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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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CHANT SEPTIEME. rZz

Ceux qui de lAinérique habitent les forêts ,

De Terreur invincible innombrables sujets.

Le dervis étonné, dune vue inquiète,

A la droite de Dieu cherche en vain son prophète.

Le Bonze, avec des yeux sombres et pénitens,

Y vient vanter en vain ses vœux et ses tourmens. (J>)

Eclaires à TinRant, ces morts dans le silenceAttendent en tremblant Téternelle sentence.

Dieu qui voit à la Fois, entend et connaît tout,Dun coup dœil les punit, dun coup dœil les absout.Henri napprocha point vers le trône invisibleD part à chaque instant ce jugement terrible ,

Dieu prononce à tous ses arrêts éternels,

Quosent prévoir en vain tant dorgueìllsux mortels.

Quelle est, disait Henri, sinterrogeantlui-mêraç,Quelle est de Dieu fur eux la justice suprême ?

Ce Dieu les punit-il davoir Fermé leurs yeuxAux clartés que lui-même il plaqa si loin deux 7Pourrait-il les juger tel qu'un injuste maître,

Sur la loi des chrétiens, quils navaient pu connaître ?Non, Dieu nous a créés, Dieu nous veut sauver tousiPar-tout il nous instruit, par-tout il parle à nous}II grave en tons les cœurs la loi de la nature,

Seule à jamais la même, et feule toujours pure.

Sur cette loi, fans doute, il juge les païens,

Et si leur cœur fut juste, ils ont été chrétiens.

Tandis que du héros la raison confonduePortait sur ce mystère une indiscrète vue,

Aux pieds du trône même une voix sentendit ;

Le ciel sen ébranla, lunivers en frémit ;

Ses accens ressemblaient à ceux de ce tonnerre ,Quand du mont Sinaï Dieu parlait à la terre.