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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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466 ABRÉGÉ DE

lions étant si généralement condamnées , il n'yavoit pins de nouvelle hérésie à craindre. C’est cequ’on peut voir clairement dans la lettre circu-laire qui fut écrite alors par rassemblée des évê-ques , où la constitution fut reçue. • Nous voyons,

« disent-ils, par la grâce de Dieu , qu’en cette ren-■ contre tous disent la même chose, et glorifient« le Père céleste d’une même bouche aussi bieni que d’un même cœur. > Du reste, il importoitpeu pour l’Kglise que ces propositions fussent ontic fussent pas dans le livre d’un évêque qui, connuej'ai dit, avoit vécu très attaché à l’Église, et quiétnit mort dans une grande réputation de sainteté.Mais il parut bien, parle soin que les jésuitesprirent de perpétuer la querelle, et de troublertoute l’Kglise pour une question aussi fvivole quecelle-là, que c’étoit en effet aux personnes qu'ilsen vouloient, et que leur vengeance ne scroit ja-mais satisfaite qu’ils n’eussent perdu M. Arnauld ,fit détruit une sainte maison contre laquelle ilsavoient prononcé rçt arrêt dans leur colère :Exinanile , erinanite usquç ad fundamenittm inen fiB .

Ils publièrent donc que la soumission de leursadversaires étoit une soumission forcée, et qu’ilséloienl toujours hérétiques dans le coeur. Tls ne seeontentoierit pas de les traiter comme tels dansleurs écrits et dans leurs sermons : il n’y eut sotted’inventions dont ils ne s’avisassent pour le per-suader au peuple, et pour l'accoutumer à les re-garder comme des gens frappés d’anathème : ilsfirent graver une planche d'almanach, où l’onvoyoit Jansénius en habit d’évéque avec des ailesde démon au dos, et le pape qui le loudroyoit luiet tous scs sectateurs 05 ; ils firent jouer dans leurcollège de Paris line farce, où ce même Jansé-nius ctoil emporté par les diables ; et, dans uneprocession publique qu’ils firent faire aux éco-liers de leur collège de Mâcon . ils le représen-tèrent encore chargé de fers, et traîné en triomphepar un de ers écoliers, qui rejirésenloit la grâcesuffisante. Teu s’en fallut que saint Augustin nefût traité lui-même comme cet évêque ; du moinsle père Adam, rl plusieurs autres île leurs ailleurs,à l’exemple de Molina, le dégradoîent de sa qua-lité de docteur de la grâce, l’accusant d’être tombéen plusieurs excès dans ses écrits contre les péla-giens, et soutenant qu’il eût mieux valu qu’iln’rût jamais écrit sur ces matières.

11 arriva même , au sujet de ce saint, un assez,grand scandale dans un acte de théologie qui sesoulemiit chez eux (à Caen) , et où plusieurs évê-ques assisloîent ; car un bachelier, dans la dispute,ayant opposé à leur répondant l'autorité de ce.Père sur la doctrine de la grâce , le répondant eutl’insolence Je dîro, trnimeat Ausustinua, commesi, depuis In constitution , l’autorité de saint Au-gustin devoit être comptée pour rien. Ilsfaisoient,par une horrible impiété, des vœux publics à laVierge, pour lui demander que si les jansénisLescontinuoicnl à nier la grâce suffisante accordée àtons les hommes. elle obtînt par se» prières qu’ilsfussent exclus eux seuls de la rédemption queJésus-Christ avoit méritée par sa mort à tous leshommes.

L’HISTOIRE

Tls commettoient impunément tous ces excès, eten tiraient un grand avantage, qui étoit de rendreodieux tous ceux qu’ils appeloient jansénistes, àtoutes les personnes qui n’étoient pas instruites àfond sur ces matières ries mots même de grâceefficace et de prédestination faisoient peur à toutesces personnes. Ils regardoient comme suspects del’hérésie des cinq propositions tous les livres ettons Jes sermons où ces mots étoiem employés ;jusque là qu’on raconte d’nn prélat, ami des jé-suites , homme fort peu éclairé, qu’étant entrédans le réfectoire d’une abbaye de son diocèse, ety ayant entendu lire ces paroles, qui renfermoienten elles tout Le sons de la grâce efficace, c’estDieu qui opère en nous le. vouloir et le faire , il im-posa silence an lecteur. et se fit apporter le livrepour l’examiner *, niais il fm assez, surpris lorsqu’iltrouva que c’éloicnt les Kpîtres «le saint 'Paul.

Les prétendus jansénistes avoient beau sdlirmerdans leurs éerils que Dieu ne commande pointaux hommes des choses impossibles, que nonseulement on peut résister, niais qu’on résiste sou.vent à la grâce , que Jésus-Christ est mort pour lesréprouves aussi bien que pour les justes : les jé-suites suulenoient toujours que e’éloienl des gensqui partaient contre leur pensée, et ils épimoienlleur subtilité pour trouver dans ces mêmes écritsquelque trace des cinq propositions. C’est ainsiqu’ils firent un fort grand bruit contre les Heuresqu’on appelle de Port-Royal 70 , pareeque , dansla version de deux endroits des hymnes, la rimeou la mesure du vers n’avoit pas permis-au traduc-teur de traduire à la lettre le Chrixle, redempioromnium, quoiqu’en plusieurs endroits des Heureson eût énoncé en propres termes que Jésus-Christétoit venu pour sauver tout le inonde. Ils n’eurentpoint de repos qu’ils ne les eussent fait mettre parJ’inquisitinn à l’index, mais si inutilement pour ledessein qu'ils avoient do les décrier , que ces Heu-res, depuis ce lemps-là , n’en ont pas été moinscourues de tout le monde, et que c’est encove lelivre que presque toutes les personnes de piétéportent à l’église , n’v en ayant point dont il se soitfait tant d’éditions. On sait même qu’elles ne fu-rent point mises à l’index pour cette omission queje viens de dire , autrement il y eût fallu mettrele bréviaire de la révision du pape Urbain VUT ,qui, à cause de la quantité et de la mesure duvers, a aussi retranché des hymnes ec mêmeChrists, redemptor omnium. Mais la cour de Borne ,je ne sais pas trop pourquoi , avoit défendu la tra-duction de l’office de la Vierge en langue vulgaire :de sorte que les Heures de Port-Royal y furentalors censurées à cause que l’office de la Vierge yétoit traduit en François , clans le même temps queles jésuites assuroient qu’à Port-Royal on ne priai lpoint la Vierge.

Mais, pour reprendre le fil de mon discours,les jésuites ne sc bornoîent pas à décrier leurs ad-versaires sur la seule doctrine de la grâce : il n’yavoit d’hérésie ni sorte d'impiété dont ils tic s’ef-forçassent de les Faire croire coupables•, c’étoittous les jours de nouvelles accusations ; on disoitqu’ils n’adrneitoienl chez eux ni indulgences ni1 messes particulières; qu’ils imposoient aux femmes