S5o
ltELATION
1 e&sèren* plusieurs personnes à ses colts et der-rière lui.
Le vingt-sixième , les sapes furent poussées jus-qu'au pied de la palissade du premier chemincouvert. A. mesure qu’un s'approchent, la tran-chée deveuoit plus dangereuse à cause des bombeset des grenades que les ennemis y faisoient roulerà toute heure , surtout du côté du fond qui alloittomber vers la Sambre, et qui séparoit les deuxforts.
Le vingt-septième, les travaux furent perfec-tionnés. On dressa deux nouvelles batteries pourachever de ruiner les défenses des assiégés, pen-dant que les autres battoient en ruine les pointeset les faces des deux denii-bastions de fourrage;et on disposa enfin toutes choses pour attaquer àla fois tous leurs dehors.
Tant d’attaques, qui se succédoîent de si près,auroient dû , ce semble . lasser la valeur des trou-pes; ruais plus elles fatiguoienl , plus il sembloitqu’elles redoublassent de vigueur: et, en effet,cette dernière action nefut pas la moiusbardie nila moins éclatante de tout le siège. Le roi voulutencore y être présent, et se plana entre les deuxouvrages.
Ainsi, le vingt-huitième à midi, le signal donnépar trois salves de bombes, neuf compagnies degrenadiers, commandées avec quatre des batail-lons de la tranchée, marchèrent avec leur bra-voure ordinaire, l’vpée à la main, aux cheminscouverts des assiégés. Le premier de ces cheminsse trouvant presque abandonné, elles passèrentau second sans s’arrêter, tuèrent tout ce qui osales attendre , et poursuivirent le reste jusqu’à unsouterrain qui les déroba à leur furie.
Les ennemis ainsi chassés reparurent en grandnombre sur les luèches ; quelques uns même,avec l’épée cl le bouclier , s’efforcèrent, à ftneede grenades et de coups de mousquet , de pren-dre leur revanche sur nos travailleurs. Cependantquelquesgtcnadiers de la compagnie de Saillant,du régiment des Gardes, ayant clé commandéspour reconnoîlre la brèche qui étoit au demi-bastion gauche , ils montèrent jusqu’en liant avecLeaucoup de résolution. Il y en eut un , entre au-tres, qui y demeura fort long-temps, et y rechar-gea plusieurs fois son fusil avec une intrépiditéqui fut admirée de tout le monde. Mais la brèchese trouvant encore trop escarpée, on se contentade se loger dans les chemins couverts, dans lacontre-garde du demi-bastion gauche, dans unelunette qui étoit au milieu de la courtine, vis-à-vis du nheiniu souterrain , et, en un mot, danstous les dehors. La perle des assiégés monta àquelque trois cents hommes, partie, tués dans lesdehors , partie accablés par les bombes dans l’ou-vrage même. Les assiégeants n’eurent guère moinsîle deux ou truis cents , tant officiers que soldats ,tués ou blessés, la plupart après l’action , et pen-dant qu’on travaillait à se loger.
Peu de temps après , les sapeurs firent la des-cente du fossé : et, dès le soir, les mineurs fu-rent attachés en plusieurs endroits; et on sr. miten état de faire sauter tout à la fois 1rs deux demi-bastions, la courtine qui les joignoit, et la bran-
che qui regardoit le Fort-Neuf, et de donner unassaut général.
Néanmoins , comme on se tenoit alors sûr d’em-porter la place , nu résolut de ne faire jouer qu’àla dernière extrémité les fourneaux , qui , en ou-vrant entièrement te rempart, auroient obligé à yfaire de fort grandes réparations. Ou espéra qu’üsulliroit que le canon élargît les brèches qu’il avoildéjà faites aux deux faces et aux pointes des demi-baslions; et c’est à quoi on travailla le vingt-neu-vième.
La nuit du trentième, le sieur de Rubentel,lieuteiumigénéral de jour, fit monter sans bruitau haut de la brèche d.i demi-bastion gauchequelques grenadiers du régiment Dauphin , pourépier la contenance des ennemis. Os soldats ayantremarqué qu’ils n’éloient pas fort sur leurs gar-des, et qu'ils s’étoient même retirés au dedans del’ouvrage, appelèrent quelques autres de leurscamarades, qui, étant aussitôt montés , chargèrentavec de grands cris les assiégés, et s’emparèrentd’un retranchement qu’ils avoient commencé à lagorge du dpmi-bastion, où ils commencèrent a seretrancher eux-mêmes. Ceux des ennemis quigardoient le demi bastion de la droite, voyait: lesFrançois dans l'ouvrage, et craignant d’être cou-pés, cherchèrent, comme les autres, leur salutdans la fuite , et laissèrent les assiégeants entière-ment maîtres de cette première enveloppe. 11 tes-toit encore deux autres ouvrages à peu jirès demême espèce , non moins difficiles à a' laquer queles premiers, et qui avoient de grands fossés trèsprofonds et taillés dans le roc. Derrière tout cela,on trouvent le corps du château , capable lui seuld’üiréler long-temps un ennemi, et de lui faireacheter bien cher les derniers pas qui lui reste-roienl à faire.
Mais le gouverneur qui vit sa garnison intimi-dée tant par lé feu continuel des bombes et ducanon que par la valeur infatigable îles assiégeants,reconnoissanl d’ailleurs le peu de fond qu’il yavoil à faire sur les vaines promesses de secoursdont le prince d’Orauge l’entretenoit depuis unmois, ne songea plus qu’à faire sa composition àdes conditions honorables, et demanda à capi-tuler.
Le roi accorda sans peine toutes les marquesd’honneur qu’on lui demanda : et dès ce jour uneporte fut livrée à ses troupes.
Le lendemain , premier jour «le juillet, la gar-nison sorlit, partie par la brèche , qu’on accom-moda exprès pour leur en faciliter la descente,partie par la porte vis-à-vis du Fort Neuf. Klleétoit d’environ deux mille cinq cents hommes, endouze régiments d’infanterie, un de cavalerie, etquelques compagnies franches de dragons, les-quels , joints aux seize cents qui sortirent du Fort-Neuf, faisoient le reste «les neuf mille deux centshommes qui , comme j’ai dit, se Irouvoient dansla place an commencement du siège. Ils prélen-doient qu’ils en avoient perdu huit ou neuf centsparla désertion ; tout le reste avoit péri par lar-\iUevie on dans les attaque».
Quelques jours avant que les assiégés battissentJa chamade, les confédérés étoient partis tout-à-