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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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r 84

L A HENRIADE.

te chœur des immortels le tut pour lécouter;

Et chaque astre en son cours alla le répéter.

A ta faible saison garde-toi de te rendre ;

Dieu t 's fait four Paimer et non four le comprendre.Invisible à tes ytux , qu'il rìgne dans ton cvttr}

II confond Vinjustice , il pardonne à Verreur ;

31 ai s il punit auffi toute erreur volontaire ;

Mortel, ouvre les yeux quand son soleil t'éclaire.

Henri dans ce moment, dun vol précipité,

Est par un tourbillon dans i'efpace emporté ,

Vers un séjour informe , aride , affreux , sauvage ,De lantique chaos abominable image,

Impénétrable aux traits de ces soleils brillans,Chefs-dœuvre du Tiès-Haut, comme lui bienfefans.Sur cette terre horrible et des anges haïe,

Dieu na point répandu le germe de la vie.

La mort, laffreufe mort et la confusionY semblent établir leur domination.

Quelles clameurs, ô Dieu ! quels cris épouvantables!í)uels torrens de fumée ! et quels Feux effroyables !Quels monstres, dit Bourbon, volent dans ces climats!Quels gouffres enflammés sentrouvrentsous mes pas!

O mon fils, vous voyez les portes de labyineCreusé par la justice, habité par le crime.Suivez-moi, les chemins en sont toujours ouverts.Ils marchent aussitôt aux portes des enfers. ( 3 )

La gît la sombre Envie, à lœil timide et louche, (e)Versant sur des lauriers les poisons de fa bouche.

Le jour blesse ses yeux, dans sombre étincelans.Triste amante des morts, elle hait les vivans.

Elle aperçoit Henri, se détourne et soupire.

Auprès delle est lOrgueil, qui se plaît et sadmire;

La