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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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478 ABRÉGÉ DE

et entre autres, pour les mêmes causes quiavoientempêché qu’on n’y présentât la huile d’innocent X,je veux dire parcequ’elle éloit faite par le papeseul , sans aucun concile, sans avoir pris mêmel’avis des cardinaux, et, comme on dit, motu pro*pria : ce qu’on ne rccounoît point en France. Maisle roi l’ayant lui-même portée au parlement, saprésence empêcha toutes les oppositions qu’on au-roit pu faire. Tous les évêques la firent publierdans leurs diocèses; mais pour le formulaire , ilsen firent eux-mêmes si peu de cas , qu’il ne paroîtpoint qu’aucun d’eux en ait exigé ia souscription ,non pas même l'archevêque de Toulouse , qu’onen regardoit comme l’inventeur. Ainsi les chosesdemeurèrent au même état où elles se trouvoientavant l'assemblée *. tout le monde étant d’accordsur le dogme , et ceux qui doutoient du fait ne Srecroyant pas obligés de reconnoître plus d’infailli-bilité sur ce fait dans Alexandre VII que dan» sonprédécesseur. Le cardinal Mazarin lui-même, soitque les grandes affaires de l’cLal l’occupassent alorstout entier, soit qu’il ne fût pas toujours d'hu-meur à accorder aux jésuites tout ce qu’ils lui de-mandoient, ne donna aucun ordre puur exécuterles décisions de l’assemblée , et parut être retombépour cette querelle dans la même indifférence oùil avoit été dans les commencements.

Les choses demeurèrent en cet état jusque versla lin de décembre de l’année 1660 , auquel tempsl’assemblée générale , dont l’ouverture s’étoit faiteau commencement de celle même année , eut or-dre de remettre sur le lapis l'affaire du jansénisme.Aussitôt tous les prélats de dehors furent mandéspour y travailler , et entre autres l’archevêque deToulouse, qui n’étoit point de cette assemblée ,mais qui y vint plaider avec beaucoup de chaleurla cause de son formulaire. Il fit surtout de gran-des plaintes d’un écrit qu’on avoit fait contre ceformulaire , dont on avoit renversé tous les prin-cipes par les propres principes que M. de Tou-louse avoit autrefois enseignés dans ses livres. Cetécrit étoit du même M. de Launoy dont nous avonsdéjà parlé , qui ne prenoil, comme j’ai dit, au-cun intérêt à la doctrine de saint Augustin , mais

SECONDE

Nous avons vu jusqu’ici la calomnie employertous ses efforts pour décrier le monastère de Port-Loyal ; nous allons voir maintenant tomber surcelte maison l’orage qui se formoit depuis tantd’années, et la passion des jésuites armée , pour laperdre , non plus simplement de l’autorité du pre-mier ministre, maisde toute la puissance royale. Jene doute pas que la postérité, qui verra un jour ,d’un côté, les grandes choses que le roi a faitespour l’avancement de la religion catholique, etde l’autre , les grands services que M. Ainauld arendus à l’Église, et la vertu extraordinaire quia éclaté dans la maison dont nous parlons, n’ait

L’HISTOIRE

qui, par la même raison qu’il n’avoit pu souffrirde voir renversés par la censure de la Sorbonnetous les privilèges de la Faculté, n’avoit pu digéreraussi de voir toutes les libertés de l’église galli-cane et toute l’ancienne doctrine de la Francerenversées par le formulaire du clergé.

Celui qui présidoit à rassemblée de 1660 éloitM. de Harlay, archevêque de Rouen. On peut ju-ger qu'il ne négligea pas cette grande occasion dese signaler. Il eut plusieurs prises avec les plus il-lustres députés du premier et du second ordre quilui scmbloicnt trop favorables aux jansénistes , filsonner fort haut dans tous ses avis la volonté duroi et les intentions de M. le cardinal Mazarin.Tout cela n’empêcha pas M. l’évêque de Laon,depuis cardinal d’Estfêes; M. de Bassompierre,évêque de Xaintes , et d’autres évêques des plusconsidérables , de s’élever avec beaucoup île 1er-nielé contre le nouveau joug qu’on vouloit im-poser aux fidèles, en leur prescrivant la mêmecréance pour les faits non révélés que pour lesdogmes. La brigue contraire l’emporta néanmoinssur toutes leurs raisons; et le plus grand nombrefut , à l’ordinaire, de l’avis du président, c'est-à-dire de l’avis de la cour. On enchérit encore surles résolutions des dernières assemblées : on or-donna de nouvelles peines contre ceux qui refuse-roient de se soumettre ; on comprit dans le nom-bre de ceux qui «croient obligés de signer le for-mulaire, non seulement les religieuses, mais mémoles régents et les maîtres d’école : chose jusqu’a-lors inouïe dans l’église catholique /et qui n’avoitété pratiquée que par les protestants d'Allemagne.

Le cardinal Mazarin mourut quinze jours aprèsces délibérations ï2u . Le» défenseurs de Janséuiuss'étoient d’abord flattés que cette mort apporteroitquelque changement favorable à leurs affaires;mais lorsqu’ils virent de quelles personnes le roiavoit composé son conseil de conscience, nt quec’étoient M. de Marca et le P. Ann al qui y a voient laprincipale autorité , ils jugèrent bien qu'ils'ne dé-voient plus mettre leur confiance qu’en Dieu sêul,et que toutes les autres voies pour faire connoîtreleur innocence leur étoient fermées.

PARTIE.

peine à comprendre comment il s’est pu faire que ,sous un roi si plein de piété et de justice, unemaison si sainte ait été détruite ; et que ce mémoM. Arnauld ait été obligé d’aller finir sa vie dansles pays étrangers. Mais ce n’est pas fa premièrefois que Dieu a permis qne de fort grands saintsaient été traités en coupables par des princes trèsvertueux ; l'Histoire ecclésiastique est pleine depareils exemples : et il faut avouer que jamaisprévention n’a éié fondée sur des raisons plus ap-parentes que celle du roi contre tout ce qui s'ap-pelle jansénisme. Car , bien que les défenseurs dela grâce 11’aient jamais soutenu les cinq proposi-