AVANT LOUIS XÏV, 2Z9
les plus signalées victoires. Le ministère français ,qui n'avait contribué en rien à cet événement,en retira fans peine le plus grand avantage qu’onpuisse avoir contre son ennemi, celui de le voirattaqué par une puissance irréconciliable.
Le Portugal secouant le joug de l’Espagne , éten-dant son commerce et augmentant sa puissance,rappelle ici l’idée de la Hollande, qui jouissait desmêmes avantages d’une manière bien différente.
Des frovínces-unies.
Ce petit Etat des sept Provinces-Unies, paysfertile en pâturages, mais stérile en grains, mal-sain , et presque submergé par la mer, était depuisenviron un demi-íiccle un exemple presque uniquesur la terre de ce que peuvent l’amour de laliberté et le travail -infatigable. Ces peuples pau-vres , peu nombreux, bien moins aguerris queJes moindres milices espagnoles, et qui n’étalentcomptés, encore pour rien dans PEurope, résistè-rent à toutes les forces de leur maître et de leurtyran Philippe 11 ; éludèrent les desseins de plu-sieurs princes, qui voulaient les secourir pourles asservir ; et fondèrent une puissance que nousavons vu balancer le pouvoir de P Espagne même.Le désespoir qu’inspire la tyrannie tes avaitd’abord armés ; la liberté avait élevé leur cou-rage, et les princes ds la maison d’Orange enavaient fait d’excellens soldats. A peine vainqueursde leurs maîtres, ils établirent u ne forme de gou-vernement, qui conserve autant qu’il est possiblerégalité, le droit le plus naturel des. hommes.