DE PORT-ROYAL. 5og
209 Frauçois GueIphe,dont il sera parlé dans leslettres.
210 Anne-Marie de Sainte-Eusioquie de Flécel-les de Brégy, morte en 1684, à l’âge de cinquante
et un ans. Elle étoit fille de. cette comicsse deBrégyqui s’étoit lait connoître dans les lettres par quel-ques poésies, et qui étoit nicce du savant ClaudeSaumaisc.
ÉPITAPHE
DE C. F. DE BRETAGNE, DEMOISELLE DE VERTU S.
Ici repose Catherine-Françoise de Bretagne,demoiselle de Vertus. Elle passa sa plus tendre, jeunesse dans le désir de se donner à Dieu , pra-tiquant dès lora avec un goût particulier la règlede saint Benoît dans un monastère. Mais, engagée1 dans le monde par ses parents, les flatteries desgens du siècle, et cette estime dangereuse que luiatliroient les grâces de sa personne et les agré-ments de son esprit, l’emportèrent bientôt sur sespremiers sentiments, dont elle ne laissoit pas d’êtretoujours combattue. Pour surcroît de malheur, setrouvant mêlée fort avant dans les cabales qui: divisoient alors la cour, elle prit, hélas! trop de
; part aux plaisirs et aux intrigues que daus son; âme clic condainnoit. Mais Dieu , qui ne vouloilpas qu’elle périt, jeta une amertume salutaire] sur ses vaines occupations, et permit que , rebu-tée de leur mauvais succès, elle en connût mieuxle néant, et qu’elle lui rendît tout son cœur. Ellecul le bonheur, dans les premiers temps de saconversion, de fortifier, par son exemple et parses conseils, la duchesse de Longueville dans ledessein qu’elle forma aussi de se convertir, etfut l’ange visible dont Dieu se servit pour aider àcelte princesse à trouver la voie étroite du salut.Catherine, malgré ses continuelles infirmités,j affligeoit son corps par des austérités continuelles ,i goûloit une paix profonde et une solitude inté-
rieure au milieu des troubles et des orages dontelle voyoit avec douleur l’Église agitée, veillantsans cesse à tous les besoins de cette épouse deJ.-C. et de ses membres, surtout de ceux quisouflVoient pour la défense des vérités chrétien-nes, elle fut rendue digne, par celte charité sicompatissante , de contribuer à la paix qui calmapour un temps louics ces tempêtes. Alors, per-suadée qu’elle n’avoit plus autre chose à faireque de consommer sa pénitence, elle se re-tira dans celte maison -, dont elle embrassa toutesles pratiques, et où ses violentes maladies, quirattachèrent au lit pendant les onze dernièresannées de sa vie, l’ciupêchèrent seules de faireprofession. Mais elles n’empêchèrent pas sa régu-larité à réciter tous les jours l’office aux mêmesheures de la communauté , sou attention aux né-cessités du prochain , sa charité pour toutes lessœurs, et surtout son attention à Dieu dans uneadoration perpétuelle au milieu de tous ses maux,qu’elle souffrit avec une extrême humilité , et avecune patience incroyable. Enfin , âgée de soixante-quatorze ans, après avoir laissé ce qui lui resloitde biens aux pauvres, et vécu en pauvre elle-même , elle rendit son âme à Dieu , munie de tousLes sacrements des moulants , au milieu de toutesles sœurs, le..... 5 .
NOTES.
1 Mademoiselle de Vertus, descendue des an-ciens du es de Bretagne , jetée par les circonstancesdans les intrigues de la fronde et dans les plaisirsde la cour, fut un rare exemple du pouvoir de lareligion. Moins fameuse que la duchesse de Lon- j
guevillci elle eut un caractère plus ferme et desvertus plus solides. Geoffroy.
2 Port-Royal. A. Martin.
5 Le ai novembre 1C92. A. Maktis.