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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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2o 6 VARIANTES

Cest peu quun vain éclat, qui passe et qui senfuít,

Qne le trouble accompague et que la mort détruit;

Tous ces honeurs mondains ne font quun bien stérile,

Des humaines vertus récompense fragile.

Dun bien plus précieux osez être jaloux -Si Dieu ne vous éclaire, il na rien fait pour vous.

Quand verrai-je , ô mon fils, votre vertu guerrière,

Comme fous son appui, marcher à sa lumière ?

Mais quils font encor lom ces temps, ces heureux temps,

Dieu doit vous compter au rang de ses enfans !

Que vous éprouverez de Faiblesses honteuses !

Et que voUs marcherez dans d s rout.'.s trompeuses!

Osez suivre mes pas par de nouveaux chemins,

Et venez de la France apprendre les destins.

Henri crut à ces mots, dans un char de lumière,

Des cieux en un moment pénétrer la carrière ;

Comme on volt dans la nuit la foudre et les éclairsCourir duíi pôle à lautre, et diviser les airs.

Parmi ces tourbillons, que dune main fécondeDisposa lEtemel au premier jour du monde,

Est un globe élevé dans le faîte des cieux,

Dont íéclat fe dérobe à nos profanes yeux ;

Cest que le Très-haut forme à fa ressemblanceCes esprits immortels, enfans de son essence,

Qui, soudain répandus dans les mondes divers,

Vont animer les corps, et peuplent lunivers.

font après la mort nos âmes replongées ,

De leurs prisons grossières à jamais dégagées!

Quand le Dieu qui les fit les rappelle en son sein,

Dune course rapide elles volent soudain ;

Comme on voit dans les bois les feuilles incertaines,

Avec un bruit confus tomber du haut des chênes,Lorsque les aquilons , messagers des hivers,

Ramènent la froidure et sifflent, dans les airs ,

Ainsi la mort entraîne en ces lieux redoutablesDes mortels passagers les troupes innombrables.

(í) II y a dans sédition de 1727, après ces vers:

Leurs tourmens et leurs vœux, leur foi, leur ignorance,Comme fans châtiment restent fans récompense;

I