BU TEMPS DE LOUIS XIV. 2IZ
II faut bien observer que dans cette musiquede pure déclamation, qui est la Mélopée desanciens, c’est principalement la beauté naturelledes paroles qui produit la beauté du chant ; on nepeut bien déclamer que ce qui mérite de f être.C’est à quoi on se méprit beaucoup du temps deQuinault et de LuUi. Lés poètes étaient jalouxdu poète, et ne l’étaient pas du musicien.•Boite au reproche à Qtúnault.
Ces lieux communs de morale lubrique,
Que LuUi réchauffa des sons de fa musique.
Les passions tendres, que Quinault exprimaitfi bien, étaient fous fa plume la peinture vra ; edu cœur humain, bien plus qu’une moralelubrique. Quinault par fa diction échauffaitencore plus la musique que Part de LuUin’échauffait ses paroles. 11 fallait ces deuxhommes et des acteurs, pour faire de quelquesscènes d'Atìr , d 'Arinide et de Roland unspectacle tel que ni l’antiquité , ni aucun peuplecontemporain n’en connut. Les airs détachés,les ariettes ne répondirent pas à la perfectionde ces grandes scènes. Ces airs, ces petites chan-sons étaient dans le goût de nos noe'ls ; ilsressems)' aient aux b arc ara!t s de Venise : c’étaittout ce qn’on voulait alors. Plus cette musiquectait faible, plus on la retenait aisément ; maisle récitatif est si beau que Rameau n a ianiaispu Pégaier. I; me faut des chanteurs, difait-il,et à LuUi des acteurs. Rameau a enchanté les