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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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DF, PORT-ROYAL.

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du silence. Le tout fut enregistré au Parlement,et sa majesté se chargea de le faire approuver àRome.

On ne sait pas en quel état sont maintenant lesrevenus de la maison de Paris : ce qu’on peutdire, c’est qu’avant toujours eu la liberté de re-cevoir des pensionnaires et des novices, les biensde cette maison aiuoicnt dû considérablementaugmenter.

Il n’en est pas de même des religieuses deschamps. II y a dix-sept ans qu’on leur donna ordrede renvoyer leurs novices et leurs pensionnaires ,et qu’on leur lit défendre de recevoir des novices,jusqu’à ce qu'elles fussent réduites à cinquanteprofesses du clueur. Ainsi leur communautén’ayant reçu aucun nouveau secours depuis cetemps-là, il n’est pas étrange que leurs revenussoient diminués , comme ils le sont en effet, d’ail"tant plus qu’il leur a fallu emprunter plus de qua-rante mille livres pour les seuls amollissementsqu’elles ont été obligées de payer.

Quoi qu’il en soit, il est aisé de justifier qu’eudéduisant les charges à quoi elles sont tenues , leurrevenu ne monte pas présentement à plus de9„5oo liv., sans y comprendre deux fermes qu’ellesfont valoir par leurs mains, et qui coûtent autantque le produit qui en revient, à cause de la mau-vaise qualité des terres.

Sur celte gomme il faut qu’elles vivent, et ellessont encore quarante religieuses du chœur et qua-torze converses. 11 leur faut de plus nourrir et en-tretenir quantité de filles qu’elles sont obligées deprendre pour leur aider à faire les ouvrages né-cessaires de la maison. Comme elles sont la plu-part âgées et infirmes, elles ne peuvent plus guèrefaire autre chose que de vaquer à l’ottice du chœurqu’elles n’ont point encore interrompu , non plusque les veilles devant le Saint-Sacrement. Au lieuqu’autrefois les ecclésiastiques , les médecins, Clles autres personnes qui desservoient leur maison,bien loin de leur être a charge , leur payoientmême pension la plupart, il faut qu’elles paienLaujourd’hui tous ceux qui les servent. Il y a plusde cinq ans qu’elles n’ont chez elles ni médecinni chirurgien, se contentant d’envoyer chercherdu secours, ou à Paris , ou ailleurs, le plus rare-ment qu’elles peuvent, et dans leurs plus pressantesnécessités. Ajoutez à cela le grand nombre de bâ-timents et fermes qu’elles sont obligées d’entre*tenir, et ceux qu’elles ont été obligées de faireconstruire au dedans de leur maison, qui ne suf-fisoil pas pour loger un si grand nombre de reli-gieuses.

C’est à monseigneur l'archevêque à juger si ,étant chargées de tant de dépenses inévitables , onpeut retrancher sur un revenu si modique sans lesréduire à la dernière nécessité. Elles ont lieu d’es-pérer que, s’il n’est pas en état de leur faire lebien que sa charité vuudroit peut-être leur faire,du moins il ne voudra pas achever de les accabler :Arundinem quassaiam non confringet, et linum fu-migans non exslingaet, »

Ce mémoire produisit donc l’effet qu’on eu es-pèroit, ainsi qu’on l’a dit pins haut. Le roi ayant

chargé l'archevêque de nommer des commissairespour examiner les revenus des deux maisons , cescommissaires fout conjointement la visite, dressentleurs procès verbaux au mois de mars 1697, etles présentent à l’archevêque. Celui-ci fait son rap-port au roi, qui juge les prétentions des religieusesde Port-Royal de Paris mal fondées, et il n’y a au-cun égard. Les choses en restent là jusqu’en 1702.Elles font assigner au mois de juillet de celte an-née les religieuses de Port-Royal-des-Champs, augrand conseil, pour les obliger de leur remettretous leurs titres, papiers, etc., et à se contenterd’une pension viagère de deux cents livres ; maiselles sont encore déboulées de leur demande, etcondamnées aux dépens par arrêt rendu à l’au-dience du 22 février 1700. Ces moyens sont doncinsuffisants pour parvenir à la destruction de lamaison des champs ; mais on eu emploie d’autresqui réussissent, comme on le verra par lu suite.Reprenons notre récit à l’année 1702.

On s’avise à celte époque de proposer en Sor-bonne un cas do conscience, qui consiste ù savoir sil’ecclésiastique qui ne.croit pas à un fait contenudans une constitution apostolique peut, lors de souadhésion à cette constitution, faire une restrictionmentale, et si un silence respectueux sur le faitest 011e soumission suffisante. Quarante docteursdécident pour l'affirmative d’autre part on crieau jansénisme. Le cardinal de Noailtes exige queces docteurs se rétractent. On dispute de nou-veau , et la guerre recommence.

A l'instigation de Godet Drsniarais,évêque deChartres, le roi sollicite de Clément XI une bullequi prononce sur la suffisance ou l’insuffisance dusilence respectueux à l’égard des points de faitrenfermés dans les constitutions apostoliques.Le i 5 juillet 1705 , Clément XI donne sa bullecommençant par ces mots , Ft'neam Dominî Sa-baoth; mois, fidèle au système de la cour de Home,il se garde bien de distinguer les points de foi d’a-vec ceux qui ne sont que de lait, quoique celtedistinction lût le pivot sur lequel rouloieut, de-puis cinquante ans, ces querelles théoiogiques.

La bulle fut publiée en France , mais le pape nile» évêques n’en ordonnèrent la signature. Toute-fois le cardinal de Nouilles exige celle des reli-gieuses de Forl-Jloyal. Celles-ci se soumettent àl’ordre de leur archevêque, en ajoutant seulementcette réserve : « Sans déroger à ce qui s’est passé« à notre égard à la paix de l'Église sous Clé-• ment IX. • Cette clause déplut à la cour deFrance , mais ne fut point désapprouvée par cellede Rome , malgré touti-Ales intrigues qu’on y litjouer. ,

Au défaut des foudre» de l’Église , on recourutdonc, aux coups d’autorité. Kn avril 1706 , onsignifie aux religieuses uù arrêt du conseil portantdéfense de recevoir des novices, défense sous la-quelle ces religieuses gémissoient depuis vingt-sept ans, quoique jusque là elle 11’eût été que ver-bale.

Dans ce même mois meurt leur abbesse , Elisa-beth de Saint-Amie Foulard , qui avoit succédé àla mère Agnès de Sainte Thède Racine. Les reli-gieuses sollicitent vainement de leur archevêque