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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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CHANT' HUITIEME. 51 5

Philippe lenvoyait sur les bords de ia Seine,Comme nn dieu tutélaírê au secours de Mayenne;Et Mayenne avec lui crut aux tentes du roiRapporter à son tour le carnage et leftroi.

Le téméraire orgueil accompagnait leur trace.Quavec plaisir, grand Roi, tu voyais cette audace!Et que tes vœux hâtaient le moment dun combat, semblaient attachés les destins de iEtat ! (b)

Près des bords de (ç) Piton et des rives de lEureEst un champ fortuné, lamour de la nature: (c)La guerre avait long-temps respecté les trésorsDont Flore et les zéphyrs embellissaient ces bords.An milieu des horreurs des discordes civiles,

Les bergers de ces lieux coulaient des jours tranquilles:Protégés par le ciel et par leur pauvreté,

Us semblaient des soldats braver lavïdité,

Et sous leurs toits de chaume, à labri des alarmes,Nentendaient point le bruit des tambours et des armes.Les deux camps ennemis arrivent en ces lieux;

La désolation par-tout marche avant eux.

De lEure et de lIton les ondes salarmèrent ;

Les bergers pleins d'eksooi dans les bois se cachèrent;Et leurs tristes moitiés, compagnes de leurs pas,Emportent leurs enfans, gémissans dans leurs bras.

IIabitans malheureux de cesborJspleins de charmes,Du moins à votre roi nimputez point vos larmes ;

Sil cherche les combats, cest pour donner la paix :Peuples , fa main fur vous répandra fes bienfaits :

Il veut finir vos maux, il vous plaint, il vous aime,Et dans ce jour affreux il combat pour vous-même.Les momens lui sont chers, il court dans tous les rangsSur un coursier fougueux plus léger que les vents,