DU SIECLE DE LOUIS XIV. IY?
Satirin dégoûté de son ministère, livré à la phi-losophie et aux mathématiques , avait préféré laFrance fa patrie, la ville de Paris et l’académie dessciences , au village de Bercher. Pour remplir cedessein il avait fallu rentrer dans le sein de l’Egliseromaine , et il y rentra dans satinée 1690. L’évê-que de Meaux Bossuet crut avoir converti unministre , et il ne fit que servir à la petite fortuned’un philosophe. Saurm retourna en Suisse plu-sieurs années après pour y recueillir quelquesbiens .de fa femme, qu'il avait persuadée de quit-ter aussi la religion réformée. Les magistrats ladécrétèrent de prise de corps, comme un pasteurapostat qui avait fait apostasier fa femme. Cela fepassait en 171a , après le fameux procès deRousseàti : et Rousseau était à Soleure précisé-ment dans ce temps-là. Ce fut alors que les accu-sations le? plus flétrissantes éclatèrent contre Sau-ri;:. On lui imputa d’anciens délits qui auraientmérité la corde; on produisit ensuite contre luiune ancienne lettre , dans laquelle il avait fait lui-même, difait-on, la confession de ses crimes à unpasteur de fes amis. Enfin pour comble d’indîgnité,on eut la cruelle bassesse d’imprimer ces accusationset cette lettre dans plusieurs journaux, dans lesfuppîétnens de Bayle , dans celui de Moréri ; nou-veau moyen malheureusement inventé pour flétrirun homme dans l’Europe. C’est étrangement avilirla littérature que de faire d’un dictionnaire ungreffe criminel, et de souiller d’opprobres scanda-leux des ouvrages qui ne doivent être que le dépôtdes sciences ; ce n’était pas fans doute l’intention