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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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5i8 FRAGMENTS

écrîvoit loua les samedis, et les faisoit porler parun homme exprès : il feignoit de prévoir tout ceque les Turcs avoient fait depuis Je jeudi jusquausamedi.

On prétend que M. de Lauxun avoit une ex-trême passion d'avoir le régiment des gardes ,mais quà cause du maréchal de Gramont il eûttien voulu que le roi len eût pressé. On dit doncquil en parla à madame de Montes-pan, et quen-suite il se cacha pour voir comme elle en parlcroitau roi ; quayant vu quelle sétoit moquée de lui,il lui chanta pouille et la menaça.

Le roi reconnut, dans le régiment de Haute-feuille, un passe-volant qui ètoit valet de chambrede M. de Hantefeuille. Il le reconnut à ses sou-liers , que son maître avoit portés.

Le nonce Roberti disoit : Bisogria infarinarsi diteologia, e farsi un fonda di politica 24 .

Le même nonce disoit à JI. l'abbé Le Tuilier,depuis archevêque de Reims, qui lui souienoitlautorité du concile au-dessus du pape : « Ou

* nayez quun bénéfice , ou croyez à lautorité du

* pape 25 .,

M. larchevêque de Reims répondit à lévêquedAutun 28 , qui lui montioit un beau buffet dar-gent en lui disant quil èloit pour les pauvres:

* Vous pouviez leur en épargner la façon. >

Quand il fut coadjuteur, sous le titre de Na-

zianze, les révérends pères... lui vinrent deman-der sa protection ; il leur dit : « Je nai point de

* pouvoir à Reims-, mais à Na-zianze, tant que vousi voudrez. 1

On dit quà Strasbourg, quand le roi y fit sonentrée, les députés des Suisses létant venus voir,larchevêque de Reims, qui vit parmi eux l'évêquede Bâle , dit à son voisin : « Cest quelque miséra-«ble apparemment que cet évêque? Comment!

« lui dit lautre , il a cent mille livres de rente.

Olr, oh ! dit larchevêque, cest donc un honnête« homme ! « El il lui fit mille caresse».

Milord Roussel, qui a eu depuis peu le coucoupé à Londres, en montant à l'échafaud donnasa montre au ministre qui lexhorloii à la mort:

« Tenez, dit il, voilà qui sert à marquer le temps,

* je vais compter par léternité. » Ce ministre èloitJI. Buruel.

Dikfcld a avoué à un Danois, nommé M. Schell,que ce Gvandvul qui fut exécuté en Hollande pouravoir voulu assassiner le prince dürange, avoildéclaré en mourant que jamais le roi de Francejiavoit eu connoissariee de son dessein : et que sé-tant même voulu adresser à Jl. de Lo'uvois, celui-cilui dit que si le roi savoit quil eût une pareillepensée , il le feroit penche.

En j 667, on effaça toutes les couleuvres ou ser-pents des ornements qui étoienl au Louvre.

En 1672, le roi voulut que messieurs de Jîaltesedéclarassent aussi contre les IJollandois; ils direntquils ne se déclaroienl jamais que contre le Turc.Néanmoins, lambassadeur demandoit quon lescomprît dans le traité qu'on pensa faire à LTrecht.

Alexandre "VIII, nétant encore que monsignorOttobon, et ayant grande envie d'être cardinalsans quil lui en coûtât rien , avoit un jardin présduquclla doua Olympia - 7 venoit souvent. Il avoit

à la cour de cette dame.un ami, par le moyen du-quel il obtint d'elle quelle viendroit un jour fairecollation dans son jardin. Il lattendit eu effet avecune collation fort propre, et un très beau buffettout aux armes dOlympia. Elle s'aperçut bientôtde la chose, et compta déjà que le buffet étoit àelle: car céloit la mode de lui envoyer des fleursou des fruits dans des bassins de vermeil doré,qui lui demeuroient aussi. Au sortir de chez Otto-bon, l'ami commun dit à ce prélat quOlyuapiaétoit charmée, et quelle avoit bien compris ledessein galant d'Oltobon. Celui-ci mena son amidans son cabinet , et lui montra un très beau tilde perles, en disant : Ceci ira encore avec ta cre-deme, cest-à-dire avec le buffet. Quinze joursaprès il y eut une promotion dans laquelle Olto-bon lût nommé; et il renvoya le fil de perles chezlorfèvre, avec la vaisselle, d il fit ôter lesarmesd Olympia.

Jl. Pignatclli 2S , maintenant pape, au retour desa nonciature de Pologne, nétoit guère mieuxinstruit des affaires de ce pays que sil neût ja-mais sorti de Rome. Un jour quon parloit du siègede Belgrade, le pape Innocent X , qui avoi [ fort àcœur la guerre du Turc, dit à M. Pignatt-Ili qu'ilvînt r.iprès-dînî-e lenlrelenir sur le siège et la si-tuation de Belgrade. Le bon prélat, fort embar-rassé , se confia à un capitaine suisse de lu gardedu pape , qui avoi l servi quelques années en Hon-grie. Ce capitaine lit ce quil put pour lui fairecomprendre la situation de cette place ; et lui ou-vrant les deux doigts de la main , lui disoit : EccovitaSava, ecro il Davubio ; et dans la fourche des deuxdoigts, ecco Beigrada. Pignatelli seu alla à l'au-dience, tenant ses deux doigts ouverts, et répétantlu leçon du Suisse; ruais, sur le point dentrer, iloublia lequel de ses deux doigts éloit la Save ou leDanube, et revint au Suisse lui redemander laposition de ces deux rivières. Du reste, homme degrande piété , et aimant lEglise.

Jl. le cardinal de Bouillon na point marié JI. deBourbon, pareequil préiendoil se mettre à table àdîner avec JIM. les princes du sang. On envoya auplus vite quérir M. lévêque dOrléans.

TAILLES.

En i65S, cinquante-six millions.

En 1678, quarante millions.

En 1679, trente-quatre millions.

En 1G80, trente-deux millions.

En x68 j , trente-cinq millions.

En iô85, trente-deux millions.

DEFENSES EXTRAORDINAIRES.

Depuis lannée 1689 jusquau 10 octobre 1693,on a fait pour quatre cent soixante-dix millionsdaffaires extraordinaires- Le clergé, entre antres,dans ces quatre années, a donné soixante-cinqmillions.

Le roi avoit celte année près de cent mille che-vaux et quatre cent cinquante mille hommes de