SUPPLÉMENT A L’HISTOIRE
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des-Champs, l’archevêque de Paris avoit fait élireune abbesse , dans la maison de Paris, par neuf àdix religieuses qui y éloient restées. Celte élec-tion , à laquelle il avoit présidé lui-même, s’éioîtfaite le iG novembre i665 , et le choixétoit tombésur la sœur Marie-Dorothée Perdreau. Cette sœureut, trois ans après, le même titre par nomina-tion royale, le roi ayant déclaré , par lellies-pa-tenles du mois déniai 1668, qu’il vouloit rentrerdsuis le droit de nomination à l’abbaye de Port-Royal.
Cependant la paix de l’Eglise se négocie, et,malgré la vive opposition des jésuites, les reli-gieuses de Port-Royal y sont comprises. En consé-_quence de l’arrêt du conseil du s3 octobre 1668 ,rendu sur le bref de Clément IX, du 2S septembreprécédent, les querelles du formulaire sont assou-pies par la signature d’une adhésion pure et simpleà la constitution , sans aucune mention , suit expli-cative, soit restrictive, du fait de Jausénitis, Le3 décembre , les religieuses donnent à l’arche-vêque une nouvelle déclaration conforme à reliedont sa sainteté s’étoit trouvée satisfaite, et quiest telle qu’elles i’avoient toujours offerte. Surcelte déclaration, l’archevêque rend son ordon-nance le 17 février 1669 ; il reconnoît la pureté deleurs sentiments et la sincérité de leur soumission,les restitue à la participation des sacrrtneoLs, ett les déclare capables de former corps de co'miuu-■ nauté avec plein exercice de voix active et •passive.
Trois mois après , un arrêt du conseil sépare lesdeux maisons en deux abbayes totalement indé-pendantes l’une de l'autre; la première sous lelitre de Port-Royal de Paris, à nomination royale :la seconde sous celui de Port-Royal-dcs-Champs ,élective et triennale. Par suite de celte séparationdes deux abbayes , on partage les biens. L’abbayedes champs , qui avoit huit fois plus de religieusesque celle de Paris , obtient à peine un tiers de lamensc. Ces opérations sont confirmées par unehuile de Clément X, du 23 septembre 3G71 , ful-minée par l’arcbcvêquc le 20 avril 1G72, et surlaquelle sont données des lettres-patentes enregis-trées au grand-conseil le 22 décembre 1672.
Malgré ces désavantages, la maison de Port-l Royal-des-Champs, qui n’avoil besoin que doi calme, refleurit bientôt avec plus d’éclat que ja-I mais. Une foule de personnes pieuses , distinguées
I par le mérite et la naissance , viennent y prendre
I retraite. Ses ennemis sont contenus par la puis-I santé protection de la duchesse de Longueville( Anne-Geneviève de Bourbon, sœur du grandCondé ), qui s’éloit fait bâtir un cbâleau près dumonastère.
Mais , le i5 avril 1679 , la mort de cette prin-cesse enlève aux religieuses leur premier appui.Un mois après cet évènement, Ilarlay de Chan*vallon, archevêque de Paris, qui avoit succédé àPéréfixe en 1671, se transporte à Port-Royal-des-Cbamps , en fait sorlir les pensionnaires et les per-sonnes qui s’y étoient retirées, et signifie aux reli-gieuses une défense verbale de recevoir des no-vices jusqu’à ce que la communauté , qui étoitalors composée de soixante et treize religieuses,fût réduite, par les décès , au nombre de cin-
quante, prétextant que la volonté du roi étoitde réduire à 00 nombre toutes les communautésdu royaume. Mai» quand les religieuses se trou-vèrent par la suite réduites à ce nombre, et qu’elle»demandèrent à l’archevêque de leur rendre la per-mission de recevoir des novices , on prétendit queles sœurs converses éloient aussi comprise» dansle nombre de cinquante ; et la permission leur futrefusée.
Cependant Ilarlay de Chanvallon meurt en 1695.et madame de Maintenon lui fait nommer poursuccesseur Louis-Antoine de Noailles, évêque deChâlons, qui depuis fut cardinal.
Piacine , dévoué à Porl-Koyal-des-Champ» , mettous ses soins à obtenir pour les religieuses la pro 1tection du nouvel archevêque , en reçoit de lui lesassurances les plus marquées , et dont il fait part àsa tante la mère Agnès de Sainle-Thècle Racine ,abbesse de celte maison, pur la lettre suivante ,en date du 3o août 1695 :
« J’ai eu l’honneur de voir , ma très chèretante, M. i’archevêque de Paris, de l’assurer devos très humbles respects et de ceux de votremaison. Je lui ai dit même toutes les actionsde grâces que vous aviez rendues à Dieu , pouravoir donné à l’Église un prélat selon son cœur.
Il a reçu tout cela avec une bonté extraordinaire.
Il 111’a chargé d’assurer votre maison qu’il l’cs-timoit très particulièrement, me répétant plu-sieurs foi» qu’il espéroit vous eu donner des mar-ques dans tout ce qui dépendroil de lui. Ensuite ,je lui ai rendu compte de toutes les démarchesque vous aviez faites auprès de son prédécesseurpour obtenir de lui un supérieur. Je ne lui ai riencaché de tous les entretiens que j’avois eus aveclui sur ce sujet , et du dessein que vous aviez euenfin de lui demander M. le curé de Saint-Seve-rin : il me dit que le choix étoit Irèa bon , et quec’étoit un très vertueux ecclésiastique. Je lui aidemandé là-dessus son cuuseil sur la conduite quevous aviez à tenir en cette occasion, et lui ai ditque, comme vous aviez une extrême confianceen «a justice et en sa bouté , vous pensiez ne de-voir rien faire sans sou avis ; que d’ailleurs n'étantpas tout-à«fait pressées d’avoir un supérieur , vousaimeriez bien autant attendre qu’il eût ses bulles,s’il le jugeoit à propos , afin de vous adresser à lui-même. Il m’a répondu en souriant qu’il croyoilque vous feriez bien de ne vous point presser, et dedemeurer comme vous étiez, eu attendant qu’ilpût lui-même suppléer aux besoins de votre mai-son. Je lui témoignai l'appréhension où vous étiezque des personnes séculières ne prissent co temps-là pour obtenir des permissions d’entrer chez vous-Il loua extrêmement votre sagesse dans celte oc-casion , et m’assura qu’il seconderoit de tout sonpouvoir votre zèle pour la régularité , laquelle nes'accordoit pas avec ces sortes de visites. Je lui de-mandai s’il ne trouvoit pas bon . au cas qu’on im-portunât MM. les grands-vicaireB pour de sembla-bles permissions , que vous vous servissiez de sounom, et que vous fissiez entendre à ces messieursque ce n’étoit point son intention qu’on en don-nât à personne. Il répondit qu’il vouloit très bien