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l’amour ; mais ceux qui gouvernent les âmes n’ontguère d’empire que fur les faibles.
On fait que quand on annonqa à sœur Lonise dela miséricorde la mort du duc de Vermandoisqu’elle avait eu du roi, elle dit : Je dois pleurer fanaissance encore plus que fa mort. 11 lui resta unefille, qui fut de cous les enfans du roi la plus ressem-blante à son père, et qui épousa le prince Armandde Conti neveu du grand Con dé.
Cependant la marquise de Montefpan jouissaitde fa faveuravec autant d’cclat et d’empire quemadame de la Vallìère avait eu de modestie»Tandis que madame de la Valliere et madamede Montefpan fe disputaient encore la premièreplace dans le cœur du roi, toute la cour était occu-pée d’intrigues d’amour. Louvois même était sen-sible. Parmi plusieurs maîtresses qu’eut ce ministre,-dont le caractère dur semblait st peu fait pourl’amour, il y eut une madame du Frènoì , femmed’un de ses commis, pour laquelle il eut depuis lecrédit de faire ériger une charge chez la reine ; onla fit dame du lit : elle eut les grandes entrées. Leroi, en favorisant ainsi jusqu’aux goûts de sesministres, voulait justifier les siens.
C’eftun grand exemple du pouvoir dès préjugés:et de la coutume, qu'il fût permis à toutes lesfemmes mariées d’avoir des amans , et qu'il ne lé-sât pas à la petite fille de Henri IV d’avoir unimari. Mademoiselle , après avoir refuse tant desouverains, après avoir eu l’efpérance d’ëpouferLouis XIV, voulut faire à quarante-quatre ans lafortune d'un gentilhomme. Elle obtint la permissions
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