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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ABRÉGÉ DE D’HISTOIRE

M. Arnauld. Quelque dèOnnce que ce docteur etles autres théologiens qui étaient dans la mêmecause eussent de la lionne foi de ces pères, dansl’envie néanmoins d’assurer la paix de l’Église , ilsoffrirent de conférer , à condition qu’il ne seroitpoint fait mention du formulaire , et qu’on n’exige-roit rien d’eux dont leur conscience piit être bles-sée. Le P. Ferricr parut approuver celte condition;et bientôt après JI. de Comminges reçut ordre durai de se transporter à Parts , où le P. Février s’étoitdéjà rendu.

Messieurs Lalane et Girard 152 , deux célè-bres docteurs , se trouvèrent aux conférences , aunom des défenseurs de Jansénius, elle père Fer-rier au nom des jésuites. Ces deux docteurs pré-sentèrent cinq articles, qui contenoîent toute leurdoctrine sur la matière des cinq propositions. Cesont ces mêmes articles que les docteurs de Lou-vain ont encore, depuis quelques années, présen-tés au pape , et qui ont eu l’approbation de toutel’Église. Le P. Ferricr n’osa pas nier qu'ils ne fus-sent très catholiques , bien que 1res opposés à ladoctrine de Molina , disant qu’il importait peu àl’Église que ses enfants fussent de L’opinion desthomistes ou de celle des jésuites. TI y eut seule-ment un endroit de l’un de ces articles où il sou-haita quelque adoucissement, qui lui fut aussitôtaccordé. Ainsi, tout le monde étant d’accord surla doctrine, l’évêque de Coiimiinges jugea l’affaireterminée, et il le fil ainsi entendre au roi. Mais ceP. Février qui, comme nous avons dit. ne pensoità rien moins qu’à un accommodement, trouvabientôt moyen de le rompre, et, contre Ja paroledonnée , déclara qu’il fulloit eucore convenir quela doctrine condamnée dans les cinq propositionsètoit colle de Jansénius. On eut beau s’écrier qu’onavoit stipulé , avant toutes choses , qu’on ne parle-roit point de cct article , il soutint hardiment quecela n’étoit point véritable; de sorte que ces con-férences n’aboutirent qu’à un nouveau démêléavec ce jésuite. Il écrivit, et on fit contre luiquantité d’ouvrages pleins de raisons très convain-cantes , auxquelles il répondit sur le. ton ordinairede sa société, c’est-à-dire avec beaucoup d’injures.

L’évêque de Comminges, fort irrité de la trom-perie qu’on lui avoit faite, songea néanmoins aaccommoder l’affaire par une autre voie. Il se fitmettre entre les mains un écrit signe par les prin-cipaux défenseurs de Jansénius , par lequel ils luidonnoient plein pouvoir d’envoyer en leur nom aupape les cinq articles dont nous avons parlé, dé-clarant qu’ils les soumettaient de bonne foi à son.jugement ; qu’au veste ils supplioient très humble-ment sa sainteté de croire qu’ils avoienl une véri-table douleur de toutes les fâcheuses et importunesdisputes qui troubloient depuis si long-temps l’É-glise ; qu’ils n’avoient jamais eu la moindre penséede blesser en rien l'autorité du saint-siège, pourlequel ils «voient toujours eu et auroienl toute leurvie un entier dévouement; que, bien loin de s’op-poser aux deux dernières constitutions , ils éloientprêts d’y déférer avec tout le respect et la soumis-sion que demandoit sa majesté et la souveraineautorité du sainl-siége apostolique: enfin, que sisa sainteté vonloit encore exiger d’eux une plus

grande preuve de Ja sincérité avec laquelle ilsad-lièroienl à la foi établie par ces constitutions , ilsconsentaient de la lui donner. Les principaux dé-fenseur* île Jansénius avoient eu assez de peine àsouscrire à ce dernier article , qui mettait le papeen droit, pour ainsi dire, de leur imposer telleloi qu’il voudroit. Cependant l’évêque de Com-minges ne laissa pas d’envoyer cet écrit à sa sain-teté , avec une lettre très respectueuse qu’il luiécrivoit sur ce sujet, fl y avoit apparence que celaseroit reçu très agréablement à Rome.

En effet, que pouvoit-on exiger de plus précisdes défenseurs de Jansénius , qu’une explication siorthodoxe de leur doctrine, et une soumission sisincère aux conslitutions du saint-siège P II arrivanéanmoins tout le contraire de ce qu’on espéroit:car dans cc leinps-là même lo F. Ferrier ayantaussi envoyé à Rome une relation fausse et trèsodieuse de tout ce qui s’étoit passé dans les confé-rences , le pape, prévenu contre l’évêque de Com-minges , qu’il regardoil comme un des chefs dujansénisme j crut que toutes ces soumissions n’a-voient eu effet rien de sincère. Au Heu donc defaire réponse à ce prélat, il se contenta d’écriveun bref aux évêques de France en général, où, sansleur parler de formulaire, il les lomiit fort île leu rzèle à faire exécuter en France les conslitutionsdu saint-siège, reconnoissant que c'étoilpar leurssoins et leur bonne conduilc que les principauxd’entre les jansénistes , revenus enfin à une plussaine doctrine, avoient tout nouvellement offertde se soumettre à tout ce que le saint siège vou-droit leur prescrire. Il les exhortait donc à pour-suivre un ouvrage si bien commencé, et à cher-cher les moyens les plus propres pour obliger lesfidèles à exécuter de bonne foi les deux dernièresconstitutions.

L’évêque de Comminges fut fort piqué du mé-pris que le pape lui avoit témoigné en ne daignan Lpas lui faire réponse. Pour justifier donc, et saconduite dans toute cette affaire, et le procédédes défenseurs de Jansénius, il apporta mi roi unnouvel ante signé d'eux, qui cnntenoit des protes-tations encore plus humbles et plus soumises quecelles qu’ils avoient envoyées au pape : car ils dé-claroîent par cet acte qu’ils condamnaient sincè-rement les cinq propositions, et qu’ils ne les sou-tiendraient jamais, sous prétexte de quelque senset de quelque interprétation que ce fût: qu’ils n’a-voient point d’autres sentiments sur ces proposi-tions que ceux qui étoient exprimes dans les cinqarticles qu’ils avoient soumis à sa sainteté, etdont . par son bref, elle témoignoit n’être pas mé-contente: qu’à l’égard des décisions de fait , com-prises dans la constitution d’Alexandre VIT,i'sauroienl toujours pour ces décisions toute la dé-férence que l’Eglise exige des fidèles en de pa-reilles rencontres, avouant de bonne foi qu’ilrt’apparlenoit pas à des théologiens particuliers de.s’élever contre les décisions du saint siège , de lescombattre ou d’y résister, enfin qu’ils étoient dansune ferme résolution de ne jamais contribuerarenouveler c.cs sortes de disputes, dont ils voyoientavec regret l'Eglise agitée depuis si long-temps. Leroi fut assez satisfait de celle déclaration, mais tu: