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replongé dans la guerre, et qu’il fallut se soute-nir contre la ligue d’Augsbourg, c’est-à-direcontre presque-toute l’Europe, il se vit chargéd’un fardeau que Colbert avait trouvé trop lourd :le facile et malheureux expédient d’emprunteret de créer des rentes fut fa première ressource.Ensuite on voulut diminuer le luxe ; ce qui,dans un royaume rempli de manufactures, estdiminuer l’industrie et la circulation, et ce quin’est convenable qu’à une nation qui paye sonluxe à s étranger.
II fut ordonné que tous les meubles d’argentmaílif, qu’on voyait alors en assez grand nombrechez les grands soigneurs, et qui étaient une preu-ve de i’abondance, feraient portés à la monnaie.Le roi donna Texemple : il se priva de toutes cestables d’argent, de ces candélabres, de ces grandscanapés d’argent maíïìf, et de tous ces autres-meubles qui étaient des chefs-d’œuvre de cise-lure des mains de BnUìn homme unique en songenre, et tous exécutés fur les destins dc le Brun,Us avaient coûté dix millions ; on en retira trois.Les meubles d’argenr orfevri des particulierspi «duisirent trois autres millions. La ressourceétait faible.
On fit ensuite une de ces énormes fautes dontle ministère ne s’est corrigé que dans nos der-niers temps ; cefutd’aítérer Ics monnaies, de fairedes refontes inégales, de donner aux écus une va-leur non proportionnée à celle des quarts: il ar-riva que, les quarts étant plus forts et les écusjrlus faibles, tous les quarts surent portés dans lç
T. to, Siècle. Tome III. O