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pour juger un ministre, il faut examiner ses lois et fesopérations , les rapprocher des circonstances, de í’histoire deson temps , et sur-tout des lumières de fes contemporains. Si«n homme d ,: Etat a montré de Phumanité et de ta justice;fi , quoique gêné pas les circonstances et par les événemens,il a eu le bonheur du peuple pour premier objet; s’il aprouvé qu 1 il avait les mêmes lumières que les hommeséclairés de son siècle » on doit respecter fa mémoire, ct luipardonnner de n’avoir été ni supérieur aux événemens, ni«u-dessus tle fes contemporains.
Colhtri , siis d’un marchand, d’abord commis d*un négociant,puis clerc de notaire, devint intendant du cardinal Mazarin.Fmquet avait été surintendant dans les dernières années dela vie du cardinal ; son administration était également onéreuseet corrompue.
Des traitans inventaient de nouveaux offices, de nouveauxdroits fur les consommations, réveillaient d’ancieunes pré-tentions domaniales, inventaient des privilèges exclusifs, rieslettres de maîtrise, fesaient revivre des arrérages d’impôts,Fouquet agréait ces projets, et en vendait le produit auxinventeurs moyennant «ne somme payée comptant. Lt gou-vernement, alois très-faible, protégeait peu ces traitans;mais comme íls ne donnaient qu’une petite partie de lavaleur de ce qti’on leur accordait, ils gagnaient encorebeaucoup- Des parts dons les profits, ou une somme cfargent,décidaient de la préférence que le premier ministre et lesurintendant accordaient aux felèurs de projets. Ces emploissubalternes, et les détails de cette corruption, furent lapremière école de Colbert. Le cardinal le recommanda enmourant au roi, comme un homme qui lui serait utile.
Le premier soin de Colbert fut de chercher à perdre Fouquct.Ï1 lui était aisé de montrer À Louis XIV que ce ministre n'é'.aitqu’un homme vain, uniquement occupé de soutenir ses pro-fusions par des moyens ruineux, et ne sachant qu’emprunter.Mais ce n’était pas fa disgrâce, c’était sa perte que fesennemis voulaient, parce que Fouquet , disgracié, eût p«éclairer le roi sur la conduite passée de Colbert ef des autresministres.
Cependant Fouquet était procurcur-général, et ne pouvaitêtre jugé que par le parlement. Ce droit n'est, à la vérité,que le droit commun ue tout citoyen ; mais il est bien moinsSicile Ue le violer contre un procmeur-général. On perliiadek Fouquet de vendre ia charge et d'tu faire porter le prix au