2o 6 VARIANTES
C’est peu qu’un vain éclat, qui passe et qui s’enfuít,
Qne le trouble accompague et que la mort détruit;
Tous ces honeurs mondains ne font qu’un bien stérile,
Des humaines vertus récompense fragile.
D’un bien plus précieux osez être jaloux -Si Dieu ne vous éclaire, il n’a rien fait pour vous.
Quand verrai-je , ô mon fils, votre vertu guerrière,
Comme fous son appui, marcher à sa lumière ?
Mais qu’ils font encor lom ces temps, ces heureux temps,
Où Dieu doit vous compter au rang de ses enfans !
Que vous éprouverez de Faiblesses honteuses !
Et que voUs marcherez dans d s rout.'.s trompeuses!
Osez suivre mes pas par de nouveaux chemins,
Et venez de la France apprendre les destins.
Henri crut à ces mots, dans un char de lumière,
Des cieux en un moment pénétrer la carrière ;
Comme on volt dans la nuit la foudre et les éclairsCourir d’uíi pôle à l’autre, et diviser les airs.
Parmi ces tourbillons, que d’une main fécondeDisposa l’Etemel au premier jour du monde,
Est un globe élevé dans le faîte des cieux,
Dont í’éclat fe dérobe à nos profanes yeux ;
C’est là que le Très-haut forme à fa ressemblanceCes esprits immortels, enfans de son essence,
Qui, soudain répandus dans les mondes divers,
Vont animer les corps, et peuplent l’univers.
Là font après la mort nos âmes replongées ,
De leurs prisons grossières à jamais dégagées!
Quand le Dieu qui les fit les rappelle en son sein,
D’une course rapide elles volent soudain ;
Comme on voit dans les bois les feuilles incertaines,
Avec un bruit confus tomber du haut des chênes,Lorsque les aquilons , messagers des hivers,
Ramènent la froidure et sifflent, dans les airs ,
Ainsi la mort entraîne en ces lieux redoutablesDes mortels passagers les troupes innombrables.
(í) II y a dans sédition de 1727, après ces vers:
Leurs tourmens et leurs vœux, leur foi, leur ignorance,Comme fans châtiment restent fans récompense;
I