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PARTICULARITÉS
I’I s’occupait à lire des livres d’agrément dansee loisir ; il lisait sur - tout av-ec la connétableColonne , qui avait de l’esprit ainsi que toutes sessœurs. 11 se plaisait aux vers et aux romans qui,en peignant la galanterie et la grandeur , flat-taient en secret son caractère. 11 lisait les tragé-dies de Corneille , et se formait le goût, quin’est que la fuite d’un sens droit et le sentimentprompt d’un esprit b : en fait. La conversation desa mère et des dames de fa cour ne contribuapas. peu à lui faire goûter cette, fleur d’esprit, età le former à cette politesse singulière , qui com-menqaient dès lors à caractériser la cour. Anneâ’'Autriche y avait apporté une certaine galan-terie noble et fière, qui tenait du génie espagnolde ces-temps-là, et y avait joint les grâces, ladouceur et une liberté décente, qui n’étaientqu’en France. ( io) Le roi fit plus de progrèsdans cette école d’agréinens, depuis dix-huit ansjusqu’à vingt, qu’il n’en avait fait dans les sciences,fous son précepteur, F abbé de Beaumont , depuisarchevêque de Paris, On ne lui avait presque rien
même des accusations beaucoup plus graves, et qui ren-draient la mémoire cl u cardinal bien infâme; mais elles neparaissent pas prouvées, et toute accusation doit rètre.
( ioj Cette galanterie et quelques imprudences dans faconduite furent la cause et ries malheurs qu’elle éprouvafous le gouvernement de Richelieu , et des bruits injurieuxrépandus contr’eîle par les frondeurs. Richelieu voulait laperdre,et il eut réussi fans la fidélité et le courage rie ses amiset de quelques-uns de Ces domestiques. On trouve dans desmémoires noo imprimés du duc de la Rcchefoucauld qu'ellsavait formé le projet rie se retirer à Bruxelles : quoique très—jeune il était à la tête de ce complot, et s’était chargé deJ’enlever et de la conduire.