CHANT SEPTIEME. rZz
Ceux qui de l’Ainérique habitent les forêts ,
De Terreur invincible innombrables sujets.
Le dervis étonné, d’une vue inquiète,
A la droite de Dieu cherche en vain son prophète.
Le Bonze, avec des yeux sombres et pénitens,
Y vient vanter en vain ses vœux et ses tourmens. (J>)
Eclaires à TinRant, ces morts dans le silenceAttendent en tremblant Téternelle sentence.
Dieu qui voit à la Fois, entend et connaît tout,D’un coup d’œil les punit, d’un coup d’œil les absout.Henri n’approcha point vers le trône invisibleD’où part à chaque instant ce jugement terrible ,
Où Dieu prononce à tous ses arrêts éternels,
Qu’osent prévoir en vain tant d’orgueìllsux mortels.
Quelle est, disait Henri, s’interrogeantlui-mêraç,Quelle est de Dieu fur eux la justice suprême ?
Ce Dieu les punit-il d’avoir Fermé leurs yeuxAux clartés que lui-même il plaqa si loin d’eux 7Pourrait-il les juger tel qu'un injuste maître,
Sur la loi des chrétiens, qu’ils n’avaient pu connaître ?Non, Dieu nous a créés, Dieu nous veut sauver tousiPar-tout il nous instruit, par-tout il parle à nous}II grave en tons les cœurs la loi de la nature,
Seule à jamais la même, et feule toujours pure.
Sur cette loi, fans doute, il juge les païens,
Et si leur cœur fut juste, ils ont été chrétiens.
Tandis que du héros la raison confonduePortait sur ce mystère une indiscrète vue,
Aux pieds du trône même une voix s’entendit ;
Le ciel s’en ébranla, l’univers en frémit ;
Ses accens ressemblaient à ceux de ce tonnerre ,Quand du mont Sinaï Dieu parlait à la terre.