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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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HISTORIQUES. S19

pied : c’ctoit quarante mille chevaux de plus qu'ilu’avoit dans la guerre de Hollande.

M. de Feuquières avoit parlé tout l'hiver àM. de Pomponne de l'avantage qu’on trouveroit àporter le fort de la guerre en Allemagne : lors-qu’on fut arrivé au Quesnoi, et qu’on sut la prisede Heidelberg , ces discours furent remis sur le ta-pis. Le roi demanda à Chamlai un mémoire où ilexpliquât les raisons pour la Flandre et pour l’Al-lemagne. Chamlai a avoué qu’il appuya un peutrop pour l'Allemagne. Ainsi oii résolut dès lorsde pousser de cc côté-là; et le détachement deMonseigneur fut résolu. On espéroit en quelquesnégociations aven les princes d’Allemagne. Le roiapprit celte résolution à M. de Luxembourg, prèsde Mons.

M. le maréchal de Lorgesdit qu'il avoit proposétout l’hiver le siège de Mayence, l’estimant beau-coup plus important et plus aisé même que celuide Heidelberg.

II prétend aussi que Monseigneur lui ayant de-mandé . en arrivant au-delà du Rhin , cc qu’il yavoit à faire, il lui répondit qu’il falloil faire ceque César avoit fait en Espagne contre les lieute-nants de Pompée; c’est-à-dire faire périr l’arméede M. de Bade, en lui coupant les vivres elles four-rages. M. de Boufflers fut de son avis. M. de Cboi-srul dit : Cela me passe. La chose auroit pourtantpu être exécutée, mais les nouvelles d’Italie firentprendre d’autres résolutions. Il assure que les pri-sonniers ont dit que si ou eût pris le parti de blo-quer M. de Bade dans Hailbrun, ce général avoitrésolu de commencer par égorger tous les chevauxde son armée.

CATHERINE DE MEDICIS.

Catherine de Médicis étoit fille de Laurent deMédieis , duc d’Urbin , Pt de Magdeleine de LaTour, de la maison de Boulogne. Le pape Clé-ment VTI, son oncle, la dota, en la mariant, d’unesomme de cent mille ùcus comptant; et Magde-leine de La Tour déclara dans le contrat de ma-riage qu’elle lui donnoil et snbsfituoit son droit desuccession aux comtés d’Auvergne et de Laura-gunis, baronnie de La Tour, et autres terres pos-sédées alors par Anne de fia Tnnr, sa sœur aînée ,laquelle n’avoit point dVnfanls.

En effet, après la mort d’Anne de La Tour, Ca-therine, comme unique héritière de la maison deBoulogne, entra en possession de toutes ces terres,en l’année 155;). Le roi Henri II , son mari , étantmort, le duché de Valois lui fut assigné. En i 582,elle détacha de ce duché la ferre de la Ferlé- Mi-lon, et Rengagea à madame de Sauve, depuis mar-quise de Pfoirmoutier , pour une somme de dixmille écus d’or , que la reine Catherine lui avoitaccordée pour récompense de services. Le roiHenri III, son fils, continua depuis et la donationet l’engagement. Catherine mourut en i58|}, et leroi Henri III lui survécut de huit ou neuf mois.Ainsi ce prince a été ou a dû être son héritier. Ilest vrai que Catherine fît don, par son testament,des comtés d’Auvergne et de Lauraguais à feu

M. le duc d’Angoulême, qui en prit même alorsle nom de comte d’Auvergne. Mais, en i6ufi , lafameuse reine Marguerite, restée seule des enfants,fil déclarer ce testament nul : et, en vertu de ladonation par forme de substitution stipulée dansJe contrat de mariage de Catherine, se lit adjugerparle parlement de Paris toutes Jes terres que htreine sa mère avoit possédées , et aussitôt en fitprésent au dauphin, qui depuis a été Louis XIII,père de sa majesté ; de telle façon que ces comtéset celte baronnie ont été réunis à la couronne.

PIERRE DE MARCA.

Il fut nourri de lait de chèvre les quatre premiersmois. 11 se maria, eut plusieurs enfants, et demeuraveuf eu i 632. Il étoit alors conseiller au conseilde Pan , et lorsqu’en iG4o Louis XIII érigea ceconseil en parlement, il lit Maroa président.

On disoit que le ca rdinal de Richelieu , dans ledessein de se faire patriarche en France , avoit faitfaire par M. Jüupuy le livre des Libertés de l’E-glise gallicane. Il parut un livre intitulé OptatasGatlus, contre le livre de M. Dupuy. Marra ré-pondit à ce livre par ordre du cardinal , et ce futle sujet qui lui fil faire son lirre De concordia sa-cerdotii et imperii , l’an 1641- L ;i même année leroi le nomma à l’évêché de Couserans. On lui re-fusa assez long-temps ses bulles , à cause de ce li-vre, dont plusieurs endroits avnienl choqué lacour de Rome. Après la mort d’Urbain VIII , Innocent X fit encore examiner cc livre , et appoi toitbien des longueurs aux bulles de Marca, qui en celemps-là même fit un écrit pour expliquer son des-sein sur la publication du livre De concordia , etc.,le soumettre à l’autorité et à la censure du saint-siège, cl prouver que les rois étoient les défenseurs,et non pas les auteurs des canons : que les libertésde l’Églîse gallicane consistaient dans la pratiquedes canons et des décrétales , et beaucoup d’autreschoses peu avantageuses aux rnis. Il envoya ce der-nier livre à Innocent X , avec une lettre où il dés-avouoit beaucoup de choses qu’il avoit avancéesdans le premier, demandoit pardon des fautes oùil étoit tombé , et déclaroit qu’à l'avenir il soutien-droit de toute sa force les droits de l’Église : toutcela, comme il l’avouoit lui-même dans une au-tre- lettre, pour avoir ses bulles, qu’il eut en 1647.Il n’éloit que tonsuré; il se fit ordonner prêtreaprès avoir reçu ses bulles à Barcclonne , où au-trefois saint Paulin fut ordonné prêtre, mais mal-gré lui.

Peu de temps après, il écrivit De singutarl pri •maiu Pétri, pour faire plaisir à Innocent X, cn«suite une leltrc sur l’autorité des papes envers lesconciles généraux.

En 1644 , il avoit été fait visiteur général de laCatalogne, avec une juridiction sur les troupes,et avec le soin des finances. En 1 G5i, il partit deBarcelonnc , et fit son entrée à Couserans. L’annéed’après , il fut nommé à l’archevêché de Toulouse.Il écrivit fort humblement à Innocent X pour avoirses bulles , et se compnroit à un Exupère , quiayant été, disoit-il, président en Espagne, fut élevé