l68 LA H E N R I A D E.
„ XI fait dans toute secte honorer les vertus i'
„ Respecter votre culte et même vos abus.
„ 11 laisse au Dieu vivant, qui voitceque nous sommes,’,, Le foin que vous prenez de condamner les hommes.„ Comme un roi,comme un père,il vient vous gouverner:„ Et pins chrétien que vous, il vient vous pardonner.
„ Tout est libre avec lui; lui feu! ne peut-il hêtre?,, Quel droit vous a rendus juges de votre maître?
„ Infidelles -pasteurs, indignes citoyens!
„ Que vous ressemblez mal à ces premiers chrétiens,
„ Qui, bravant tous ces dieux de métal ou de plâtre,
„ Marchaient fans murmurer fous un maître idolâtre,
„ Expuaient fans fe plaindre, et fur les échafauds,
„ Sanglans, percés de ceups,bénissaient leurs bourreaux„ Eux seuls étaient chrétiens, je n'en connais point d’autres.„ Ils mouraient pour leurs rois, vous massacrez les vôtres:„ Et Dieu , que vous peignez implacable et jaloux,
„ S’íl aime à fe venger, barbares, c'est de vous.”
A ce hardi discours aucun n’ofait répondre;
Par des traits trop puíssans ils fe sentaient confondre;
11s repoussaient en vain, de leur cœur irrité,
Cet effroi qn’aux méchans donne la vérité.
Le dépit et la crainte agitaient leurs pensées;
Quand soudain mille voix, jusqu’au ciel élancées,Font par-tout retentir, avec un bruit confus,
Aux armes, Citoyens, ou nous sommes perdus.
Les nuages épais que formait la poussière,
Bu soleil dans les champs dérobaient la lumière.
Des tambours, des clairons le son 1 empli d’horreur,De la mort qui les fuie était l’avant-coureur.
Tels des antres du Nord échappés fur la terre,Précédés par les vents et suivis du tonnerre,
D’an