144 GOUVERNEMENT.
coûté pour forcer la nature à Versailles, Partsserait dans toute son étendue auffi beau qu’ill’est du côté des Tuileries et du pont - royal, etserait devenu la ville la plus magnifique del'univers.
C’est beaucoup d’avoir réformé les lois ; maisla chicane n’a pu être écrasée par la justice. Onpensa à rendre la jurisprudence uniforme ; ellel’est dans les affaires criminelles , dans celles ducommerce, dans la procédure : elle pourrait l’êtredans les lois qui règlent les fortunes des citoyens.C’est un très-grand inconvénient, qu’un mêmetribunal ait à prononcer fur plus de cent coutumesdifférentes. Des droits de terres , ou équivoques,ou onéreux , ou qui gênent la société subsistentencore comme des restes du gouvernement féodalqui ne subsiste plus. Ce font des décombres d’unbâtiment gothique ruiné.
Ce n’est pas qu’on prétende que les différensordres de l’Etat doivent être assujettis à la mêmeloi. On sent bien que les usages de la noblesse, duclergé. des magistrats, des cultivateurs, doiventêtre différens ; mais il est à souhaiter sans douteq-.ie chaque ordre ait fa loi uniforme dans tout leroyaume, que ce qui est juste ou vrai dans laChampagne ne soit pas réputé faux ou injusteen Normandie. L’uniformité en tout genre d’ad-ministration est une vertu ; mais les difficultésde.ce grand ouvrage ont effrayé.
Louis XI f aurait pu se passer plus aisémentde la ressource dangereuse des traitans , à laquellele réduisit l’anticipation qu’il fit presque toujours
fur