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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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DU SIÈGE DE NAMUR.

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une extrême diligence, alla se poster, la droite àSombrelT, et la gauche proche de Marbais, sur lagrande chaussée.

Celte démarche, qui le incitait en état de pas-ser eu un jour la Sambre pour tomber sur le campdu roi, auvoil pu donner de l’inquiétude à un gé-néral moins vigilant et moins expérimenté. Maiscomme il avoit pensé de bonne heure à tous lesmouvements que les ennemis pourroîenl fairepour l’inquiéter, il ne les vit pas plus lût la têtetournée vers Sombreif, qu’il envoya le marqjRisde Bonifier? avec un cor ps de troupes dans le paysd’entre Sombre et Meuse : et après avoir Cuit ve-connoîire les plaines de Saint-Géiard et de Fosse,qui éloient les seuls chemins par où ils auroientpu venir a lui , il ordonna à ce marquis de se sai-sir du poste d’Auvelov, sur la Sarnhre. Tl lit enmeme temps jeter un pont sur celle rivière , entrel’abbaye de Floreff et Jemeppe , vers l’embou-chure du rdisseau d’Atirenaull, où la gauche dumaréchal de Luxembourg éloit appuyée. Parcemoyen , il meltoit ce général en étal de passer ai-sément la Sainbre, dès que les ennemis vondroiententreprendre la même chose du côté de Charleroiet de Farsiennes. La seule chose qui éloit à crain-dre, c’est que le corps de troupes qu’il «voit donnéau marquis de Bouillent ne fût pas sullisanl pourdisputer aux ennemis le passage de Sainbre, etque, s’ils le tenloienl si ptès de lui, on n’eût pasle temps de faire passer d’autres troupes pour lesoutenir.

Pour obvier à ce.t inconvénient, le maréchaleut ordre de lui envoyer son corps de réserve ,qui fut suivi, peu de temps après, dps brigadesd'infanterie de Champagne et de Bourhonnois ,cl eniin de l’aile droite de sa seconde ligne , com-mandée par Je duc de Vendôme. Toutes ces trou-pes furent postées sur le bord de la Sambre,proche des pouls de bateaux, à poitée, ou depasser en très peu de temps dans les plaines de

osse et de Saint Gérard, ou de repasser à l'arméedu maréchal, selon le parti que prcndroient lesennemis.

Pendant ces différents mouvements des armées,les attaques du château de Numur sc conlimioientavec toute la diligence que les pluies pouvoientpermettre, les troupes ne témoignant pas moinsde patience que de valeur. Depuis le seizième dejuin, les assiégé? se Irouvoient extrêmement res-serrés dans le Fort-Neuf, où ils conmienqoientmême d’être enveloppés. Le matin du dix-sep-tieuie, ils firent une sortie de quatre cents hommesde troupes espagnoles cl du Brandebouig sur l'at-taque gauche, et y causèrent quelque désordre.Mais les Suisses, qui y étoient de garde , les re-poussèrent aussitôt, cl rétablirent en très peu detemps le travail. 11 y eut quarante ou cinquantehuimnes tué» de part et d’autre.

Le dix-huitième et le dix-neuvième, les com-munications du Fort-Neuf avec le château furentpresque entièrement ôlces aux assiégés, et leurartillerie rendue inutile; et enfin le vingtième,tontes les communications des tranchées étantachevées , on se vit eu état d’attaquer tout à la foi?et le fort et le château. Mais comme vraisembla-

blement on y onroit perdu beaucoup de monde,le roi voulut que les choses se fissent plus sûre-ment. Ainsi on employa toute la nuit du vingtième,et le jour suivant, à élargir et à perfectionner lestravaux ; et le soir du vingt-unicme , toutes chosesétant prêtes pour l’attaque , on résolut de la faire ,mais seulement au dehors de l’ouvrage neuf.

Huit compagnies de grenadiers, commandéesaîec les sept des bataillons de la tranchée , com-mencèrent sur les six heures a occuper tous leshoyaux qui enveloppoicnt les deux ouvrages. Ledue de Bourbon sc trouvoit encore à cette attaquelieutenant-général de jour, se croyant fort obligéà la fortune de ce qu’en un même siège elle lui don-noit laid d’occasions de s’exposer. Le signal donnéun peu avant la nuit, il lit avancer les détache-ments soutenus des corps entiers. lia marchèrenten même temps au premier chemin couvert, eten ayant chassé les assiégés, les forcèrent encoredans le second, et, le fossé n’étant pas fort pro-fond, les poursuivirent jusqu’au corps de l’ou-vrage , dans lequel même quelques soldats étantmontés par une fort petite brèche, les ennemi»battirent à l’instant la chamade, et leurs^tagesfurent envoyés au roi. Mais, pendant quffls fai-soient leur capitulation , ou ne laissa pus de tra-vailler dans les dehors de l’ouvrage , et d’v com-mencer des logements contre le château.

Le lendemain , ils sortirent du fort au nombrede quatre-vingts officiers et de quinze cent cin-quante soldats, en cinq régiments, pour être con-duits à Gand. l)c ee nombre ètoit un ingénieurhollandois nommé Coehorii , sur les dessins du-quel le fort avoit été construit; et il en sortitblessé d’un éclat de bombe. Quelques officiersdes ennemis demandèrent à entrer dans le vieuxchâteau, pour y servir encore jusqu’à la fin dusiège. Mais celle permission ne fut accordée qu’auseul Wimberg, qui couimandoit les troupes hol-landoises.

Le fort Guillaume pris . on donna un peu plusde relâche aux troupes , et la tranchée ne fut plusrelevée que par quatre bataillons. Mais le châteaun’en fut pas moins vivement pressé, et les attaquesallèrent fort vite , n’étant plus inquiétées par au-cune diversion.

Dès le vingt-troisième , on éleva dans la gorgedu Fort-Neuf des batteries de bombes et de ca-, nous.

Le vingt-quatrième et le vingt-cinquième, onembrassa tout le front de l'ouvrage à cornes quifaisoit, comme j’ai dit, la première enveloppe duchâteau v et on acheva la communication de latranchée , qu’on avoit conduite par la droite sur lahauteur qui regarde la Meuse, avec la tranchéequi regardent la gauche du côté de la Sambre.

Le roi alla le vingt-cinquième visiter le Fort-Neuf et les travaux. Gomme il avoit remarqué quesa présence les avançoit extrêmement, il fit lamême chose presque tous les jours suivants, mal-gré les incommodités du temps et l’extrême diffi-culté des chemins, s’exposant von seulement aumousquet des ennemis, ruais encore aux éclats deses propres bombes , qui retomboient souvent deleurs ouvrages avec violence, et qui tuèrent ou