HISTORIQUES.
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pour ainsi dire par pièces: le» arsenaux et lesmagasins entièrement dégarnis, etc.
BOJ'S MOTS DU ROI 13.
Le ronce lui dit que si le doge de Gênes etquatre des priucipaux sénateurs venoient, la ré-publique derueureroi t sans chef pour la gouverner;il répondit: • Il n'est pas mal à propos qifils les
* envoient ici pour apprendre à gouverner mieux« qu'ils ne font. *
L’évêque de Metz 14 , revenant, disoitil, d’unséminaire où il avoit demeuré dix jours, parloitavec exagération du désintéressement de tous cesecclésiastiques, qui ne faisoienl aucun cas ni debénéfices, ni de richesses, et s’en moquoientmême ; le roi dit : «Ils s’en moquent J vous vous« moquez donc bien d'eux ? »
L’archevêque d’Krnbrun 13 louoit fort, au lever,la harangue de l’abbé Colbert. Le roi dit à M. deMauleviicr : « Promeltez-moi de ne pas dire un« mot à il. Colbert de tout ce que va dire l’arche-« vêque d’Embrun ; • et ensuite il dit à l’archcvù-que : « Commuez tant qu’il vous plaira. »
Lorsque le chevalier de Lorraiue fut obligé unjour de se retirer, il dit au roi, en prenant congéde lui, qu’il ne vouloit plus songer qu’à son salut.Quand il fut sorti, le roi dit : « Le chevalier songe
* à faire une retraite, et emmène avec lui le pète« Nantouillet 1 s . »
Quand je lui eus récité mon discours , il me ditdevant tout le monde : » Je vous louerois davan-
< tage , si vous ne me louiez pas tant. >
Eu donnant l'agrément et la dispense d’âge àSI. Chopin’ 7 pour la charge de lieutenant-crimi-nel, le roi lui dit : i Je i uus exhorte à suivre plutôt«les maximes de vos aucêtres que les exemples
* de vos prédécesseurs. »
PATIENCE DU ROI.
Le roi se nettoyoit les pieds ; un valet de cham-bre qui tettoil la bougie lui laissa tomber sur lepied de la cire toute brûlante ; il dit froidement :
< Tu aurois aussi bien fait de la laisser tomber à» terre. >
A un autre valet de chambre , qui, en hiver ,apporta la chemise toute froide, il dit encore,sans gronder : « Tu me la douneras brûlante à la« canicule. »
Un portier du parc , qui avoit été averti que leroi devoit sortir par la porte où il étoit, ne s’ytrouva pas , et se lit long temps chercher. Commeil venoit tout en courant, c’étoit à qui le gron-deroit et lui diroit des injures ; le roi dit : « Pour-• quoi le grondez-vous ? Croyez-vous qu’il ne soiti pas assez affligé de m’avoir fait attendre ? •
ANECDOTES.
Le parlement complimenta, par députés, leroi Henri IV sur la mort de madame Gabriellc.Le premier président de Harlay, rendant compte
de sa députation , dit : Laqueus contritus est, etnos (iberati aumusi*.
Plusieurs choses extravagantes trouvées après lamort de Mrzerai dans son inventaire; entre au-tres , dans un sac de mille francs , ce billet :
« C’est ici le dernier argent que j’ai reçu du roi:
» aussi depuis ce temps-là n'ai-je jamais dit du« bien de lui 1 *. ■
Dans un sac d’écus d’or il y avoit un ècu d’orenveloppé seul dans un papier, où étoit écrit:
• Cet ècu d’or est du bon roi Louis XTl ; et je
• l’ai gardé pour louer une place d'où je puisse«voir pendre le plus fameux linancier de notre«siècle. > On lui trouva plus de cinquante millefrancs en argent, derrière des livres et de touscôtés. 11 lit un cabaretier de La Chapelle 20 sonlégataire universel.
M. Feuillet 2 ’ regardait Monsieur faire collationen carême. Monsieur, en sortant de table, luimontra un petit biscuit qu’il prit encore sur latable, en disant : « Cela n’est pas rompre le jeûne,
« n’cst-il pas vrai 'i j Feuillet lui répondit :« Man-« gez un veau , et soyez chrétien. »
Dr» officier espagnol', à qui Beauregard avoitdemandé quartier quand on fut repoussé de l’ou-vrage à cornes de Mous, non seulement le luidonna , mais le défendit i’épée à la main contredes Biaudeliomgeois qui Je vouloicnt tuer , se fitblesser lui , et l’ayant conduit dans la ville , mitune garde devant la maison. Cet officier sortit deMous dans une litière, à cause du coup qu’il avoitreçu dans cette dispute.
Le comte de La Motte , lieutenant-général, nevoulut jamais quitter le service de M. le Prince ;et quand M. de Louvoislui lit entendre, pour ledébaucher, qu’il pourroit même dans la suite êtremaréchal de France, il fit réponse «que d’être à«M. le Prince , ce n’est pas un titre pour êtreh maréchal de France. »
Au siège de Cambrai, Vauban n’étoit pas d’avisqu’on attaquât la demi-lune de la citadelle avantqu’il eût bien assuré cette attaque. Du Metz 72 ,brave homme , mais chaud et emporté , persuadaau roi de ne pas différer davantage. Ce fut danscette contestation que Vauban dit au roi :« Vous» perdrez peut-être à cette attaque tel homme qui«vaut mieux que la place. » Du Metz l'emporta,la demi-lune fut attaquée etpiise: mais les en ne.xnisyéLant revenus avec un feu épouvantable,ils la reprirent, et le roi y perdit plus de quatrecents hommes et quarante officiers. Vauban, deuxjours après, l’attaqua dans les formes, et s’enrendit maître , sans y perdre que trois hommes.Le roi lui promit qu’une autre fois il le Jaisseroitfaire.
C’éloit M. d’Espenau 23 que M. le Prince etJ1 de Turenne firent gouverneur de Philishourg ,et qui, dans le temps même qu’ils lui déclaraientqu’ils Envoient choisi pour cela , et qu’ils lui re-couiroandnienl de bien faire son devoir , les in-terrompoit pour aller chasser une chèvre quiniangeoit du chou sur un bastion.
En Hongrie, Coligni écrivait eu cour tous lesjeudis , et donnait scs lettres au courrier ordinairede l’armée pour les porter à Vienne. La Fenillade