l8o LA HENRÏADE
CHANT VIL
ARGUMENT.
Suint louis transporte Henri IV en esfrit m ciel et unieenfers , et lui fctìt voir , dans le salais des destins , fafojìérìté , et les grands - hommes que la France doitproduire.
Du Dieu qui nous créa la clémence infinie» («)Pour adoucir les maux de cette courte vie,
A placé parmi nous deux êtres bienfesans,
De la terre à jamais aimables habitans,
Soutiens dans les travaux, trésors dans rindigence;L'un est le doux sommeil, et ì’autre est l’espérance:L’un , quand i'homme accablé sent dé son Faible corpsLes organes vaincus, fans Force et fans ressorts,
V' mt par un calme heureux secourir la nature ,
Et lui porter l’oubli des peines qu’elle endure;L’autre anime nos cœurs , enflamme nos désirs ,
Et même en nous trompant donne de vrais plaisirs :Mais aux mortels chéris à qui le ciel l’envoie,
Elle n’inspire point une infidelle joie ;
Elle apporte de Dieu la promesse et J’appui ;
Elle est inébranlable et pure comme lui.
Louis près de Henri tous les deux les appelle;Approchez vers mon fils, venez, couple fidelle.
Le sommeil l’cntendit de ses antres secrets:
11 marche mollement vers ces ombrages frais.
Les vents à son aspect s’arrétent en silence ;
Les songes fortunés, enfans de l’espérance,