NOTICE
SUR QUELQUES ÉCRITS SORTIS DE PORT-ROYAL
ET SUR LEURS AUTEURS'".
Les Constitutions de Port-Royal sont de la mèreAgnès 18 '’, excepté l’institution des.noviceB, quiéloit de la sœur Gertrude' 52 . M. de Pontcbâteau’ 83les ût imprimer en Flandre.
Les deux volumes de Traite de piété 184 sont deM. Ilanion 1SS , excepté le Traité de la charité, quiest à la tête du premier 'volume. M. Fontaine 186prit soin de l’impression de ce premier volume , etM. Nicole du second , qui est beaucoup plus exact.
La Religieuse parfaite 187 a été recueillie par lasœur Euphémie 1SS , sous la mère Agnès, lorsquecelle-ci éloit maîtresse des novices. M. Nicole a Faittoutes les préfaces des Apologies des religieusesde Port-Royal, et, de plus, en commun la pre-mière et la deuxième partie. M. Arnauld a fait latroisième, c’est-à-dire les lettres de M. d’Angers,et toute la quatrième , hormis les deux chapitresoù est l’histoire de Théodoret 1S9 , etc.
M. Nicole a fait les trois volumes de la Perpé-tuité , hormis un chapitre dans la première partie,qu’v fourra M. Arnauld , et qui donna le plus depeine à défendre. M. Arnauld ne lut pas même ledeuxième volume : il éloit occupé alors à faire desmémoires pour des évêques.
M. d’AIelli 180 lui demanda un Rituel; maisM. Arnauld n'étant pas assez préparé sur cettematière , 31. Nicole persuada à M. d’Àleth des’adresser à M. de Sainl-Cyran ,fll , et de lui écrirepour cela une lettre pleine d'estime. M. de Saint-Cyran prit cette lettre pour une vocation , et lit lelivre. M. Arnauld le revit avec M. Nicole, etadoucit plusieurs choses qui auroient paru exces-sives : entre autres 31. de Saint Cyran avoit écritun peu librement sur l’abstinence de la viandependant le carême, et prétendait que l’Eglise nepouvoit pas faire dos règles qui obligeassent souspeine de péché moitel.
Le Nouveau-Testament de Mon» a été l’ou-vrage de cinq personnes : M. de Sacy, 31. Àr-nauld, M. Le Maistre, M. Nicole et M. le duc deLuyues. 31. de Sacy fuisoit le canevas, et ne lereportoit presque jamais tel qu’il l’avoit fait : maisil avoit lui-même la principale part aux change-ments, étant assez fertile en expressions. M. Ar-nauld éloit celui qui délenninoît presque toujoursle sens. M. Nicole avoit devant lui saint Chryso-stome et Bèze, ce dernier afin de l’éviter : ce qu’ona fait tout le plus qu’on a pu. M. de Sacy a fait lespréfaces , aidé par des vues et par des avis que luiavoient donnés 3L Arnauld et M. Nicole.
Depuis peu , quelqu’un a fait des remarques surcette traduction, et M. Arnauld en a pris ce qu’ilcroyoit le meilleur, ce qu’il a toujours l'ait trèsvolontiers. M. de Sacy éloit moins souple : témoin
sa roideur sur les remarques du P. Bouhours,dont il n’a ja mais voulu siivre aucune. M- Nicoleau contraire, a profilé , dans ses Essais de morale,de celles qui lui ont paru bonnes.
Il u’a plus osé écrire contre 31. Jurieu, depuisqu’il a vu-BI. de Meaux aux mains avec lui 192 , nevoulant, pas donner d’ombrage à ce pi élat. 3t. deSacy n’avoit de déférence au monde que pourM. Sînglin 19S , homme en effet merveilleux pourle droit sens et le bon esprit. Celui-ci avoit degrands égards pour M. de Saint-Cyran-Barcos, quiétoit son directeur, homine»pur dans sa vie, etd’un grand savoir , mais qui avoit souvent des opi-nions très particulières, et toujours très attaché àses opinions.
Un jour entre autres, il vouloit opiniâtrementque, pour défendre Jausénius , on avançât quecet auteur ayant suivi pied à pied saint Augu-stin. et n’étant que l'hislorien de sa doctrine,il lui avoit été impossible de s’en écarter. 31. Ar-nauld fit un écrit où il renversait entièrement cetteopinion, c’est-à-dire montrant que cette défenseauroil été tournée en ridicule , n’étant pas impos-sible que Jansénius n’eût pris un senspour l’autre,et ne se fût trompé, commeleprélendoientlepapeet les évêques. M. de Saim-Gyran fit une réponse ,où il traitoit ces démonstrations de simples diffi-cultés , qui ne dévoient pas empêcher qu’on nese soumit à son avis. M. Pascal leva l’embarras : ilprit le 31émoire de 31. de Saint-Cyran , alla trouverM. Singlin, et lui dit que jamais il ne rendroit ceMémoire , qu’il traita de ridicule.
M. Pascal étoit respecté pareequ’il parloit forte-ment, et 31. Singlin se rendoit dès qu’on lui par-ioit avec force.
La mère Angélique de Saint-Jean 184 faisoît, enquelque sorte, sa cour à M. Pascal, et vouloit seservir de lui pour mettre de la division entre 31. Ar-nauld et 31. Nicole : car, ni elle, ni beaucoupd’antres, ne pouvoicnl souffrir cette liaison , nique 31. Nicole gouvernât 31. Arnauld.
ïls furent tous deux cachés pendant cinq ans àl’Iiôtcl de Longueville, et, excepté les six premiersmois, y vécurenttoujoursà leurs dépens. 3fadamede Longueville étoit alors occupée de ses reslitu.lions 1 ®*, et peut être n’eût pas été bien aise decelte nouvelle dépense. Ils i’entretenoient tous lesjours dés cinq ou six heures. 31. Arnauld s’endor-moit souvent, après avoir roulé ses jarretières de-vant elle : ce qui la faisoit un peu souffrir. M. Ni-cole étoit le plus poli des deux , et étoit plus à songoût. 3Iadame de Longueville se dégoûtoit fort ai-sément ; et, d’une grande envie de voir les gens,passoit tout-à-coup à une fortgraude peine de lesvoir.