NOTES DES FRAGMENTS DE LA POÉTIQUE D’ARISTOTE. 563
NOTES
DES FRAGMENTS DE LA POÉTIQUE d’aRISTOTE.
1 Ces passages étoient écrits de la main de Ra-cine sur les marges du commentaire de la Poétiqued’Aristote par Victorius. Louis Racine déposa cetexemplaire à la bibliothèque du roi.
3 Ceci est un commentaire que Racine a crudevoir ajouter au texte d’Aristote. Le style de cephilosophe étant très concis. Racine s’est permisquelques paraphrases en faveur de la clarté. G.
3 Peut-être il veut dire qu’il n’étoit pas vrai-semblable que l’on n'eût point lait une rechercheplus exacte des meurtriers de Laïus. Cette absur-dité se peut souffrir, selon Aristote, parcequ’elieest dans ies choses qui précèdent la tragédie.
(Note de Racine.')
4 Le Commentaire n’a rien entendu à ce pas-sage *. (Note de Racine.)
* Cette observation , que Racine a mise enmarge, est parfaitement juste ; mais lui-même a
5 lui Racine a cessé de traduire, page 599 desCommentaires de P. Victorius sur le premier livredelà Poétique d’Aristote. Geofproï.
plu lot paraphrasé que traduit ce passage, dont letexte est obscur et paroît altéré. Voici une tra-duction plus littérale:
• L’imitation épique vaut-elle mieux que i’îmi~
• talion tragique? C’est une question qu’on peut
• proposer. Si î’imiiaiiim la plus simple , la moins
• chargée, celle qui n’a pour spectateurs que les
• honnêtes geus, mérite la préférence, l’épique
• doit l’emporter ; car l'imitation tragique, qui se
• pique de tout imiter, est fort chargée : le poète«s’y donne un grand mouvement; et, dans la
• crainte gu’on n’y soit pas assez sensible, il ap*
« pellera a son secours une foule d’ornements
• (tels que le chant, le geste, les décorations,
« les costumes , et tous les prestiges du théâtre ). »
Geoffr of .
DISCOURS ACADÉMIQUES.
PREFACE DE GEOFFROY.
Peu de poètes ont mérité un nom parmi lesprosateurs. Corneille et Boileau ne 6unt plus eux-mêmes quand ils écrivent en prose. Racine, avecle génie le plus souple qui jamais ail existé , pa-roît avoir été destiné par la nature à faire parfai-tement touL ce qu’il auroit voulu entreprendre.Les deux lettres sur Pon Royal le placent à côtéde Pascal, un des écrivains les plus éloquents «lusiècle son discours pour la réception de ThomasCorneille lui assigna un rang distingué parmi lesorateurs. Tout ce qu’il a écrit en prose , sespréfaces, son Histoire sur Port-Royal, ses haran-gues académiques , tout est marqué au coin d’unenoble et élégante simplicité. Le style est mâle etsain ; les pensées ont autant de justesse que de vi-gueur ; et l’esprit ne s’y montre que pour parer laraison.
Nous avons perdu le discours que Racine pro-nonça pour sa réception à l’académie; mais ilnous reste ceux qu’il prononça pour la réceptionde M. l’abbé Colbert et pour celle de ThomasCorneille. On remarque dans le premier un éloge
très brillant et très ingénieux du zèle que toute lafamille de Colbert témoigne pour la gloire du roi ;mais il y a une exagération de mauvais goût dansla dernière phrase de ce discours. Il faut conclurede toutes ces louanges prodiguées à Louis XIVpar les grands hommes de son siècle , que ce mo-narque avoit imprimé dans tous les esprits unsentiment d’admiration si vif et si prononce , qu’iluc faut pas être surpris que l'enthousiasme égarâtquelquefois les écrivains les plus sages. Les poèteset les orateurs ne firent entendre , pendant la moi-tié de ce siècle, qu’un concert unanime d’éloges :si tous ne furent pas également éloquents, tousparoissoient avoir obéi à une inspiration natu-relle; et lors même qu’ils furent le plus outrés,ils n’étoient point flatteurs, puisqu’ils rte faisoientqu’exprimer leurs pensées.
Le discours pour la réception de Thomas Cor-neille est, d’un bout à l’autre , un chef d’œuvrede raison et de style, et un modèle de cetleéloquence sage et sévère qui doit régner dans lesassemblées publiques d’une académie qui régie