C O L B E R T»
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II craignait tellement de-livrer FEtat aux trai-tans que, quelque temps après la dissolution de lachambre de justice , qu’il avait fait ériger con-tr’eux, il fit rendre un arrêt du conseil, qui éta-blissait la peine de mort contre ceux qui avan-ceraient de l’argent sur de nouveaux impôts. IIvoulait, par cet arrêt comminatoire, qui rie futjamais imprimé, effrayer la cupidité des gensd’affaircs. Mais bientôt après il fut obligé de léservir d’eux , sans méme révoquer l’arrêt: te roipressait, et il fallait des moyens prompts.
Cette invention, apportée d ; Italie en Francepar -Catherine de Mèiicis , avait tellement cor-rompu 1e gouvernement, par la facilité funestequ’elle donne, qu’après avoir été supprimée,dansles belles années de Henri IV, elle reparut danstout le règne de Louis XIII , et infecta sur-toutles derniers temps de LouisXIV.
Enfin Snttì enrichit FEtat par une économiesage que secondait un roi aussi parcimonieux quevaillant, un roi soldat à la tête de son armée,et père de famille avec son peuple. Colbert sou-tint FEtat, malgré k luxe d un maître fastueux,qui prod-iguaittout pour rendre son règne éclatant.
On sait qu’après la mort de C&Wert , lorsquele roi se proposa de mettre le Pelletier à la têtedes finances, le TeUier lui dit: Sire, il n est f aspropre à cet emploi. Pourquoi , dit le roi ? Il nupas íame ajjez dure, dit le TeUier. Mais vrai-ment, reprit le roi, je ne veux pas qu on traitedurement mon peuple. En effet ce nouveau minis-tre était bon et juste ; mais lorsqu’en 1688 on lut
replongé