comme la doctrine de l'Eglise même.

Les religieuses de Port-lloyal n’avoient eu au-cune part à tnules ces contestations. Quand mêmele livre de la Fréquente Communion uuroit été aussiplein de blasphèmes contre l'Eucharistie que lesjésuites le ptiblioient, elles 11’en éloient pus moinsprosternées jour et nuit devant le Saint-Sacre-ment. Mais M. Arnauld éloit frère de la mère An-gélique ; il avoit sa mère , six de ses sœurs, et sixde ses nièces, religieuses à Port-Royal; lui-même,lorsqu’il fuL fait prêtre , avoil donné tout son bienà ce monastère, ayant jugé qu'il devoil entrerpauvre dans l’état ecdésiaslique ; il avoit aussichoisi sa retraite dans la solitude de Port-Royaf-«les-Champs, avec M. d’Andilly , son frère aîné ,et avec ses deux neveux, M. Le .Maistre, et M. deSacy. (l’est de là que sortaient tous ces excellentsouvrages, si édifiants pour l’Eglise, et qui faisoienttant de peine aux jésuites. C’en fut assez pourrendre cette maison horrible à leurs yeux : ilss'accoutumèrent à confondre dans leurs idées lesnoms d’Arnauld et de Port-Royal , et conçurentpnur toutes les religieuses de ce monastère lamême haine qu’ils avoient pour la personne de cedocteur.

fieux qui ne savent pas toute la suite de celtequerelle sont peut-être en peine de ce qu’onpouvoit objectera ccs filles dans ces commence-ments : car il ne s’.igissoil point alors de formulaireni de sigtialm e ; et la fameuse distinction du faitet du droit n’avoit point encore duntié de pré-texte aux jésuites pour les traiter de rebelles àI Eglise, (lela n’emhnrrussu point le père Brisa-cier s9 , l’un de leurs plus emporté» écrivains;