CHANT SIXIEME. 1 65
Bientôt à ce conseil accourent à grand bruit,Tous ces chefs obstinés qu’un fol orgueil conduit,Les Lorrains, les Nemours, des prêtres en furie, 1L’ambafladeur de Rome et celui d'Ibérie.
Ils marchent vers le louvre , où par un nouveau choixIls allaient insulter aux manès de nos rois.
Le luxe, toujours né des misères publiques,
Prépare avec éclat ces états tyranniques.
Là ne párurent point ces princes, ces seigneurs,
De nos antiques pairs augustes successeurs,
Qui près des rois affis, nés juges de la France,
Du pouvoir qu’ils n’ont plus ont encor l’apparence.Là de nos parlemens les sages députésNe défendirent point nos faibles libertés;
On n’y vit point des lis Fappareil ordinaire.
Le louvre est étonné de fa pompe étrangère.
Là le légat de Rome est d’un siège h more;
Près de lui pour Mayenne un dais est préparé.
Sous ce dais on lisait ces mots épouvantables :et Rois qui jugez la terre, et dont les mains coupables„ Osent tout entreprendre et ne rien épargner,
M Que la mort de Valois vous apprenne à régner. ”,
On s’affemble, et déjà les partis, les cabales,Font rettntir ces lieux de leurs voix infernales.
Le bandeau de Ferreur aveugle tous les yeux.
L’un, des faveurs de Rome esclave ambitieux,S’adreife au légat seul, et devant lui déclareQu’il est temps que les lis rampent r ous la tiare;Qu’on érige à Paris ce sanglant tribunal,
Ce monument (2) affreux du pouvoir monacal,
Que l’Espagne a reçu, qu’eFe-même abhorre,
Qui venge les autels et qui les déshonore,