174 HENRÏAD1.
Les vainqueurs furieux, Us flambeaux à la main,Dans Us faubourgs fanglans se répandent soudain.Du soldat effréné h valeur tourne en rage ;
II livre tout au fer, sux flammes, au pillage.Henri ne les volt point; son vol impétueuxPouríuSivaít l’ennemi fuyant devant ses yeux. '
Sa victoire l’enftamme et fa valeur l’emporte ;
II franchit les faubourgs, il s’avance à la porte :Compagnons, apportez et le fer et les Feux,
Venez, volez , montez fur ces murs orgueilleux.
Comme il parlait ainsi, du profond d’une nueUn fantôme éclatant se présente à sa vue.
Son corps majestueux, maître des élémens,Descendait vers Bourbon fur les ailes des vents*
De la Divinité Us vives étincellesEtalaient fur son front des beautés immortelles :Ses yeux semblaient remplis de tendresse ét d’horreutArrête, cria-t-il, trop malheureux vainqueur!
Tu vas abandonner aux flammes, au pillage,
De cent rois tes Lieux l’immortel héritage,
Ravager ton pays, mes temples, tes trésors,.Egorger, tes sujets et régner fur des morts.
Arrête.A ces accens plus forts que le tonnerre
Le soldat s’épouvante, il embrasse la terre,
II.quitte le pillage: Henri plein de l'ardeurOue le combat encore enflammait dans son cœur,Semblable à POcéan qui s’appaise et qui gronde:
O fatal habitant de l’invisible monde! (A)
Q.ue viens-tu m’annoncer dans ce séjour d’horreur ?
Alobs 11 entendit ces mots pleins de douceur :Je fuis cet heureux roi que la France révère,
Le père des Bourbons, ton protecteur , ton père :