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L A HENRIADE.
te chœur des immortels le tut pour l’écouter;
Et chaque astre en son cours alla le répéter.
A ta faible saison garde-toi de te rendre ;
Dieu t 's fait four Paimer et non four le comprendre.Invisible à tes ytux , qu'il rìgne dans ton cvttr}
II confond Vinjustice , il pardonne à Verreur ;
31 ai s il punit auffi toute erreur volontaire ;
Mortel, ouvre les yeux quand son soleil t'éclaire.
Henri dans ce moment, d’un vol précipité,
Est par un tourbillon dans i'efpace emporté ,
Vers un séjour informe , aride , affreux , sauvage ,De l’antique chaos abominable image,
Impénétrable aux traits de ces soleils brillans,Chefs-d’œuvre du Tiès-Haut, comme lui bienfefans.Sur cette terre horrible et des anges haïe,
Dieu n’a point répandu le germe de la vie.
La mort, l’affreufe mort et la confusionY semblent établir leur domination.
Quelles clameurs, ô Dieu ! quels cris épouvantables!í)uels torrens de fumée ! et quels Feux effroyables !Quels monstres, dit Bourbon, volent dans ces climats!Quels gouffres enflammés s’entr’ouvrentsous mes pas!
O mon fils, vous voyez les portes de l’abyineCreusé par la justice, habité par le crime.Suivez-moi, les chemins en sont toujours ouverts.Ils marchent aussitôt aux portes des enfers. ( 3 )
La gît la sombre Envie, à l’œil timide et louche, (e)Versant sur des lauriers les poisons de fa bouche.
Le jour blesse ses yeux, dans sombre étincelans.Triste amante des morts, elle hait les vivans.
Elle aperçoit Henri, se détourne et soupire.
Auprès d’elle est l’Orgueil, qui se plaît et s’admire;
La