146 GOUVERNEMENT.
chacun songea à ne mériter de grâces que cellesdu souverain ; et l’Etat devint un tout régulierdont chaque ligne aboutit au centre.
C’ect-là ce qui délivra la cour des factions et desconspirations qui avaient troublé l’Etat pendanttant d’années. lln’yeut, fous radministration deLouis XIV , qu’une feule conspiration en 1674,imaginée par la. Truaumont gentilhomme nor-mand , perdu de débauches et de dettes, et em-brassée par un homme de la maison de Roban ,grand-veneur de France, qui avait beaucoup decourage et peu de prudence. La hauteur et ladureté du marquis de Louvois Lavaient irrité aupoint qu’en sortant de son audience , il entra toutému et hors de lui-même chez M. de Caumartin ,et se jetant sur un lit de repos : 11 faudra, dit-il,que ce... Louvois meure ou moi. Caumartin neprit cet emportement que pour une colère passa-gère : mais le lendemain ce même jeune hommelui ayant demandé s’il croyait les peuples deNormandie affectionnés au gouvernement, ilentrevit des desseins dangereux. Les temps dela fronde font passés, lui dit-il ; croyez-mol,vous vous perdrez , et vous ne ferez regretté depersonne. Le chevalier ne le crut pas; il sejeta à corps perdu daus la conspiration de laTruaumont. II n’entra dans ce complot qu’unchevalier de Préaux , neveu de la Truaumont ,qui, séduit par son oncle, séduisit sa maîtressela marquise de Villiers. Leur but et leur espé-rance n’étaient pas, et ne pouvaient être de sefaire un parti dans le royaume. Ils prétendaient