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toujours achetées par ceux qui veulent fe mettre, à l’abri de la taille; car l’impôt de la taille étantavilissant en Fiance , et les hommes étant nésvains, l’appât qui les décharge de cette hontefait toujours des dupes , et les gages considérables,attachés à ces nouvelles charges, invitent à lesacheter dans des temps difficiles , parce qu’onne fait pas réflexion qu’elles seront suppriméesdans des temps moins fâcheux. Ainsi en 1707 oninventa la dignité des conseillers du roirouleurs etcourtiers de vin ; et cela produisit cent quatre-vingts mille livres. On imagina des greffiersloyaux, des subdéicgués des intendans des pro-vinces. On inventa des conseillers du roi contrô-leurs aux empilemens des bo^s, des conseillersde police, des charges de barbiers-perruquiers,des contrôleurs - visiteurs de beurre frais', desessayeurs de beurre salé. Ces extravagances fontrire aujourd’hui, mais alors elles lésaient pleurer.
Le contrôieur-général Desmarets , neveu de l’il-lustre Colbsrt, ayant en 17 09 succédé à Cbamillurt,ne put guérir un mal que tout rendait incurable.
La nature conspira avec la fortune, pour acca-bler 1 Etat. Le cruel hiver de 1709 forqaleroideremettre aux peuples neuf millions détaillés, dansle temps qu’il n’avait pas de quoi payer ses soldats.La disette des denrées fut si excessive qu’il encoûta quarante - cinq millions pour les vivresde l’armée. La dépense de cette année 1709montait à deux cents vingt et un millions ; et lerevenu ordinaire du roi n’en produisit pas quarante-neuf. II fallut donc ruiner i’Etat pour que les