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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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LE BANQUET DE PLATON.

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LETTRE DE RACINE

A BOILEAU,

EN LE CHARGEANT DE REMETTRE LA TRADUCTION DU BANQUET

a la ubesse DE fontevrault 1 .

18 décembre 2 ...

Puisque vous aller, demain à la cour, je vousprie dy porter les papiers ci-joints : vous savez ceque c'esl. Javois eu dessein de faire, comme onme le demandoit, des remarques sur les endroitsqui me paroîtroient en avoir besoin : mais eommoil falloit les raisonner, ce qui auroit rendu lou-vrage un peu lo^, je nai pas en 1 j résolution d'a-chever ce que javois commencé, et j'ai cru quejaurois plustôl fait dentreprendre une traductionnouvelle. Jai traduit jusquau discours du médecinexclusivement. Il dit, à ta vérité, de très belleschoses, mais il ne les explique po^rrt assez ; et notresiècle, qui n'est pas si philosophe que celui deriaton , demanderoit que l'on mît ces mêmeschoses dans un plus grand jour. Quoi quil en soit,mon essai sultira pour montrer à madame de Fon-tevraull que javois à cœur de lui obéir. Il est vraique le mois nous sommes 5 ma l'ait souvenir dulancienne fêle des Saturnales, pendant laquelleles serviteur» prenoienl avec leurs maîtres des li-bertés quils nauroient pas prises dans un autretemps. Ma conduite ne ressemble pas trop mal àcelle-la :je me mets sans façon à côté de madamede Fontevrault; je prends des airs de inaîire ; jemaccommode sans scrupule de ses ternies et deses phrases; je les rejette quand Lon me semble.

Mais, monsieur ,1a fête ne durera pas toujours,lesSaturnales passeront ; et lillustre dame reprendrasur son serviteur lautorité qui lui est acquise. Jyaurai peu de mérite en tout sens : car il faut con-venu' que son style est admirable t il a une. douceurque nous antres hommes nattrapons point: et sijavois continué à refondre son ouvrage , vraisem-blablement je laurois pâté. Elle a traduit le dis-cours dAlcibiade , par finit le Banquet de Pla-ton ; elle la rectifié , je lavoue, par un choixdexpressions fines cl délicates, qui sauvent enpartie la grossièreté des idées; mais avec tout celaje crois que le mieux est de le supprimer : outrequil est scandaleux , it est inutile : car ce sont leslouanges, non de lamour dont il sagit dans cedialogue, mais de Socrate, qui ny est introduitque comme un des interlocuteurs. Voilà, mon-sieur, le canevas de ce que je vous supplie de vou-loir dire pour moi à madame de Fontevrault. As-surez-la quenrhumé au point je le suis depuistrois semaine», je suis au désespoir de ne point al-ler moi-même lui rendre ces papiers : et si parhasard elle demande que jachève de traduire fouvrage, noubliez ricu pour me délivrer de cettecorvée. Adieu , bon voyage ; et dormez-moi de vosnouvelles dès que vous serez de retour.

Racine.

APOLLODORE , LAMI DÀPOLLODOREGLATJCON , ARISTODÈJIE , SOCKaTEAUATHON, PHÈDRE. PADSANIAS.ÉllYXI-HAQUE, ARISTOPHANE 4 , ALCIBIADE.

APOLLODOBE.

Je crois que je naurai pas de peine à vous fairele récil que vous me demandez, car hier, commeje revennis «le ma maison de Phalère, un hommede ma connoissance , qui venoit derrière moi ,maperçut et mappela de loin. « lié quoi! sécria-« t-il en badinant, Apoüodore ne veut pa» mat-« tendre? * Je marrêtai, et je lattendis.

«Je vous ai cherché long-temps, me dit-il,« pour vous demander ce qui sétoit passé chez« Agalhon le jour que Socrate et Alcibiade y sou-« pèrent. ün dit que toute la conversation roula« sur lamour , et je mourois denvie dentendre« ce qui sétoit dit de part et dautre sur celte« matière. J'en ai bien su quelque chose par le« moyen dun homme à qui Phénix avoit raconté« une partie de leurs discours; mais cet homme« ne me disoit rien de certain: il mapprit seule-« ment que vous saviez le détail de cet entretien -, contcz-le-moi donc , je vous prie ; aussi bien , à> qui pculon mieux sadresser quà vous pour