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«dans Janscnîus, on ne pouvoit nier, sans hé-«trésic. qu’elles y fussent. » C’est ainsi que cespères, dans la passion de rendre hérétiques leursadversaires s se rendoien» eux mêmes coupablesd’une tins dangereuse hérésie, el non seulementd'une hérésie, tuai» d’une impiété manifeste, enégalant à Dieu la créature , et voulant qu’on ren-dît à la simple parole d’un homme mortel lemême culte que l’on doit rendre à la parole éter-uelle. Mais ils n’éloient pas moins criminels en-vers le roi et envers l’état, par les avantages quela cour de l’orne pouvoit tirer de cette thèse, pluspréjudiciable à la souveraineté des rois que lesopinions des Mariana et des Sanlarel, tant con-damnées par le clergé de France, par le Parle-ment et par la Sorbonne. Aussi excila-t-elle unfort grand scandale. Voici ce que le célèbreM. Godeau, évêque de Venue, en écrivit à unde ses amis : « Où est l’ancienne Sorbonne qui a« foudroyé par avance cette proposition? Où sont« les Servit», les Marion 140 , les Iïarlay ? Où sont« les évêques de l’assemblée de Melun 141 ? Où est« enfin notre honneur et notre conscience de noush taire quand il y a un si grand sujet de parler?
« Qu’il est fâcheux de vivre en un si mauvaisK temps ! Et à quoi, mon Dieu, nous réservez-« vous? Mais espérons en celui qui mortifie et quik vivifie : il laisse aujourdhui prévaloir les ténè-« bi es , mais il saura eu tirer la lumière, n
Cependant (le pourra l on croire ? ) les évêques*la Soi bonne el le Parlement gardèrent sur cettethèse un profond silence; les jansénistes seuls seremuèrent, et il n’y eut que ces prétendus enne-mis de l’Église et de l’étal, qui, joints aux curésde Paris, eurent assez de courage pour défendrealors l’étal cl l’Église. Iis dénoncèrent la thèse àtous les évêques; ils s’adressèrent au Parlementmême, et décou v ri rr ni, par nu excellent écrit 1le» conséquences de cette pernicieuse doctrine;encore le cri dit des jésuites fut-il assez grand pourfaire brûler cet écrit par la main du bourreau.
Ils curent dans ce icmps-là un nouveau suj»t detriomphe par la nomination que le roi fit de M. deMareu à l'arclirvê hé de Paris. Pouvoit-ou douterqu’étant, comme nous l’avons vu, le principalauteur du formulaire, il n’en exigeât la signatureavec toute la ligueur imaginable? Déjà même lesnouveaux grands-vicaires que le chapitre avoilnommés coin mu pendant la vacance . s’empressantà lui faite leur cour, avoienl public un troisièmemandement qui jeloil la terreur dans tout le dio-cèse de Palis : ils y réformoient (ont ce qui leursembloit de trop modéré dans les précédents, ré-pudient nulle» tontes les signatures faites a.eerésiliation ou explication , et dc- Iaroieiit suspenset interdits . t/>'0 fado, tous les ecclésiastiques qui,dans quinze jours, n’auroien! pas s gué leur or-donnance. Mais ce zèle précipité n’eut aucunesuite : on leur prouva leur incompétence par debonnes raisons, et leur mandement tomba delui-même. Si l’on en croit de f. rl grands prélats,qui ont trè' particulièrement 1-0111111 M. de AJarca,cet archevêque éloil Toit changé sur le sujet desoti formulaire ; ils prétendent même qu’il étaitsérieusement louché du trouble que celte affaire
L’HISTOIRE
avoil excité , et qu’il n’allendoit que ses bullespour essayer tous les moyens de terminer les cho-ses par la douceur. Quelles que fussent ses inten-tions , Dieu 11c lui pci mi! pas de les exécuter , etil mourut le jour même que ses bulles arrivèrent( le 29 juin 1662 ) 11
Sa rnorl fut suivie de près de celle de l’illustreM. Pascal 144 . Il n’éloil âgé que de trente-neuf ans;mais , quoique encore jeune, ses grande» austé-rités et son application continuelle aux choses lesplus relevées l’avoient tellement épuisé , qu’onpeut dire qu’il mourut de vieillesse , el laissa im-parfait un grand ouvrage qu’il avait entrepris con-tre les athées. Les fragments qu’on en trouva dis-persés dans ses papier», et qui ont été donnés aupublic sous le nom de Pensées de M. Pascal, peu-vent faire juger, el du mérite qu’auruit eu toutl’ouvrage, s’il eût eu le temps de l’achever, et del’impression vive que les grandes vérités de la reli-gion avoient faite sur son esprit. Ou publia quesur la fin de sa vie il avoit rompu tout commerceavec messieurs de Port-Royal, pareequ'il ne lestrouvoitpas, disoit-on, assez soumis aux consti-tutions; et on ciloit là-dessus le témoignage ducuré de Saint-ïhienne-ilu Mont, qui lui avoit ad-ministré dan» sa maladie les derniers sacrements.
La vérité est qu’un peu avant sa mort, M-Pas-cal eut quelque dispute avec M. Arnauid sur lesujet des constitutions; mais, bien loin de pré-tendre qu’on se de,voit soumettre aveuglément auxconstitutions, il trouvoit, au contraire, qu’on s’ysoumrttoit trop : car, appréhendant, comme onpeut le voir dans les Provinciales, que 1 rs jésuitesn’abusassent un jour, contre la doctrine de saintAugustin, de la condamnation des cinq proposi-tions, il vouloit non seulement qu en signant leformulaire on fit la distinction du fait cl du droit,mais qu’011 déclarât qu’on ne prêt enduit eu aucunesorte donner atteinte à la grâce efficace par elle-même, pareequ’à son avis, plutôt que «le laisserflétrir une si sainte doctrine , il fallait stuillrir Ioubles plus mauvais traitements, et même l'excom-munication. M. Arnauid snutenoil , au contraire,que c'etoil faire injure à la véritable doctrine dela grâce, de témoigner quelque défiance qu’elleeût pu être condamnée , et qu’elle étoit assez àcouvert, et par la déclaration d'innocent X, etpar le consentement de toute l’Eglise; qu’au reste,le schisme était le plus grand de tous les maux;que l’oiiibre même en «luit horr.ble . et qu’il fal-loil sur toutes choses éviter d'y donner occasion.Ces deux grands hommes écrivirent sur cela l’unet l’autre , m.iis sans sortir des bornes de la cha-rité , et sans blesser le moins du monde l’estimemutuelle dont ils cloieul liés, et qu’ils ont con-servée jusqu’au dernier soupir. M. Pascal mourutcuire les lu as de M. de Sainte-Marthe, ami in-time de M. Arnauid , et l’un des plus z- lés défen-seurs dis religieuses de Port-Royal. Mai» voici cequi a donné lieu à croire le contraire de ce quenous disons.
M. Pascal, dans quelques entretiens qu’il eutavec le cure «le Saint-Étienne, lui toucha quelquechose de celle dispute, sans lui particulariser dequoi il b’agissoit ; de sorte que ce bon curé , qui ne