DE PORT-ROYAL.
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snpposoit pas que }L Arnauld eût pu pécher partrop de déférence aux constitutions, s’imagina quec’éloit loul le contraire. Non seulement il leditainsi à quelques mis de ses amis, mais il l'attestameme par écrit. Mais les parents de M. Pascal,touchés du lorl que ce bruit faisnit à la vérité,allèrent trouver ce bon homme , lui montrèrentles écrits qui s’étoient faits sur ce'te dispute . et leconvainquirent si bien de sa méprise, qu'il rétractaaussi là. sa déposition par des lettres qu’il leur per-mit de rendre publiques 15
Après la mort de M. de Marca . il se passa p’èsde dix-huit mois pendant lesquels on ne pressapoint la signature: on crut meme un temps que1rs uïïn ires alloietti changer de l'ace r car la cour deBorne , pendant qu’on élevoit eu K rance Sun auto-rité. oulngea le roi on la personne du duc deCrequi, son ambassadeur 1 Le roi ressentit vive-ment cette offense, et n'solul d'eu tirer raison.Comme la querelle pouvait aller loin , par l’opi-niâtreté du pape à soutenir les auteurs de cet at-tentat, le fadement et les ministres du roi corn-mencèicnt à ouvrir les yeux sur le trop grandcours qu'il» suoient laissé prcndie à ce qu’on ap-pelle en France les opinions ultramontaines. Onne dit pourtant rien aux jésuites: mais sur l’avisqu’on eut d’une thè-e qu’un bachelier breton sepiéparoil à soutenir, où il y avoit des pmposilionsmoins exorbitantes, à la vérité, que colles du collègede rici mont, mais qui > toron* contrait es aux liber-tés de l'Eglise gallicane, et qui. en donnant an papeune autorité soin ri aine sur l’Eglise , établissoieiitson infaillibilité, et détruîsoicnt la nécessité desconciles le parlement prit celte occasion d'agir. I[manda le syndic de la Faculté qui avoit signé lathr-Be, le bachelier qui fa devoil soutenir, et ledocteur qui devoitv présider et, api ès leur avoirfait les réprimandes qu'ils mèiiloient. il donnaun arrêt par lequel la thèse éloit Supprimée, avecdéfense d’enseigner, lire e| soutenir dans les écoleset ailleurs aucune proposition de celte nature ; etil éloit ordonné que cet arrêt serotl lu eu pleineassemblée de la Faculté, et inséré dans ses re-gistres.
A peine cet arrêt venait d'être rendu . qu’oneut avis d’une autre thèse à peu près semblable ,qui avoit clé soutenue au collège des Bernardins ,signée encore du même syndic de la Faculté. LeParlement donna un second arrêt, plus sévèreque le premier , confie le répondant et le prési-dent; et, par cet arrêt, le syndic fut suspendupour six mois des fonctions de son syndicat.
Ce syndic éloit le docteur Orandin 147 , fameuxmolin ste, et qui avoit eu la principale pari à tout cequi sèloit fait en Sorbtfnne contre M Arnauld.Lui cl les autres partisans des jésuites souffrirentbeaucoup de voir ainsi attaquer la doctrine de'infaillibilité , qui ét<ùt leur doctrine favorite. Ilslirenl même, quoique inutilement, plusieurs ef-foiis pour empêcher la Faculté d’enregistrer ceslarrêls; niais la plus saine pai lie des docteurs saisitcciteoccasionde laver la Facultédu reproche qu’onlui faisoil publiquement d’avoir abandonné son an-cienne doctiine. Ils travaillèrent avec tant de suc-cès, que la Faculté dressa la fumeuse déclaration
de ses sentiments 148 , contenus en six articles, danslesquels elle exposoit combien elle éloit éloignéed'enseigner, ni que le pape eut aucune autorité.sur le temporel des rois, ni qu’il fût infaillible etsupérieur aux conciles. Elle présenta elle mêmeces six articles au roi, et ensuite au Parlement,qui la félicita d’être rentrée dans ses véritablesmaximes, c; de s’être assurée contre toutes cesn ouv Ci un's dangereuses , que la cabale des moineset de quelques particuliers, liés d’intérêt aveceux, avuil depuis vingt an» iutioduites dans lesécoles.
Presque en même temps il y eut un autre arrêtpour réduire , selon l’ancien usage , le nombre desdocteurs mendiants à deux de chaque ordre dansles assemblées de théologie. Quelques nio nés vou-lurent protester contre cet ariet . et l’un d’eux eutl‘audace de i cprocher à lu Faculté que , sans leurgrand nombre , on ne scroit jamais venu à bout decondamner les jansénistes. Le roi publia une dé-claration par laquelle il ordounoil que les six arti-cles seroieul enregistrés dan» tou» le» parlement» etdans toutes les universités du roy.unie, avec dé-fense d'enseigner d’anf'e doctrine que celle qui yéloit contenue. Ils te furent sans aucune opposi-tion : il y eut seulement un jésuite à bordeaux,nommé le père Cumin . qui se démena fort pourempêcher l’Univeisile de cette vil'ede b s recevoir.Quelque rmioii rance que le recteur lui pût faire,i) persista toujours dans son opposition; et il estmarqué au bas de l’acte d'emegisiicmenl que lepère Cantin a refusé de le signer 10 .
Ce jésuite ne faisoil en cela que suivre l’espritde «a compagnie ; cardans le même temps quel’on prenoit en France ces précautions confie lesentreprises des ullramon aitis. les jésuite» du col-lège de Germon!, à l’occasion d’une thè-e de ma-thématiques. soutinrent publiquement une propo-sition où il» donnoient en quelque suite au tribu-nal de l'inquisition la même in'aülihilité qu'ilsavoient donnée an pape dans leur thèse du moisde décembre 1 663 ; et ce qu’il y eut de singulier,c’est qu’ils la lirenl soutenir par le fils de M. deLamoignon , premier président. La propos ton futaussitôt déférée à la Faculté, qui se préparoit à lacondamner, mais le premier présiden , pour nepas vraisemblablement voir flétrir une thèse queson fils aioil soutenue, empêcha la censure . et fitdonner, sur la requête du syndic, un arrêt quiimposoit silence à la Faculté.
Pendant que ces choses se passoient , il y avoiteu un projet d’accommodement pour terminerl'affaire et fa querelle du jansénisme; les premièresproposition» en furent jetées par le P. Ferrier,jésuite de Toulouse 1SI . Ce jésuite, homme trèsfin, et qui songeoil à se faire ronnnître à la cour ,crut ne pouvoir mieux y réussir qu’eu se mêlantd’une queiello si célèbre. U le fit trouver bon auP. Annat , qui avoit une grande idée de lui, etqui nr croyoit pas que la cause des jésuites pûtpéricliter en de si bonnes mains. Le P. Ferriers’adressa donc à M. de Choiseul, évêque de Com-minges, et s’olüii d’entrer en conférence avec lesdéfenseurs de Jansénius, sur les moyens de donnerla paix à l’Église. Ce prélat en écrivit aussitôt à