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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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PRÉCIS

ïlollanrlois vaincus et détruits, et quelques moisaprès fit son traité avec eux.

Jamais la Fiance ne se vit à la lois tant den-nemis sur les bras 12 « Les Allemands la regardoientdéjà comme un butin quils aîloicnl partager entreeux. O il crut que le roi se tierulvoit sur la défen-sive; et les étrangers lestimoient assez heureuxsil pouvoifsauver ses frontières de linondationqui les inenaroit.

Cependant il méditoit eu ce temps même laconquête de la Fianehe-Comté. 11 séloit déjà em-palé une lois de celle province au milieu des gla-ces , des neiges et des rigueurs de lbiyer, avec unevitesse qui surprit toute lEurope, liais comme ilne, lavoit conquise que pour forcer ses ennemis àaccepter les conditions quil leur 0 IT 1 oit, il la leuravoit rendue par le traité d'Aix-la-Chapelle. LesEspagnols, devenus sages par l'expérience dupassé , avoienl tout de nouveau fait fortifier leursplaces, cl pens ient les avoir mises en état de neplus redouter une pareille insulte.

Surtout Besançon passoil alors pour une desmeilleures places du inonde; et la citadelle, bâtiesur un roc inaccessible, sembloit navoir rien àcraindre que la surprise et la trahison. Lélite deleurs troupes éloîl : le prince de Vaudemontsv étoit jeté avec plusieurs oifiviers , résolus de sedéfendre jusquaux dernières extrémités. La sai-son sembloit conspirer avec eux. Le roi ayant as-siégé cette ville , lo temps se rendit insupportable.La rivière du Doubs, qui passe au pied des rem-parts, devint extrêmement grosse et rapide, et ilfit de si grandes pluies , que , dans la tranchée etdans le camp , les soldats étoient dans leau jus-quaux genoux. J1 ny a point de troupes qui ne sefussent rebutées : à peine les soldats pouvoient il»porter leurs armes. Le roi «voit soin que largentne leur fût point épargné: mais ils ne deman-doienl que du soleil. Enfin . lexemple du roi, quisexposoit à tous les périls et essuyoit toutes lesfatigues, leur lit vaincre ces obstacles.

La ville fut obligée de sc rendre , et la garnisonse renferma dans Ja citadelle. On nen pouvoilapprocher quen sc rendant maître du fort Saint-Étienne. Ce fort étoit comme une autre citadelle ;on ne pouvoit laborder quà découvert et avecdes dillicultés incroyables. Une poignée de Fran-çois entreprend de 1 emporter en plein midi; ilsgrimpent sur le roc en se douuanf la inaîu les unsaux autres; ils rompent ou arrachent les palissa-des : les ennemis prennent lépouvante, et cèdentplutôt à l'audace quà ta force. Le roi avoil si bienfait placer son artillerie, qu'elle balloit en ruinela citadelle et le fort. Il la fit tourner alors contrela citadelle seule : lcll'et du canon fut si prodi-gieux , quen peu de temps une partie du roc enfut brisée : 1rs éclats en voloienl avec tant de vio-lence , que les assiégés n'osoient paroîlre sur lesremparts , et ne pouvoient même , dans lo place,trouver un lieu pour sen garantir : tellementquau bout de deux jours ils furent contraints decapituler : et celte forteresse imprenable lut prisesans quil en coûtât un seul homme aux François.

Dole, Salins et toutes les autres villes de laprovince, furent attaquées avec le même succès ,

quoique larmée du roi fut si fort diminuée par lesdétachements quil avoit été obligé de faire , queles assiégés étoient bien souvent, en nombre ,égaux aux assiégeants.

Voilà doue le roi encore une fois maître de laFranche-Comté , et pour comble de gloire il reçutla nouvelle que le vicomte de Tuicnne avoil battules ennemis à Sintzheim.

Cependant le comte de Souches, à la tête, destroupes de lempereur , avoit joint en Flandre leprince dOrange et le» Espagnols. Ces trois arméesfaisoient ensemble un corps de soixante millehommes, qui ne se promeiloil pas moins que deconquérir la Picardie et la Champagne; mais ilfailoil auparavant vaincre le prince de Coudé,qui commando!; l'armée de France. Ce princeayant grossi ses troupes des garnisons de plusieursplaces de Hollande, que le maréchal de Beliefond.par ordre du roi, avoit fait raser, vint se campervis-à-vis des ennemis proche le village de Senef 1et,sélanl posé avantageusement, les fatigua detelle sorte quil les obligea de décamper. On nefait poiut impunément une fausse démarche enprésence dun tel capitaine : à peine ils coinmen-çoient à marcher, quil fond sur leur arrière-garde et la taille eu pièces. Il poursuit sa victoire ;et céloit l'ait de leur nombreuse armée sans uneravine le comte do Souches plaça dos troupeset fit mettre en diligence du canon. Par celte pré-voyance, il rnit scs soldais en clat dcnti etenir locombat jusqu'à la nuit, qui étoit pioche. Alors ilsse lelirérent à grande hâte, laissant les Françoismaîtres du champ de bataille, de tout le bagage,et dun fort grand nombre de prisonniers.

Les ennemis , honteux de celte déroute , la vou-loient faire oublier par quelque entreprise plusheureuse. Ils vont devant Oudenardc, et mènentun grand nombre de travailleurs pour presser lesiège : ils ne pensoiont pas que le prince île Coudépût arriver à temps pour la secourir ; mois il yfut presque.aussitôt queux; et tout ce quils pu-rent faire, ce fut de se retirer fort vile à la faveurdun brouillard, auquel ce jour ils furent rede-vables de leur salut. Ainsi tous ces beaux projetsde conquérir la Picardie et la Champagne sen allè-rent en fumée, et ces trois grandes puissances,jointes ensemble, purent à peine résistera unepartie des forces du roi.

La division se mit parmi les généraux; ils seséparèrent; et le prince dOrange, avec le restede ses troupes, seti alla devant Grave pour hâterla prise de cette ville , que les Hollamlois assié-geoieut depuis trois mois avt-c une lenteur et uneinfortune qui les exposoient à la risée de toutelEurope. Ils ne faisoient point de travaux qui nefussent ruinés un moment après , point dattaques ils ne fussent repoussés. Les chose» vinrent àtel point, que les assiégeants élotenl devenus lesassiégés. La [ lace étoit pleine de déserteurs quine se croyoient pas en sûreté dans leur camp, etséloienl réfugiés dans la ville : ils dernanduienttous les jours des suspensions darmes pour avoirla liberté denterrer leurs morts.

Le prince dOrange étant donc arrivé , crut àson abord que tout alloit changer de face : il eut