GOUVERNEMENT. 145
sur ses revenus, comme on le verra dans lechapitre des finances.
S’il n’eùt pas cru qu’il suffisait de sa volontépour faire changer de religion à un million d’hom-mes , la France n’eût pas perdu tant de ci-toyens ( bb). Ce pays cependant, malgré sessecousses et ses pertes, est encore un des plusfloriífans de la terre , parce que tout le bienqu’à soie Louis XIV subíiste , et que le mal,qu'il était difficile de ne pas faire dans des tempsorageux, a été réparé. Enfin la postérité , quijuge les rois , et dont ils doivent avoir toujoursie jugement devant les yeux , avouera, en pelantles vertus et les faiblesses de ce monarque, que,quoiqu’il eût été trop loué pendant fa vie , ilmérita de l’être à jamais, et qu’il fut digne dela statue qu’on lui a érigée à Montpellier, avecune inscription latine , dont le sens est : A Louisie grand après fa mort. Dom Ujìaris , hommed’Etat, qui a écrit fur les finances et le com-merce d’Espagne, appelle Louis XIVun hommeprodigieux.
Tous les changemens qu’on vient de voir dansle gouvernement, et dans tous les ordres de l’Etat,en produisirent nécessairement un très grand dansles mœurs. L’esprit de faction, de fureur et de ré-bellion , qui possédait les citoyens depuis le tempsde François II , devint une émulation de servir leprince. Les seigneurs des grandes terres n’ccantplus cantonnés chez eux, les gouverneurs des pro-vinces n’ayant plus de postes importans à donner,
( bb"j Voyez le chapitre da calvinisme.
T. 20. Siècle. Tome III.
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