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pays étranggr ; ils y furent frappés en écus, furlesquels il y avait à gagner en les reversant enFrance. II faut qu’unpays soit bien bon par lui-même , pour subsister encore avec force aprèsavoir essuyé si souvent de pareilles secousses. Onn’était pas encore instruit : la finance était alors,•comme la physique, une science de vaines con-jectures. Les traitans étaient des charlatans quitrompaient le ministère ; il en coûta quatre-vingtsmillions à l’Etat. II faut vingt ans de peines pourréparer de pareilles brèches.
Vers les années 1691 et 1692, les finances del’Etat parurent donc sensiblement dérangées.Ceux qui attribuaient l’affaiblissement des sourcesde l’abondance aux profusions de Louis XIV dansses bâtimens, dans les arts et dans les plaisirs, nesavaient pas qu’au contraire les dépenses, quiencouragent l’inaustrie, enrichissent un Etats} z)C’est la guerre qui appauvrit nécessairement le tré-sor public , à moins que les dépouilles des vaincusne le remplissent. Depuis les anciens Romains, jene connais aucune nation qui se soit enrichie par
(33) La véritable richesse d’un Etat consiste dans îaquan-tité des productions (lu fol qui reste au-delà de ce qui doitêtre employé à payer les frais de leur culture. ï,Industriecontribue à augmenter la richesse Pans un peuple fans in.dustrie chacun ne cultiverait que pour avoir le nécessairephysique, et la culture serait languissante. Mais, quelle quesoit l’indnstrie, si les dépenses du prince Tob-igent à mettredes impôts qui réduisent le cultivateur au nécessaire,l 5 indu r .trie de la nation cesse de contribuer à augmenter la richesse,ct n s tarde pas à diminuer avec elle. Par la même raison íile luxe empêche d’employer à soutenir ou à augmenter laculture une partie des sommes qui y seraient consacrées ,il peut nuire à la richesse , quoiqu’il paraisse favoriserrindUstiie.